Enfer

Par : pasteur Marc Pernot

Cette notion existe plus dans l’imaginaire populaire que dans la Bible. Selon certaines traditions, l’enfer serait un lieu de torture éternelle pour ceux qui sont recalés par Dieu à l’examen d’entrée au Paradis.

Cette façon de voir est bien simpliste et n’est pas cohérente, à mon avis, avec ce que le Christ nous dit de Dieu. Comment pourrait-il torturer son enfant, même une seule seconde ? Comment pourrait-il même abandonner un de ses enfants dans le néant pour l’éternité ? C’est impossible à penser quand on a entendu Jésus-Christ comparer Dieu à un berger qui va à la recherche de la moindre des brebis perdues, et qui ne cessera pas de la chercher encore en encore jusqu’à ce qu’il la retrouve 1.

L’Ancien Testament parle effectivement du séjour des morts (le Shéol 2). À l’époque, les croyants se demandaient si l’on y était encore vivant. Dans ce débat, Jésus prend position en affirmant que la vie continue après la mort du corps.

Dans l’Evangile, le Christ parle de la Géhenne3 , en utilisant ainsi le lieu de la décharge municipale de Jérusalem comme image. On y brûlait les ordures, le feu ayant alors plus le rôle de purification que de torture, pour nettoyer et assainir la ville. Nous pouvons donc comprendre cette façon de parler de Jésus comme un appel à reconnaître qu’une part de notre vie n’est pas bonne, certes, mais aussi comme une bonne nouvelle puisqu’il nous annonce que ce qui est impur et nauséabond dans notre vie sera ainsi éliminé et purifié par le jugement de Dieu. Il gardera le trésor de bonté qui existe en chacun, même s’il est parfois bien caché.

Au sens spirituel, l’enfer c’est être loin de Dieu, c’est être aujourd’hui coupé de lui. Nous sommes tous pécheurs, mieux vaut moins que plus, mais nous le sommes tous et donc partiellement en enfer, partiellement en souffrance, partiellement dans le néant. Mais nous sommes aussi, heureusement, déjà un peu au paradis par ce quelque chose de divin qui nous habite et dont le signe est une certaine capacité à aimer. C’est ce qu’exprime magnifiquement l’apôtre Jean dans cette fameuse proclamation de l’Evangile : »tout ce qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. »4

1 Luc 15:4

2 Voir par exemple le Psaume 6

3 Voir par exemple Matthieu 10:28

4 1 Jean 4:7

 

Marc Pernot

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2 réponses

  1. Jacqueline dit :

    Bonjour pasteur. J’apprécie beaucoup les éclaircissements que vous donnez dans vos écrits. J’ai une question par rapport à la non existence matérielle de l’enfer comme un lieu de châtiment ; est à dire qu’il n’y aura pas de châtiment pour les criminels et les malfaiteurs de ce monde?

    • Marc Pernot dit :

      Ce n’est pas tout à fait comme cela, je pense, mais un peu comme cela.
      Un criminel est une personne qui a commis un ou des crimes, cette personne n’est pas à 100% criminelle. Nous voyons Jésus la regarder en priant pour elle, comme pour les soldats romains qui sont en train de le crucifier « Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Il voit ce qui est bon, pu pourrait être bon, dans la personne au-delà de ses actes criminels. Je pense que le jugement de Dieu garde ce meilleur et élimine le mauvais. C’est ce que l’on appelle l’amour. Dieu est amour et donc son jugement fonctionne comme cela, gardant le meilleur et ce qui est prometteur. De sorte que la personne est gardée, mais pas ce qui est criminel dans la personne.
      Vous pouvez voir l’article concernant le « jugement »
      Grand merci pour vos encouragements !

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