Le baptême chrétien protestant

Par : pasteur Marc Pernot

Le baptême d'une adulteLes églises protestantes, catholiques, orthodoxes reconnaissent mutuellement le baptême fait dans une autre église. C’est une façon de reconnaître que le Christ est plus grand que notre église particulière, que nos propres principes, notre théologie…

C’est ainsi que le baptême dans une église protestante n’est pas à proprement parler un « baptême protestant », mais un baptême chrétien fait dans un église protestante.

Le point essentiel qui fait de nous des enfants de Dieu, c’est la grâce de Dieu, c’est-à-dire le fait que Dieu nous considère a priori, sans condition, comme son enfant bien-aimé. Le baptême est un geste qui annonce cette grâce, dans l’espérance que la personne répondra un jour à cette grâce par la foi. Lors du baptême, un peu d’eau est déposée sur la tête du baptisé, accompagnée d’une parole de bénédiction. L’eau est comme la pluie bienfaisante qui fait germer la vie, comme la source que trouve celui qui est dans le désert.

Dans l’église protestante :  nous baptisons les bébés et les adultes, c’est une façon d’insister sur la grâce de Dieu. Certes, le bébé n’est en général pas encore un grand théologien, il n’est pas encore d’un dévouement extrême. Mais il est pleinement une personne, aimée par Dieu, sans condition. Et nous tous aussi, comme lui, est loin d’avoir encore tout compris et tout bien fait. C’est pour cela qu’il nous semble que le bébé, comme l’adulte, peut recevoir ce signe principal de la grâce de Dieu. D’autres conception du baptême peuvent exister. Certaines églises ont pour baptême un rite qui s’apparente au baptême donné par Jean-Baptiste, le cousin de Jésus. C’est alors effectivement plus un « baptême de conversion  » (ou de repentance) insistant sur le geste humain de réponse à la grâce de Dieu. La plongée dans l’eau est alors signe d’un lavage de notre vie pour ressusciter à une vie nouvelle. Mais nous savons que Jésus ne baptisait pas lui-même de ce baptême d’eau (Jean 4:2), son baptême est celui de l’Esprit-Saint. Il est évidemment impossible pour quiconque de se dire maître de ce genre d’événement, à moins de se prendre un petit peu pour Dieu. Mais le baptême chrétien peut être, précisément, le signe de cette grâce déjà accordée par Dieu sur la personne. L’eau n’est plus alors signe d’un lavage mais plutôt d’une bénédiction, le signe d’un acte de création de Dieu, il est matérialisé par quelques gouttes d’eau déposée sur la tête de la personne dans une imposition des mains.

Comme la grâce de Dieu espère la foi de la personne : le baptême d’un enfant est fait pour être suivi par une profession de foi (ou confirmation du baptême) de cette personne.

Il n’est pas rare qu’une personne découvre la foi, ou s’intéresse à Dieu à l’âge adulte. Rien n’oblige à marquer cette entrée dans la foi par un acte liturgique, mais c’est souvent important de marquer cet événement dans notre parcours de vie d’un geste marquant. Cela demande du courage, mais précisément, ce courage fait du bien.

Si elle n’a pas encore été baptisée, elle peut alors demander le baptême et à cette occasion elle fait une profession de foi au milieu des fidèles présents. Si la personne a déjà été baptisée dans une église chrétienne elle peut demander à faire une profession de foi (ou confirmation). Selon la timidité plus ou moins grande de la personne il est possible d’adapter la prise de parole.

Le baptême est donné une fois pour toute, puisqu’il est le signe de l’amour de Dieu (que rien ne peut diminuer), et c’est le signe de l’entrée dans la famille des chrétiens (place qui restera toujours prête). Mais l’autre sacrement, la « Communion« , peut être renouvelé régulièrement, comme notre foi a sans cesse besoin d’être approfondie.

Le baptême d’un enfant

Il se fait en général au cours du culte du dimanche dans la paroisse de choix de la famille. La présence d’une assemblée marque aussi l’entrée dans cette grande communauté chrétienne, et cette vision de l’humanité comme un corps avec de multiples membres spécifiques. Mais l’essentiel reste que le baptême est principalement le signe de la grâce de Dieu, et nous aimons bien tenir compte de la sensibilité de chacun, aussi n’hésitez pas à dire au pasteur comment vous verriez cet événement.

Selon l’âge de l’enfant, sa participation est parfois envisageable. Pour que l’enfant puisse choisir en connaissance de cause quelle réponse il donnera, ou ne donnera pas, à la grâce de Dieu, il est nécessaire qu’il entende parler de l’Évangile. L’église peut aider à nourrir cette décision. Le catéchisme qui est apporté dans nos paroisses vise à apporter à l’enfant des outils d’interprétation de la Bible, de discussion avec les autres, et de réflexion personnelle sur les grandes questions de la vie et de la théologie.

Le baptême d’un adulte

Toutes les activités de l’église sont ouvertes aux personnes baptisées ou non. Rien n’oblige à demander le baptême.

