Extrait d"un tableau de Spitzweg représentant un bibliothécaire
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La notion d’enfer évoque souvent un lieu de châtiment éternel, une image très éloignée du message biblique. À travers l’Évangile, le Christ parle plutôt d’un feu purificateur destiné à éliminer le mal pour révéler le meilleur en chacun. Au sens spirituel, l’enfer représente l’éloignement de Dieu, une souffrance dont l’amour divin cherche inlassablement à nous délivrer.


L’enfer : une image populaire éloignée du Dieu de l’Évangile

Cette notion existe plus dans l’imaginaire populaire que dans la Bible. Selon certaines traditions, l’enfer serait un lieu de torture éternelle pour ceux qui sont recalés par Dieu à l’examen d’entrée au Paradis.

Le berger face à l’impossible abandon éternel

Cette façon de voir est bien simpliste et n’est pas cohérente, à mon avis, avec ce que le Christ nous dit de Dieu. Comment pourrait-il torturer son enfant, même une seule seconde ? Comment pourrait-il même abandonner un de ses enfants dans le néant pour l’éternité ? C’est impossible à penser quand on a entendu Jésus-Christ comparer Dieu à un berger qui va à la recherche même de la plus perdue parmi les brebis perdues, et qui ne cessera pas de la chercher encore et encore jusqu’à ce qu’il la retrouve (Luc 15:4). Dans sa parabole, Jésus n’envisage absolument pas que le berger puisse ne pas arriver à retrouver sa brebis.

Par conséquent, même s’il y avait un enfer, aucune personne ne s’y trouverait coincée pour l’éternité. Dieu ne laisserait pas faire cela.

Du Shéol de l’Ancien Testament à la Géhenne des Évangiles

L’Ancien Testament parle effectivement du « séjour des morts » (en hébreu le Shéol, voir par exemple le Psaume 6). À l’époque, les croyants se demandaient si l’on y était encore vivant. Dans ce débat, Jésus prend position en affirmant que la vie continue après la mort du corps. Ou plutôt que c’est ce qui est vraiment vivant dans chaque personne qui traverse la mort (Jean 11:25).

Le feu : une purification plutôt qu’un châtiment

Dans l’Évangile, le Christ parle de la Géhenne (voir par exemple Matthieu 10:28) en utilisant comme image le nom de la décharge municipale de Jérusalem. On y brûlait les ordures, le feu ayant alors le rôle de purification pour nettoyer et assainir la ville. Ce feu n’était pas une torture. Le feu a aussi ce rôle de purification dans l’image classique dans la Bible du minerai passé au feu dans un creuset : là non plus ce n’est pas une torture mais un soin permettant de révéler le meilleur en chacun : l’or, l’argent, le platine en éliminant la partie terreuse qui est alors une scorie jetée sur les routes. Nous pouvons donc comprendre cette façon de parler de Jésus comme un appel à reconnaître qu’une part de notre vie n’est pas bonne, certes, mais aussi comme une bonne nouvelle puisqu’il nous annonce que ce qui est impur et nauséabond dans notre vie sera ainsi éliminé et purifié par le jugement de Dieu. Il gardera le trésor de bonté qui existe en chacun, même s’il est parfois bien caché.

Le sens spirituel : l’enfer comme éloignement de Dieu

Au sens spirituel, l’enfer c’est être loin de Dieu, c’est être aujourd’hui coupé de lui. Nous sommes tous pécheurs, mieux vaut moins que plus, mais nous le sommes tous et donc nous sommes aujourd’hui partiellement en enfer, partiellement en souffrance, partiellement dans le néant, partiellement coupés de la source de l’amour. Mais nous sommes aussi, heureusement, déjà partiellement au paradis par cette dimension divine que nous sommes par l’Esprit qui nous habite et dont le signe est une certaine capacité à aimer. C’est ce qu’exprime magnifiquement l’apôtre Jean dans cette fameuse proclamation de l’Évangile : « Tout ce qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. » (1 Jean 4:7)

C’est de cet enfer que Dieu vient nous délivrer en Christ.

pasteur Marc Pernot

Cet article est extrait de notre dictionnaire des Mots qui piquent (niveau 3), Voir aussi le Petit Dictionnaire de Théologie (niveau 2), les Définitions de base (niveau 1), et les Notions (niveau 4).

 

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4 Commentaires

  1. Joseph dit :

    Bonjour Pasteur.
    Comment peut-on savoir si a la fin de la vie terrestre nous allons au paradis ou à l’enfer ?
    Je ne crois pas a l’enfer.

    1. Marc Pernot dit :

      Ne vous inquiétez pas. Dieu vous connaît et vous garde. Faisons confiance dans l’amour de Dieu, amour plus fort que la mort.Ce qui est chassé par Dieu, c’est tout ce qui nous blesse, nous fait souffrir, nous rend méchants, nous tue. Donc je suis du même avis que vous, Dieu n’a pas créé un endroit pour faire souffrir ses enfants bien-aimés. 

  2. Jacqueline dit :

    Bonjour pasteur. J’apprécie beaucoup les éclaircissements que vous donnez dans vos écrits. J’ai une question par rapport à la non existence matérielle de l’enfer comme un lieu de châtiment ; est à dire qu’il n’y aura pas de châtiment pour les criminels et les malfaiteurs de ce monde?

    1. Marc Pernot dit :

      Ce n’est pas tout à fait comme cela, je pense, mais un peu comme cela.
      Un criminel est une personne qui a commis un ou des crimes, cette personne n’est pas à 100% criminelle. Nous voyons Jésus la regarder en priant pour elle, comme pour les soldats romains qui sont en train de le crucifier « Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Il voit ce qui est bon, pu pourrait être bon, dans la personne au-delà de ses actes criminels. Je pense que le jugement de Dieu garde ce meilleur et élimine le mauvais. C’est ce que l’on appelle l’amour. Dieu est amour et donc son jugement fonctionne comme cela, gardant le meilleur et ce qui est prometteur. De sorte que la personne est gardée, mais pas ce qui est criminel dans la personne.
      Vous pouvez voir l’article concernant le « jugement »
      Grand merci pour vos encouragements !

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