Le culte d’Adieu (service funèbre)

Par : pasteur Marc Pernot

La cathédrale de Genève entre ombre et lumière - Instagram de l'EPGLes protestants ne prient pas pour les morts. En effet, Dieu est avec eux et pour eux, comme Dieu l’est pour chacune et chacun de nous. Il les accompagnant de son amour, et rien de ce que nous pouvons faire améliorerait encore leur condition.

La cérémonie qui est faite à l’occasion d’un décès est donc pour ceux qui l’aiment et qui sont ici dans le deuil. C’est eux que nous voulons entourer et pour eux que nous demandons l’aide de Dieu. Pour que cette blessure cicatrise, devienne moins douloureuse, pour que la relation qu’ils avaient avec la personne qui est morte puisse ressusciter, dans une mémoire bienveillante qui peut encore nous apporter la vie.

Cette cérémonie a ainsi trois objectifs:

  • La compassion : Être ensemble, réunir ceux qui ont aimé la personne disparue pour témoigner du fait qu’ils ne sont pas seuls, que la communion humaine et fraternelle est essentielle face aux difficultés.
  • La gratitude et la louange : Commencer à faire mémoire avec bienveillance et affection de ce que la personne décédée était et ce qu’elle nous a apporté comme bénédiction. Rendre grâce à Dieu pour son existence et pour l’amour qui nous unit, amour plus fort que la mort.
  • L’Evangile de la vie : Entendre l’Évangile du Christ, Bonne Nouvelle de la vie plus forte que la mort par l’amour de Dieu manifesté en Christ. Partager l’espérance commune de notre foi dans le deuil pour dire que l’homme n’est pas condamné à mort, mais qu’il est promis à la vie.

Dans la vie en ce monde, nous sommes à la fois un corps vivant et un esprit. Mais quand la vie a quitté le corps, ce corps qui était poussière retourne à la poussière, il n’est plus la personne mais seulement un souvenir matériel de la personne, comme peut l’être aussi une photo. C’est pourquoi les protestants ont très tôt accepté la crémation. C’est pourquoi le culte d’Adieu ne consiste pas à bénir le cercueil ou l’urne, mais à bénir les personnes, présentes ou absentes, pour que la vie l’emporte. La tombe peut être un lieu de recueillement pour ceux qui aiment cette personne morte physiquement. Mais la personne, elle, est plutôt dans le cœur de ceux qui l’aiment, elle est dans le cœur de Dieu (si l’on peut utiliser cette image), et elle y est gardée pour l’éternité.

En pratique

Pour préparer ce culte, la famille la plus proche rencontre le pasteur. Cela permet :

  • de commencer à chercher ensemble ce qu’il y avait de plus merveilleux dans la personne pleurée, dans ce qu’elle nous a apporté.
  • de penser éventuellement à quelques personnes pouvant en témoigner (brièvement).
  • Si la personne avait choisi un passage biblique parmi ses préférés, c’est un témoignage formidable, sinon le pasteur cherchera un passage afin de dire aux proches l’Evangile de la consolation et de la vie.
  • La musique a une certaine importance aussi pour apporter de la beauté et une respiration à ce culte. Mais à moins que la famille soit très pratiquante et chanteuse, il est difficile de prévoir de faire chanter des cantiques à l’assemblée.

« Je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous » 
(Evangile de Jésus-Christ selon Jean 14:16).

pasteur Marc Pernot

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *