En quoi Dieu est bon et juste alors qu’il existe des gens beaux et d’autres laids des riches et des pauvres ?

Par : pasteur Marc Pernot

paysage de montagne à l'aube avec une montagne blanche au milieu - Photo by Gantas Vaičiulėnas on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour
En quoi Dieu est bon et juste alors qu’il existe des gens beaux et d’autres laids des riches et des pauvres
Merci par avance

Envoyé de mon iPad

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Dieu n’est pas un distributeur de chance, de richesse et de beauté. Il est une puissance d’évolution dans le monde, et une puissance d’amour pour accompagner chacun. Il est aussi un appel à chercher la justice et à faire ce que nous pouvons, nous, afin que ce monde soit plus juste.

Votre préoccupation est donc excellente : il est juste et bon de s’indigner des difficultés, des pertes de chances que subit chaque personne, chaque être de la création. Votre indignation va effectivement dans le sens de Dieu, j’en suis persuadé. Et je suis persuadé que Dieu y travaille sans cesse.

Le monde est ainsi en cours de création, il n’est pas fini. Il reste du chaos dans ce monde. C’est une des grandes causes du mal et de la souffrance dans le monde.

C’est dans ce sens que l’on peut dire que Dieu est bon, même s’il n’est pas un magicien tout puissant. Car il fait tout pour que le monde avance vers plus de justice et de paix, que chaque être puisse se développer au mieux possible et que les relations soient les meilleures possibles entre chaque membre de ce monde.

Quand à nous, nous avons un certain pouvoir de création, d’un autre ordre. Bien plus matérielle que Dieu, bien plus locale, en surface. De ce pouvoir de création nous pouvons travailler pour plus de justice, de paix, de beauté, d’harmonie et de vie dans ce monde. Nous sommes alors co-créateurs avec Dieu. Nous pouvons aussi parfois déconstruire, gâcher, créer de la souffrance et de l’injustice. Et ce n’est pas génial. Dieu cherche à nous appeler, nous éclairer, nous élever le cœur, l’esprit et le regard. Il nous pardonne et cherche à nous aider à aller mieux quand nous faisons n’importe quoi.

Pour cela aussi, cette espérance de Dieu en chaque personne, je pense que nous pouvons dire que Dieu est bon, même si sa tâche dans ce domaine n’est pas facile et d’un résultat évidemment mitigé.

Donc quand je vois une personne attachée au bien, au bon, et au beau comme vous, cela me réjouis, et me fait penser que Dieu vous a touché pour que vous ayez cet attachement.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

PS. Vous pouvez continuer, s’il vous le désiriez, cette réflexion avec cet article :

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12 réponses

  1. Tyanne dit :

    Marc, vos réponses sont toujours une source de réconfort et de joie dans un monde qu’on pourrait croire en perdition, si l’on n’avait pas la foi. Merci.

    • Marc Pernot dit :

      Ah ! Que de bonnes vitamines pour le petit pasteur derrière son clavier, tapotant ardemment, le cœur et la foi en bandoulière 🙂

  2. biduline dit :

    longtemps je me suis posée les mêmes questions que vous !
    une étude biblique
    Et je n’avais aucune réponse jusqu’à ce que j’entende en mp3 une étude biblique de Marc Pernot et le Père Jérôme Prigent où cela a fait » tilt » pour moi…

    Et c’est là que j’ai compris…
    peux importe notre nature !

    C’est là que tout prend un sens ! Y compris ma fille née handicapée et décédée !
    Tout a un sens !
    et sert cette magnifique énergie que nous appelons Dieu…
    Que nous sommes tous important aux yeux de Dieu !
    Car nous sommes effectivement le corps de Dieu…
    Nous sommes tous son corps et l’énergie qui le faisons vivre !
    Et cet échange marche dans les deux sens !

    Voilà ce que je crois !

    L’idée m’en ai venus à mon arrêt de bus en attendant…

    J’ai vu une fourmilière s’activer au pied d’un des poteaux…
    Et je regardais…
    Et je me disais…
    Voilà ce à quoi nous ressemblons pour Dieu…

    Mais c’est là qu’est mon tord !
    LUI / ELLE ne regarde pas notre fourmilière avec dédains, car il l’aime de tout son cœur !
    IL/ ELLE nous aime d’amour…

    L’histoire de ma vie e peut s’expliquer que d’une seule façon !
    Et c’est pour cela que je n’en veut plus à Dieu… Et qu’il est redevenu MON DIEU !
    C’est que nous passons nos vies, nos morts, à négocier des contrats… Et qu’à un moment donné, j’ai dis oui à celui là…
    Voilà ce que je crois !

