La cérémonie de mariage : pourquoi – comment…

Par : pasteur Marc Pernot

Image: 'Ali Lin // Ijab Qabul' by Azlan DuPree  https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/ http://www.flickr.com/photos/18589149@N06/9418040308Le mariage comprend plusieurs dimensions qui se complètent:

  • Il est d’abord un engagement qui se fait dans le secret des coeurs,
  • il a également une dimension sociale à la Mairie où le contrat est signé.
  • et il a enfin une dimension spirituelle dans l’église, comptant sur Dieu et sur nos proches pour faire corps. Lors de ces engagements dans l’église, il est question de fidélité pour la vie tout entière (ce qui n’est pas compris dans les engagements civils).

Avec la cérémonie religieuse, les époux disent comment ils veulent vivre leur union. Les engagements parlent donc d’attachement, d’amour et de fidélité, mais aussi de foi, de valeurs et de vocation. Le pasteur dit sur le couple la bénédiction de Dieu.

Nous accompagnons volontiers tout couple marié qui désire demander à Dieu, au nom de Jésus-Christ, sa bénédiction sur leurs engagements mutuels, pour la vie tout entière, dans la fidélité.

La cérémonie

Elle se passe normalement au temple avec le pasteur. Mais la cérémonie peut aussi être organisée à l’extérieur, dans un salon, ou dans une salle des fêtes… C’est un peu moins solennel, plus familial, plus détendu, souvent malheureusement c’est aussi moins recueilli (cela dépend des personnes de l’assistance) et l’organisation est alors plus complexe. Dans le temple, tout est prêt pour célébrer un mariage : la sonorisation, les chaises, la décoration, la musique et les musiciens (orgue, lecteur d’enregistrements), la fraîcheur (l’été) et le chauffage (l’hiver).

La cérémonie est préparée soigneusement avec le pasteur pour mettre au point le déroulement de la liturgie. Elle dure en général trois quart d’heure à une heure et se déroule à peu près comme dans toutes les confessions chrétiennes, mais avec une certaine simplicité dans le protestantisme et avec un accent porté sur le contenu du message biblique pour nous.

Voici un exemple possible de déroulement de la cérémonie, il est possible de personnaliser !

  • Musique (et défilé(s) éventuels d’entrée)
  • Annonce de la grâce première de Dieu
  • Accueil (chaleureux)
  • Louange (éventuellement un joli Psaume choisi par les mariés et lu par un de leurs témoins de mariage)
  • Cantique (seulement si les familles sont chanteuses)
  • Lectures bibliques (passage(s) choisi par les mariés pour rendre compte de ce qu’ils espèrent de Dieu, ou est source de vie pour eux. Textes éventuellement lus par quelqu’un de la famille)
  • Musique
  • Prédication
  • Musique (ou cantique)
  • Vœux des époux adressés l’un à l’autre. Exemple :
    L’épouse, puis l’époux : f./g. je déclare aujourd’hui publiquement que je t’aime, je t’accueille comme mon mari/ma femme, je veux me réjouir de tes joies, partager tes soucis et tes peines. Je veux t’aimer et te respecter, t’aider à t’épanouir, t’encourager, vivre avec toi dans la vérité, te demeurer attaché(e) dans les bons et les mauvais jours et te rester fidèle, pendant toute notre vie… Et pour nous venir en aide, je veux vivre avec toi dans la foi, l’espérance et l’amour du Christ qui a vaincu la mort.
  • Échange des anneaux
  • Bénédiction du couple
  • Musique (ou cantique)
  • Prière pour les époux, puis universelle (préparée par les mariés éventuellement avec les témoins qui la liront)
  • « Notre Père »
  • Bénédiction de l’assemblée
  • Défilé des mariés et orgue

 

Les cérémonies oecuméniques ou interreligieuses

Il n’y a en général pas de problèmes dès lors que les deux conjoints ont un vrai respect pour la foi ou la philosophie de l’autre conjoint. Par contre, si un des deux (ou les deux !) pense que l’autre est un mécréant… ce n’est pas seulement la cérémonie qui va être délicate à gérer mais la vie quotidienne, et en particulier l’éducation des enfants.