Quand une personne adulte demande à être baptisée, nous la considérons comme prête. Nous savons tous l’énergie que cela demande d’avancer, en particulier dans quelque chose de si intime et spécial que la vie spirituelle. Cela demande un grand courage de pousser la porte d’une église, sans savoir où l’on met les pieds quand on a été athée auparavant. Personne n’est donc meilleur juge que la personne elle-même, dans sa conscience, sur la sincérité de son geste, et je n’imagine pas une seconde répondre à une personne que j’aurais des réserves sur sa démarche. En effet, si un sacrement (et tout particulièrement le baptême) est pour nous un signe de la grâce de Dieu, il n’y a pas à mériter ce geste du baptême par un contrôle des connaissances et des mœurs de la personne. Comme tout amour vrai, l’amour de Dieu est sans condition sur le passé et le présent, et sans chantage pour la suite. Le baptême chrétien gagne à être le reflet de ce qui semble bien être ce cœur même de l’Evangile du Christ.

Concrètement, ce geste se passe la plupart du temps pendant un culte du dimanche, au milieu de l’assemblée des fidèles. Mais particulièrement pour un geste aussi intime que celui de l’entrée dans la foi nous aimons bien privilégier l’accompagnement bienveillant de chaque cas particulier, de chaque sensibilité particulière de la personne ou de la famille.

Le plus difficile pour la personne est de franchir le premier pas. Cela peut être plus simple en commençant par dialoguer par mail, ou en allant au culte une fois, voir si le pasteur nous plaît (ce qui n’est pas un jugement de valeur, mais d’affinités),  et lui dire un mot à la sortie pour finalement prendre un rendez-vous (cela ne le dérange pas, c’est son métier, et il aime ça). Ensuite, cela dépend de la sensibilité de chacun. Je connais une personne qui a préparé son baptême pendant 7 ans, lisant la Bible entièrement, suivant bien des cultes, un cycle d’initiation à la théologie, lisant l’œuvre de théologiens, et prenant de multiple séances de discussion avec le pasteur. D’autres personnes sont déjà prêtes et le plus compliqué est alors de choisir la date avec le pasteur et l’agenda de l’église. Il y a ensuite à personnaliser cet événement. Et à le vivre, ce qui est un moment de grâce, un cadeau pour le premier intéressé, pour les personnes participant au culte et pour le pasteur.

pasteur Marc Pernot

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2 réponses

  1. Colle Erika dit :

    Bonjour,
    Personnellement je suis une jeune chrétienne. J’ai trouvé la foi à la naissance de ma fille, mon premier enfant. J’ai entendu les appels de notre Seigneur et j’ai suivi ses pas. J’ai lu l’intégralité de la Bible en quelque jours. Suivie 32 cours de catéchisme dispensés en ligne en 1 mois. Je lis chaque jour la parole de notre Seigneur et donne une place particulière dans ma vie à la prière. Je rends grâce à Dieu, chaque jour qu’il fait pour ne pas m’avoir abandonné quand je n’étais pas capable d’entendre sa voix, de sentir son souffle, de comprendre ces décisions pour ma vie. Notre Seigneur Jésus Christ m’a donné une vie merveilleuse mais plus encore, il me guide vers la vie éternelle, vers le Royaume du Père. L’Esprit-Saint illumine mes journées et rejoindre la communauté chrétienne est sûrement la meilleure décision que j’ai prise (en écoutant la voix que le Père avait choisi pour moi bien évidemment). Mais voilà à mon plus grand malheur j’ai demandé le baptême est il semblerait que ce soit littéralement irréalisable sans faire deux ans de préparation au Baptême. Une réelle souffrance qui me donne le sentiment de ne pas mériter l’amour de Dieu, car je suis incapable de trouver une solution. J’aimerais pouvoir montrer à notre Seigneur la sincérité de ma démarche, que mon amour et ma foi son véritable. Alors c’est bien dommage que l’on nous fasse attendre 2 ans pour vivre ce sacrement. Surtout considérant que j’ai fais de mon mieux pour être prête ! Et je me sens prête, plus que jamais.

    • Marc Pernot dit :

      Bonjour
      Tout dépend de l’église, de la paroisse. Personnellement, je pense que quand une personne demande le baptême, c’est qu’elle est prête à être baptisée. De toute façon, c’est pour nous un signe de la grâce de Dieu, et par définition même de la grâce il n’est pas besoin de mériter en quoi que ce soit pour en être digne. Et la baptême est la porte d’entrée, nous avons toute la vie pour cheminer pas à pas vers Dieu, pour nous ouvrir plus encore à son Esprit.
      Mais ne vous inquiétez pas, baptisée ou non, Dieu sait très bien ce qui est dans votre cœur, dans votre démarche. Il le sait même mieux que vous-même. Ce n’est pas pour lui que l’on est baptisé, c’est pour nous, qui recevons ainsi un signe de l’amour de Dieu sur notre personne. Amour qu’il avait déjà avant le baptême.
      Il vous bénit et vous accompagne

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