    Ce n’est la faute de personne, ni de moi, ni de dieu…
    C’est comme cela doit être. Point.

    Donc pour en revenir à votre demande…

    Il n’y a ni moches, ni beaux, ni handicapés, ni que sais je…
    Il n’y a que des êtres qui servent la cause infinie parfaite, de Dieu.
    Qu’on la réfute, ou qu’on soit le pire du moche existentiel, du plus vil et base l’être humain que nous puissions être ?
    Pour lui/elle cela ne fait aucune différence car son amour est total !
    Ce qui pourrait être dommageable à la rigueur c’est que tout les être vivants de cette planète se suicide tous en même temps ? Et encore…

    Sa bonté et sa perfection son telles qu’il serait capable de nous recréer tous tel qu’il nous a conçu à l’origine…

    Voilà ce que je crois…
    J’espère que cela vous aidera…

    • Marc Pernot dit :

      Merci !
      Il/Elle regarde notre fourmilière en voyant chaque fourmi individuellement comme si elle était l’unique. C’est ce que dit la bénédiction au singulier du livre des Nombres 6.

  3. Olivier dit :

    Bonsoir
    Et bien je crois que Dieu aime les riches, les pauvres, les beaux et les laids.
    Pourquoi je dit ça ?
    Pas pour me mettre à la place de Dieu mais à cause du regard plus que bienveillant du Christ.
    C’est tout et c’est énorme !!!!
    Bien à vous

  4. C-H dit :

    Alors bonsoir
    Que pensez-vous de Mathieu 6:25 6:26
    Vous ne pensez pas que le christ nous dit que Dieu qui prend soin des animaux qui n’ont pas à travailler pour obtenir ce dont ils ont besoin est censé en faire autant pour nous car nous avons plus de valeur à ses yeux que les animaux

    Et un bon père ou une bonne mère qui est riche prend soin de ses enfants mais ce n’est pas ce que Dieu fait pour tous ses enfants il traitent pas ses enfants avec équité certains sont plus bénis que d’autres alors que sur le papier ont est tous égaux par rapport au péché j’entends par là que nous sommes tous pécheurs.

    Même si la récompense pour ses enfants est sa miséricorde il n’en reste pas moins que nos vies ne sont pas toutes dorées.
    Bien que vous pensiez que Dieu n’est pas le père Noël car le père Noël n’existe. Dieu par contre existe et si certains naissent avec une cuillère en argent quand d’autres souffrent pour survivre.
    Si Adam et Eve devaient travailler pour subvenir à leur besoin en raison de leur péché ainsi que leur descendance en quoi c’est juste de payer pour les fautes de nos parents ou ancêtres.

    Merci

    • Marc Pernot dit :

      Bonjour
      Un peu plus loin, Jésus dit que ce sont les païens qui recherche les dons matériels, que par la foi ce sont les dons spirituels que l’on cherche, laissant venir le reste.
      Nos beaux atours et notre nourriture à nous, humains, sont spirituels. Et dans ce domaine je pense qu’il y a effectivement une abondance de grâce de Dieu.

      Pour ce qui est des dons matériels, effectivement, la vie est injuste. Cela ne vient pas de Dieu. Lui nous appelle à rechercher l’aide de Dieu, et rechercher à faire grandir sur terre sa justice. Donc, au lieu de chercher pour soi les biens terrestres, par la foi nous pouvons chercher à aider, nous, plus pauvre que nous.

      Il n’est bien entendu pas question pour quiconque de payer pour les fautes de nos ancêtres. C’est une invention de théologiens. Il est vrai que les fautes créent des troubles eutour des personnes qui font n’importe quoi, en particulier sur leurs descendants sur plusieurs générations, parfois, cela aussi n’est pas la volonté de Dieu et il travaille à soigner les personnes blessées. Mais l’histoire du péché originel est une pure invention.

      Adam et Eve sont une figure de chacun de nous quand nous nous prenons pour Dieu. Ce qui engendre effectivement de la souffrance et de la mort.

      Dieu, lui, vous bénit et vous accompagne

  5. Lorette dit :

    L’histoire du péché originel est une pure invention?! Mais c’est dans la Bible ! Genèse.. Alors là je ne comprends plus !

    • Marc Pernot dit :

      L’histoire d’Adam et Eve avec le serpent qui parle est bien dans la Genèse. Mais il n’y est pas question de « péché originel » au sens d’une dégradation de l’humanité dse transmettant de génération en génération. C’est ça qui est une invention, probablement de Saint Augustin vers l’an 400. C’est à dire qu’en gros les 15 premières générations de chrétiens n’ont jamais entendu parler de cette interprétation.

