Extrait d"un tableau de Spitzweg représentant un bibliothécaire
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L’espérance véritable dépasse le simple optimisme ou la promesse lointaine. Enracinée dans une notion hébraïque d’attachement, elle se comprend comme un lien solide qui ancre l’existence en Dieu. Loin d’être une illusion pour supporter le présent, cette confiance s’appuie sur une présence divine qui se déploie et se vit concrètement dès aujourd’hui.


L’espérance comme ancre de l’âme

Une espérance véritable n’est pas un vague rêve fumeux. En hébreu, le mot espérance (Tikvah) vient du mot corde (Kav) qui sert à attacher des choses ensemble. L’espérance est comme un lien qui nous accroche à quelque chose de solide, comme la corde accrochée à une ancre permet à un bateau de ne pas partir à la dérive. C’est pourquoi le symbole de l’ancre se retrouve dans les premières illustrations chrétiennes des premiers siècles, illustrant ce verset : « Cette espérance (dans les promesses de Dieu), nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide ; elle pénètre au-delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme précurseur. » (Hébreux 6:19-20)

Notre espérance est en Dieu tel que nous l’a révélé Jésus-Christ, Dieu qui nous aime sans condition et donc qui nous garde et nous gardera. C’est vrai que nous ne voyons pas Dieu (Jean 1:18), mais en Christ nous avons appris à le connaître pour ce qui est essentiel, et nous sentons par la foi que ce lien est solide et sûr. Cette confiance en Dieu que nous pouvons avoir est vérifiée par une expérience de foi très répandue depuis des générations.

Une réalité spirituelle au-delà du visible

L’apôtre Paul dit que trois choses seulement demeurent (c’est-à-dire demeurent éternellement) : l’espérance en fait partie avec la foi et l’amour (1 Corinthiens 13). Le salut peut tarder, l’espérance peut être enfouie, mais elle ne disparaît pas car notre avenir est dans la bonne main de Dieu. En Christ, cette espérance n’est pas seulement une belle idée, mais le salut de Dieu est une réalité concrète. Nous sommes bien reliés, au-delà du visible, à la source de la vie.

Le danger de l’espérance comme outil de manipulation

Il y a effectivement une chose délicate dans l’espérance, c’est qu’elle peut tout à fait être utilisée comme un moyen de manipuler des personnes avec de fausses promesses. Les idéologies politiques en font un large usage : l’espérance de lendemains qui chantent et, en contrepoint, les menaces de terribles catastrophes survenant en cas de victoire du camp adverse. Hélas, certains de toutes les religions ont utilisé ce moyen de l’espérance et de la menace pour endoctriner leurs adeptes, disant en substance : supportez bien l’oppression en ce monde, renoncez à votre propre sensibilité et à votre point de vue, adoptez plutôt la vision de notre grand chef, obéissez à ses commandements et vous aurez des récompenses, sinon, je ne réponds de rien…

L’espérance chrétienne : des promesses déjà en cours de réalisation

Cela ne devrait pas être possible avec la foi chrétienne, en effet, notre espérance fait suite à des promesses de Jésus-Christ, seulement ce que dit Jésus-Christ, c’est que ces promesses sont déjà en cours de réalisation, dès notre vie en ce monde : Dieu n’est pas un Dieu lointain que l’on rejoindra « un jour », il est déjà là, avec nous, on peut réellement être en relation avec lui. Le Christ, le sauveur, n’est plus attendu pour un jour sans cesse repoussé, il est venu et il a tout accompli, nous en recevons les fruits et sommes envoyés propager ce dont nous avons déjà bénéficié en lui. Le Royaume de Dieu est en partie déjà là, même s’il est encore en déploiement. L’Esprit nous a promis, mais nous avons déjà reçu les arrhes de cet Esprit Saint. La Paix nous est donnée en Christ et déjà elle nous vient, de plus en plus. La vie éternelle nous est promise et cette dimension supérieure de notre vie commence déjà à vivre cela par la foi, l’espérance et l’amour, surtout l’amour. La liberté, l’émancipation des règles, lois et commandements religieux nous ont été apportés par le Christ : à nous d’en vivre maintenant…

Il n’est pas possible de tromper une personne avec ce genre de promesses puisqu’elles sont déjà en cours de réalisation en chaque personne qui s’ouvre à Dieu en Christ. C’est pourquoi je propose souvent aux personnes qui demandent si c’est vrai : essayez de commencer à prier Dieu avec la confiance qui chasse la crainte, essayez de méditer les évangiles, essayez d’en vivre… et vous m’en direz des nouvelles déjà au bout de quelques mois. 99 fois sur cent, ces nouvelles ont été positives.

pasteur Marc Pernot

 

Cet article est extrait de notre dictionnaire des Mots qui piquent (niveau 3). Voir aussi le Petit Dictionnaire de théologie (niveau 2), les Définitions de base (niveau 1), et les Notions (niveau 4).

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Études

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