Dans la Bible, le Bon Berger désigne le Christ ou Dieu : une image qui dit l’attention, et même l’affection, de Dieu pour chaque être humain. Guider, protéger, soigner, chercher celui qui s’est égaré — le trait principal de Dieu envers nous est le soin. Une théologie qui ouvre à la confiance plutôt qu’à la peur.
Le Bon Berger : une image de Dieu qui prend soin
Selon une image très courante dans la Bible, le Bon Berger, c’est le Christ, ou c’est Dieu (Jean 10, Psaume 23). Cela veut dire que Dieu a pour chaque être humain l’attention, et même l’affection, que le berger a pour chacun de ses agneaux. Il le guide là où il y a un pâturage et de l’eau, il le met à l’abri la nuit dans une bergerie pour qu’il ne soit ni dévoré par le loup ni volé par un brigand, il le soigne quand il est blessé, le recherche quand il est perdu, le porte quand il est fatigué (Luc 15)… C’est ainsi une certaine idée de Dieu, c’est la base même d’une théologie qui est exprimée de cette façon imagée. Le trait principal de Dieu vis-à-vis de nous est le soin qu’il cherche sans cesse et de multiples façons à nous apporter. Cette théologie change tout : c’est la fin de la peur de Dieu, c’est le fait que nous pouvons attendre de lui sans cesse ce qui favorise notre propre développement.
Le berger dans la foi des premiers chrétiens
Au cours des premiers siècles, la théologie chrétienne a même majoritairement représenté le Christ comme un berger portant un agneau perdu (voir une collection d’images ici). Cela était pour eux le meilleur résumé de leur espérance en Christ qu’ils avaient reçue dans l’Évangile : la grâce de Dieu, manifestée en Christ. Par exemple sur la tombe d’une personne que l’on aime, cette image dit notre confiance que Dieu continuera à s’occuper de la personne disparue dans la suite de sa vie au-delà du visible (voir les catacombes de Rome). Une statue, une fresque ou une lampe chez soi représentant le bon berger est une façon de placer sa vie quotidienne dans cette foi (voir la maison de Doura-Europos en Syrie, datant du milieu du IIIᵉ siècle).
Les bergers au temps de Jésus
À l’époque de Jésus, les bergers étaient assez mal vus par les intégristes car il est difficile d’appliquer à la lettre les commandements de la Loi religieuse quand on est dans la nature, et il est difficile de rejoindre la communauté pour lire la Bible à cause de son troupeau. Mais les bergers étaient par ailleurs réputés être proches de Dieu par la prière et par le chant (comme David), probablement parce que la nature rend humble et émerveillé par la création. Ces bergers, en réalité, sont assez proches de ce que nous savons de Jésus, assez souples en ce qui concerne la pratique religieuse, mais infiniment proches de Dieu et proches de chacun.
Nous sommes tous appelés à être des bergers
Il n’est donc pas très étonnant que l’Évangile nous dise que ce sont des bergers qui ont découvert les premiers que Jésus est le Christ (Luc 2:8). Ce récit nous dit que pour découvrir vraiment ce qu’apportera le Christ dans notre vie, cela aide d’avoir cette attitude de foi et d’émerveillement. Et nous sommes tous appelés aussi à être à notre mesure des bergers, dans notre façon d’être dans notre vie.
Cet article est extrait de notre Petit Dictionnaire de Théologie (niveau 2), voir aussi les Définitions de base (niveau 1), les Mots qui piquent (niveau 3), et les Notions (niveau 4).
Pour aller plus loin sur ce thème
Des pistes de réflexion (Prédications & Méditations)
- Prédication : « Serions-nous des moutons pour avoir besoin d’un berger ? » (Évangiles selon Marc 6:34 et selon Matthieu 9:36)
- Prédication : Un bon berger et une porte pour les brebis (Jean 10:1-21 – Paraboles de Jésus selon Jean 1/2)
- Prédication : Comment tirer quelque chose de cette (trop) jolie histoire de Marie, d’ange, de bergers… (Évangile selon Luc 2)
- Méditation : « Prenez soin de ceux qui vous sont confiés » (1 Pierre 5:2)
- Méditation : « Jésus vit ces personnes, qui étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger… » (Marc 6:34)
- Méditation : « Des bergers veillaient dans la nuit » (Luc 2:8)
- Méditation : Jésus : « Je suis venu afin que les brebis aient la vie en abondance. » (Jean 10:10)
- Méditation : Jésus : « J’ai encore d’autres brebis : il faut que je les amène, elles entendront ma voix… » (Jean 10:16)
Études
- LE verset clé ? « Il la cherche avec soin jusqu’à ce qu’il la trouve, et lorsqu’il l’a trouvée… » (Luc 15:4-5)
- Article « pasteur »
- Psaume 23 : un guide spirituel pour la vie quotidienne
- Théologie chrétienne à partir de quelques illustrations paléochrétiennes (des premiers siècles)
- Qu’est-ce que ce principe théologique de l’« Ordo Amoris » dont s’emparent certains politiciens pour se justifier ?







Personnellement, je n’ai jamais aimé cette métaphore biblique de la bible en nous comparant brebis et berger… Je n’ai rien contre les bergers, ni leurs brebis, ce que je n’aime pas c’est être comparé à un mouton !
Les expressions et proverbe contenant des moutons sont légions et sont toutes liées à la stupidité de cet animal !
Mon frère a des moutons et j’ai en effet pu constater par moi même la » crétinerie » des ces mammifères qui en dehors de mon assiette sont vraiment déplorables !
L’idée que l’on puisse « me tondre » comme un mouton, résonne chez moi comme s’il y avait » tromperie », volonté d’abuser de moi, de la part de dieu envers moi… En ce qui me concerne cette métaphore n’est vraiment pas la bonne…
Chère Biduline
C’est la difficulté du langage imagé. Il est très utile, en particulier pour parler de ce qui ne peut se dire facilement, par exemple pour expliquer à un esquimau le goût de la fraise, ou à un sourd de naissance ce que telle musique provoque comme émotion. Seulement il est vrai que ces images ont leur limites, en particulier quand on change de milieu culturel. Car si le soleil est source de bienfaits ici, il est peut-être source de sécheresse là-bas, et la même réalité dit des choses complètement opposées en tant qu’image. Je pense qu’il en est de même pour la figure du berger dans la Bible, et des moutons. Ces images peuvent devenir pour nous de l’hébreu. Pour saisir ce que dit un texte en hébreu : soit on le traduit en français (ce qui est toujours un peu trompeur), soit on apprend suffisamment d’hébreu. En ce qui concerne les images bibliques, elles demanderaient soit à être traduites dans notre référentiel avec d’autres images (pas facile), soit de se renseigner sur le sens de l’image rencontrée dans contexte culturel des personnes qui ont écrit le texte, et comprendre ainsi un petit peu mieux ce qui se dit ainsi.