      Or, cette interprétation n’est absolument pas la seule possible, et elle est épouvantable, avec cette idée d’un péché qui viendrait rendre coupable des personnes qui ne l’ont pas commis. Une interprétation bien plus intéressante est de considérer que Adam, Eve et le serpent sont une image de nous-même et de la tentation de se prendre soi-même pour Dieu à la place de Dieu. Cette tentation est en réalité très très banale, c’est celle de l’égocentrisme. La question n’est pas que Dieu puisse nous en vouloir, bien entendu, mais il est là au contraire pour nous élever par l’amour et pour aimer.

      • Jean dit :

        Que pensez-vous de l’interprétation alternative ci-dessous ?

        Nouvelle Bible Segond:
        Jean 10:34 Jésus leur répondit : « N’a-t-il pas été écrit dans votre Loi : J’ai dit : vous êtes des dieux ?
        10:35 Il arrive donc à la Loi d’appeler dieux ceux auxquels la parole de Dieu fut adressée. Or nul ne peut abolir l’Ecriture.
        10:36 A celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai affirmé que je suis le Fils de Dieu.

        TOB 2010 :
        Jean 10:34 Jésus leur répondit : N’est-il pas écrit dans votre loi : Moi, j’ai dit : Vous êtes des dieux !
        10:35 Ainsi elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, — et l’Ecriture ne peut être annulée —
        10:36 et vous, vous dites à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde : « Tu blasphèmes ! » parce que j’ai dit : « Je suis Fils de Dieu »

        Une interprétation alternative est possible de cette histoire d’Adam, Eve et du Serpent au jardin d’Eden au début de la Genèse, basée sur les termes qui sont employés (en hébreu, puis dans les traductions) : Adam et Eve sont invités par le serpent à goûter à des connaissances auxquelles ils ne sont pas prêts, parce que Dieu, qui s’occupe d’eux comme de ses enfants dans le jardin d’Eden, ne leur a pas encore enseigné suffisamment de choses, mais cela ne veut pas forcément dire qu’il ne prévoit pas de les leur enseigner un jour. Le serpent leur dit en effet : « vous serez alors comme des dieux », il ne leur dit pas vous seriez alors comme Dieu (qui a d’autres noms, comme le Très-Haut). Le début de la Genèse informe le lecteur de l’existence d’un danger de vouloir aller trop vite. En continuant à lire les livres de la Bible, le lecteur reçoit une partie peut-être de cette formation et de ces connaissances, et le verset 6 du Psaume 82 (81) reprend cette idée, après avoir insisté en début de Psaume sur l’importance de la notion d’équité, de justice sociale : J’avais dit: ‘Vous êtes des dieux , vous êtes tous des fils du Très-Haut. Ce verset distingue bien les deux termes : « dieux » et « Très-Haut ». Donc en mangeant du fruit de l’arbre de la connaissance, Adam et Eve ne se prennent pas pour le Très-Haut, ils sont peut-être égocentriques parce ce qu’ils omettent de reposer la question à Dieu par exemple, mais ils ne sont surtout pas prêts à ce moment là de leur histoire. Il leur faut d’abord se former, il leur faudrait faire l’équivalent de la lecture patiente de la Bible. Le péché « originel » serait alors une métaphore de la tentation de vouloir court-circuiter les enseignements, le questionnement, le fait de peser le pour et le contre, de considérer que l’on a suffisamment compris, que ce n’est plus la peine de creuser encore la compréhension pour certains points majeurs…

        Bien cordialement,

        • Marc Pernot dit :

          merci pour cette prédication !
          Voir aussi les travaux de Marie Balmary, passionnants, sur ce texte

          • Jean dit :

            Merci !