  • Aujourd’hui, une grande proportion de protestants épousent un ou une catholique, les cérémonies oecuméniques sont donc habituelles, et cela se passe en général très bien. Avec en général la participation d’un prêtre, soit au temple, soit à l’église.
  • Une cérémonie avec un couple protestant-évangélique ou protestant-orthodoxe est parfois plus délicat, en pratique.
  • Une cérémonie avec un couple protestant – juif ou musulman est possible, bien entendu, en tout cas de notre côté. Si la famille trouve un imam ou un rabbin pour participer, c’est un beau geste très encourageant. Si ce n’est pas le cas, il est néanmoins possible d’adapter la cérémonie pour tenir compte de la sensibilité juive ou musulmane, ce qui n’est pas difficile car le monothéisme nous rassemble. Avec une personne bouddhiste ou hindouiste cela se passe en général pour ce qui est des époux (mais avec parfois des familles qui boudent un peu !),
  • Une cérémonie avec un couple protestant – athée est également possible . On essaye alors d’adapter la cérémonie, et de choisir au moins un texte qui exprime les idéaux du conjoint athée (un texte philosophique ou un poème, par exemple).
  • Une cérémonie avec deux personnes non protestantes mais désirant une cérémonie de mariage avec une dimension spirituelle arrive de plus en plus fréquemment. C’est possible dès lors que les époux acceptent de chercher dans la Bible un texte qui servira de base à une réflexion ensemble au cours de la cérémonie de mariage.

C’est à chacun des deux fiancés de veiller à ce que la sensibilité de l’autre soit respectée sans que cela choque trop sa propre famille.

Personnellement, je préfère que le couple cherche lui-même les textes de la Bible qui leur posent question. Le ou les textes bibliques retenus seront alors trouvés en lien avec le pasteur. seront retenus . Cela permet d’avoir des textes plus originaux que 1 Corinthiens 13…. Et souvent les couples ont ainsi la chance de lire ensemble un évangile et des psaumes, de discuter ensemble, puis de revenir vers le pasteur avec des remarques & des questions.

Les engagements pris au cours de la cérémonie religieuse complètent ceux pris devant l’officier d’état civil. Il y a la dimension de fidélité et d’engagement pour la vie entière, mais il y a aussi le fait de demander à Dieu de bénir cette union, lui demandant sa force et son éclairage dans la vie quotidienne.

Sacrement ?

Dans le protestantisme, le mariage n’est pas considéré comme un sacrement, comme il l’est dans les églises catholiques et orthodoxes. Ce n’est pas à cause d’une différence sur la théologie du mariage, mais sur la définition de ce qu’est un sacrement. Mais les cérémonies ont la même importance, et pratiquement le même sens : un engagement à vie, dans la fidélité que se donnent deux personnes, en demandant à Dieu sa présence et son aide (sa bénédiction). Si nous acceptons souvent de célébrer un mariage après l’échec d’un premier mariage, ce n’est pas parce que nous aurions une conception faible du mariage, ou parce que ce ne serait pas un sacrement. Mais c’est  parce qu’il nous semble que l’Evangile du Christ fait une grande place à la grâce de Dieu, à son pardon et à son aide pour se relever après un échec.

Le sexe, la procréation ?

La seule grande différence entre la notion catholique et protestante du mariage me semble être un élément qui passe parfois inaperçu tellement il ne tient que quelques secondes dans le déroulement de la cérémonie. Dans une cérémonie protestante le couple n’est pas obligé de s’engager à accepter le projet d’avoir des enfants. Le couple a pour nous sa valeur propre et c’est dans leur conscience éclairée par Dieu que ce couple particulier est amené à chercher quelle fécondité il pense avoir dans ce monde. Et il y a bien des façons d’être fécond, spirituellement, humainement, socialement, biologiquement…

Les relations sexuelles dans le couple peuvent être une bénédiction pour ce couple même si ce couple ne peuvent pas ou ne désire pas concevoir un enfant à l’occasion de ce rapport (il n’est pas obligatoire non plus d’avoir des relations sexuelles dans un couple, il peut arriver que l’un seulement ne soit pas amateur de cette activité, c’est le genre de questions qui doit être abordé avec l’autre, si possible avant le mariage, mais même si cela n’a pas été fait avant, il est bien entendu hors de question de forcer l’autre)

pasteur Marc Pernot

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