26 juillet 2018

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Rites religieux et sacrements : quel sens pour la vie chrétienne ?

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Le mot sacrement n’est pas vraiment biblique ; c’est un mot d’Église qui sert à désigner certains rites de la religion chrétienne. Chaque Église possède sa définition un peu particulière de ce terme, ce qui détermine la liste des rites recevant ce label dans chaque institution, désignant ainsi ses rites majeurs.

À quoi servent les rites religieux ?

Effectivement, le rite est une chose secondaire, ou qui devrait le rester pour nous qui nous attachons à ce qui est de l’ordre du cœur, de l’intérieur de l’humain et non de l’apparence. Mais l’humain est ainsi fait (et c’est une excellente chose) que nous ne sommes pas seulement un intellect ou un cœur, mais aussi un corps et un être social, un être qui possède une trajectoire de vie et une évolution.

C’est ainsi, par exemple, que pour l’union de deux personnes en un couple, l’essentiel réside bien entendu dans la sincérité intérieure de chacune des deux personnes, puis dans leurs engagements intimes lorsqu’ils s’engagent les yeux dans les yeux. Cela est l’essentiel, mais le fait d’inscrire cet engagement devant la société par un contrat à la mairie, puis devant Dieu en demandant son aide et sa bénédiction, et enfin devant les proches rassemblés, tout ce rite et sa préparation viennent prendre en compte d’importantes dimensions de notre humanité.

Ce rite prend en compte notre entourage, notre monde, notre corps, nos moyens matériels, notre foi, et vient marquer notre existence d’une date importante. Cela a une réelle importance pour nous : cela nous change un peu plus largement et plus profondément que s’il n’y avait pas eu de rite accompli.

Le rite : une force et un danger

Le rite est donc une chose puissante qui peut être un bénéfice pour nous, mais c’est aussi un danger. Si le rite prenait pour nous la place de l’essentiel au lieu d’être au service de l’essentiel, il deviendrait alors une supercherie, nous trompant sur les véritables enjeux de l’existence.

La définition protestante du sacrement

Dans le protestantisme (unissant les réformés ou presbytériens, les luthériens et les anglicans), la définition est la suivante : un sacrement est un signe visible de la grâce universelle de Dieu. C’est un signe qui a été donné par le Christ et qui s’est pratiqué d’une manière générale dans les Églises depuis ce temps-là.

Cette définition (il en existe d’autres) conduit le protestantisme à reconnaître deux sacrements : le baptême et la communion. Le « signe visible » dans le baptême est l’eau, et pour la communion, ce sont le pain et le vin. Dans les Évangiles, nous trouvons des récits où le Christ nous propose de perpétuer ces signes.

La grâce universelle au cœur du signe

Dans les deux cas, ils sont signes de la grâce universelle de Dieu, une grâce qui s’adresse à tout homme et toute femme de la terre, de toutes les générations. Nous ne refusons jamais de donner un sacrement à quelqu’un, et cette acceptation se veut être un signe de la grâce (l’amour inconditionnel de Dieu pour chaque personne humaine).

Cela ne signifie pas que nous approuvons tout de la personne qui le demande ; elle peut avoir eu des pensées et des actes inhumains. Mais la grâce affirme que c’est encore un humain qui a fait cela, et que Dieu ne cesse pas de reconnaître en elle son enfant, voulant continuer à la soigner. Cette acceptation sans condition de donner un sacrement n’est pas non plus du mépris pour ces rites ; au contraire, car c’est alors qu’ils sont le signe de ce qu’il y a de plus grand : l’amour de Dieu lui-même, révélé par l’amour du Christ qui va jusqu’à donner sa vie pour une humanité imparfaite.

Le but du sacrement : la conversion de l’humain

Puisque les sacrements sont des signes de la grâce de Dieu, et que par définition cette grâce est sans condition, il est bien entendu que Dieu n’a pas attendu qu’une personne reçoive le sacrement pour l’aimer ! Il l’aimait déjà avant, et il l’aimera de la même façon après, puisqu’il l’aime déjà au maximum possible.