            Concernant la question initiale, je pensais aussi à la diversité : nous ne sommes pas uniformes, ce qui est une chance, nous ne sommes pas des clones les uns des autres, et même les vrais jumeaux génétiques divergent peu à peu avec l’âge selon l’influence de leurs épigénétiques respectives et de leurs façons de vivre diverses. Nous sommes mêmes franchement bien différenciés les uns des autres, avec au plus quelques sosies de par le monde. Nous ne sommes pas non plus uniformément beaux, ni uniformément riches, ce qui créé l’existence de la beauté et de la richesse, par comparaison, par différence relative. Il n’y a en effet pas de beauté dans l’absolu, ni de richesse dans l’absolu. La beauté n’est que plaisir de contemplation, et la richesse capacité de faire ce qui nous plaît, mais nous pouvons choisir ce qui est beau pour nous, et nous pouvons choisir nos besoins dans une certaine mesure. Ainsi une personne ayant peu de revenus mais ayant des souhaits en adéquation avec ses moyens sera en quelque sorte plus riche qu’une personne ayant beaucoup de revenus mais dispendieuse de façon incontrôlée. Peut-être aussi ne faut-il pas prêter trop d’attention ou trop de valeur à la beauté, effet de nos gènes (certes merveilles de la nature sans doute), mais parfois illusoire (Proverbe 31:30). Au contraire l’absence de beauté et de magnificence, et donc de richesse, est associé par Ésaïe à la réussite du serviteur de l’Éternel : Ésaïe 52:13-53:5, souvent interprétée comme la figure du Messie, et donc de Jésus par les chrétiens. Voir aussi les tableaux des frères Le Nain, peignant la beauté à travers la modestie de condition. Ou les innombrables portraits en peinture ou en photo magnifiant l’unicité de chacun, la beauté dans la diversité à tout âge et pour toute condition, en dehors de tout canon de beauté. Ou encore la divine comédie de Dante Alighieri concernant la représentation artistique et littéraire de la justice divine en fin de Moyen-Agen en lien peut-être entre autres avec la parabole du riche et de Lazare en Luc 16:19-31.

            Concernant la richesse, les interprétations sont très variables : selon Max Weber dans « L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme », les protestants néo-calvinistes ou néo-luthériens des siècles passés mais sans doute encore d’aujourd’hui aux États-Unis notamment… voyaient dans la richesse et la réussite sociale légalement obtenue et obtenue par un travail honnête et utile, le signe d’une forme de Grâce de Dieu (pour ne pas dire le signe de leur élection par Dieu répondant à leur foi en Lui, et de leur mérite de marcher selon Ses voies, chacun dans son cadre de vie propre). Ceci basé bien sûr sur une certaine interprétation de certains textes de la Bible, comme les parabole des talents et des mines en Matthieu 25:14-30 et Luc 19:12-27.
            Au contraire, sur la base de Luc 16:9-13 et de nombreux textes similaires des Évangiles ou de l’épître de Jacques ou autres, l’Église catholique invitait plutôt à la même époque à ne pas rechercher du tout la richesse matérielle importante. Tandis que chez les protestants historiques à l’époque de Max Weber et antérieurement, ce texte de Luc était interprété comme invitant à servir Dieu à travers son argent, en étant détaché intérieurement du service de l’argent, considéré en soi comme de l’idolâtrie.
            D’où des effets importants dans l’histoire des pays européens et américains par exemple, avec toutes sortes d’intermédiaires dans les pays mi-protestants mi-catholiques comme les Pays-Bas, la Suisse, ou mi-anglican mi-protestant comme le Royaume-Uni…

            Donc la répartition des richesses vient des humains effectivement, et de l’usage de leur liberté, impactant soi-même et les autres, les descendants de chacun, la nature si on exploite ses ressources…
            L’époque contemporaine voit de plus en plus l’apparition, réelle ou feinte par contrainte (greenwashing…), de préoccupations éthiques, concernant tant l’amplitude des inégalités sociales et économiques, que les conséquences de l’exploitation des ressources naturelles et des changements d’occupation des sols sur l’amplification du côté chaotique du climat terrestre (une forme de mal ?). Dans tous les cas, le début de la Genèse avec l’arbre de la connaissance du bien et du mal, le Psaume 82 (81) nous parlant de justice, d’équité, de faiblesse de notre nature, Jésus en Jean 10:32 qui dit qu’il a fait voir des œuvres belles, tous ces contextes qui entourent les passages où la Bible mentionne la nature de dieux pour les humains, sont fortement associés à l’éthique. Peut-être est-ce là une piste pour chercher la justice de Dieu en réponse à la question « En quoi Dieu est bon et juste alors qu’il existe des gens beaux et d’autres laids des riches et des pauvres » : justice à advenir, à co-créer, comme selon la prière du Notre Père : « Que ton règne vienne, Que ta volonté soit faite », invitation à y participer, si on le souhaite. Tout dépend finalement de ce que l’on entend par « justice », par « être juste et bon » selon la Bible. Sachant que c’est la Foi d’Abram (Abraham) qui lui fût comptée comme « justice » en Genèse 15:6, verset cité par Galates 3:6 et Jacques 2:23 et commenté de façon développée en Romains 4:3-25. Il peut s’agir d’une justice d’équité, « aimes ton prochain comme toi-même », ou d’une justice liée à la Foi.

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