Cela signifie que le sacrement n’a pas pour but de « convertir » Dieu. Il a pour objectif d’aider la personne et la communauté qui la reçoit à se convertir, c’est-à-dire à progresser dans sa fidélité à Dieu. Cela implique aussi que personne n’est obligé de passer par ces étapes des sacrements. Il semble que ces signes soient utiles pour le plus grand nombre, mais après tout, ils ne sont que des signes et certaines personnes s’en passent manifestement très bien. De toute façon, c’est une affaire entre Dieu et la personne elle-même ; nous n’avons pas à juger.

Pourquoi n’y a-t-il pas d’autres sacrements ?

Il pourrait y avoir d’autres « sacrements ». Par exemple, le Christ lave les pieds de ses disciples lors de son dernier repas avec eux, et il nous invite à être de même au service des autres. Nous pourrions célébrer ainsi un rite de lavage mutuel des pieds, ce qui est d’ailleurs pratiqué par certaines Églises. Mais l’on a souvent estimé que cela n’ajoute pas grand-chose à ce que la communion signifie, si l’on comprend ce geste comme le signe du Christ donnant sa vie pour nous et nous appelant à donner la nôtre pour le service des autres, en mémoire de lui.

Le mariage pourrait être appelé un sacrement, mais nous ne l’appelons pas ainsi parce que ceux qui ne sont pas mariés n’auraient alors pas reçu ce sacrement, ce qui ne nous semble pas bien rendre le côté universel de la grâce de Dieu manifestée en Christ, qui n’est pas réservée à quelques-uns.

L’ordination d’une personne qui se consacre au service de Dieu donne lieu à une cérémonie qui existe dans toutes les Églises (pour les prêtres, pasteurs, popes), mais là encore, cette cérémonie de bénédiction n’est pas universelle et n’est donc pas appelée sacrement chez nous (de toute façon, les Églises sont déjà bien assez cléricales comme cela sans en rajouter).

La profession de foi (ou confirmation du baptême) est un acte important où une personne choisit officiellement devant tout le monde son désir de vivre en chrétien. C’est un événement majeur pour l’individu et pour l’Église qui l’accueille, et il pourrait être appelé sacrement. Cependant, dans ce geste, ce qui est au centre est davantage la conversion de la personne que l’amour inconditionnel de Dieu.

pasteur Marc Pernot

À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel du Baptême , de la Communion, de la Confirmation – Profession de foi, de la Cérémonie de mariage, du  culte d’Adieu: voir les articles dédiés dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.

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6 Commentaires

  1. Sabrina dit :

    Bonjour j ai perdu ma marraine de baptême j ai une de confirmation et une marraine de cœur mais ma marraine de cœur ne veut pas que je la considère comme ma marraine de baptême est il possible de choisir une 3eme marraine j attends une réponse plus vite possible cordialement

  2. Sabrina dit :

    Vu que j ai perdu ma marraine de baptême j ai une marraine de confirmation et une marraine de cœur et ma marraine de cœur ne veut pas que je la considère ma marraine de baptême est il possible je choisis une 3 ème marraine

  3. Sabrina dit :

    Bonjour quel est la différence entre une marraine de confirmation et une marraine de coeur

  4. Estelle Liengme dit :

    Bonjour j’ai baptisé mon fils mais je souhaite changer de marraine et de parrain suite à un événement décisif et dramatique je voudrais charger de parrain et dr marraine. Mon fils a 10 ans . Et il souhaite choisir sa marraine et son parrain est ce possible ?

    1. Marc Pernot dit :

      Bonjour
      Il vous faudrait voir directement avec la paroisse où a été fait ce baptême, cela peut dépendre des habitudes locales. Il me semble difficile de rayer des parrain et marraine présents lors de l’événement, mais j’ai déjà vu ajouter une mention de nouveaux parrain et marraine supplémentaires. Sinon, comme c’est principalement une affaire de cœur, vous pouvez organiser les choses afin de de nommer ces personnes parrain et marraine de cœur, y compris avec un temps de bénédiction sur eux et sur leur filleul. Ce n’est pas le registre le plus important.

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