Est-ce Dieu qui pardonne, ou l’église ? Pourquoi Dieu ne baptise-t-il pas lui-même ?

illustration : confessionnal - Image parHenryk Niestrój de Pixabay Question d’un visiteur :

Bonsoir pasteur,
Je suis de Madagascar. Je suis protestante.
Je voudrais te demander l’interprétation de Jean 20,23
Les catholiques l’utilisent pour justifier la confession.
Bien que je sache que Seul Dieu peut pardonner nos péchés je n’arrive pas à répondre à cette question : Si Dieu seul peut pardonner les péchés pourquoi ne baptise-t-il pas lui même?
Merci de bien vouloir me répondre
Que Dieu vous bénisse.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour madame

Bravo de vous poser des questions en théologie. C’est très précieux.
Personnellement, je n’argumente pas trop contre les autres chrétiens, chacun son style. Si des catholiques pensent que leur église peut pardonner les péchés : vous pouvez répondre « Ah tiens, c’est intéressant ».
Ce n’est pas utile de leur faire de la peine en luttant contre leur façon de voir, et ça met une mauvaise ambiance entre chrétiens. Peut-être que vous ressentez comme une offense le fait que des frères et sœurs catholiques pensent réserver le pardon à celles et ceux qui passent par la confession et l’absolution donnée par leur église ? Il n’y a pas à prendre cela pour une offense personnelle, cette opinion révèle quelque chose sur la théologie, la foi, la psychologie de celui qui la pense et la prononce, cela ne dit rien sur votre théologie à vous. Comme vous dite, le jugement appartient à Dieu. Et nous lui faisons confiance.
À propos de ce verset de l’Evangile que vous citez (Jean 20:23) « Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus« , ce que je remarque c’est qu’il est explicitement dit que les personnes à qui cette parole de Jésus s’adresse sont « les disciples » (20:19), c’est à dire nous tous, et pas seulement « les onze » (les apôtres) qui seraient seuls concernés, et encore moins une église qui n’était pas encore constituée sous forme d’institution. Comment est-ce que les clefs du pardon nous sont ainsi confiées à nous, pauvres pécheurs ? Ce n’est pas que l’amour de Dieu serait limité par noter sagesse, notre jugement, et notre pardon. C’est l’inverse. Dieu a déjà pardonné puisqu’il ami, et effectivement, si nous, chrétiens, ne disons pas aux personnes du monde que Dieu est amour et pardon, qui le leur dira ? Et comment alors la personne coupable pourra être libéré de sa culpabilité et de sa peur de Dieu ? Comment le monde sera libéré ? Il y a donc effectivement un enjeu important dans le fait que nous nous sentions envoyé(e)s porter la Paix de Dieu et son pardon.
Il y a un parallèle à cette mission de délier les personnes de leur culpabilité et de leur peur de Dieu, Jésus disant très solennellement :  » Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » (Matthieu 18:18), et là aussi, cette mission, ce pouvoir est donné « aux disciples »  (18:1), donc à nous tous. Quelle joyeuse et belle mission.
Ensuite, chacun peut effectivement se tourner vers Dieu sans crainte pour lui dire ce qu’il a sur le cœur, directement, puisqu’il est certain que Dieu lui est bienveillant, amical, qu’il a déjà pardonné avant même que nous le lui demandions, et même qu’il s’appliquera à nous aider à progresser, il le fera avec tendresse et avec puissance.
Pourquoi Dieu ne baptise pas lui-même ? Au sens du baptême que donne Jésus, Dieu le fait. Car ce baptême est le baptême d’Esprit Saint. Nous pouvons ensuite nous ouvrir plus largement à ce souffle, le laisser circuler et agir en nous. Mais toute personne humaine a déjà au moins un petit peu reçu de cet Esprit, de ce souffle divin, sinon elle ne vivrait même pas. C’est ce que dit la Genèse 2:7 « L’Eternel Dieu forma l’humain de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’humain devint une personne vivante. »
Le baptême que nous pratiquons dans l’Eglise n’est pas la source du pardon de Dieu et du salut pour la personne. C’est un signe manifestant la grâce de Dieu (son amour sans condition) pour cette personne. Sans condition et gratuit veut dire que cela ne dépend en aucune façon de la personne. Le baptême d’eau n’est donc pas une condition pour que Dieu aime, ni même la foi de la personne, sinon ce ne serait pas sans condition non plus. Ce geste est donné afin de nous aider à prendre conscience de cela, pour nous aider à en vivre. Comme d’ailleurs l’annonce de la grâce de Dieu sur chacune et chacun qui commence tout culte (comme l’apôtre Paul commençait d’ailleurs en général ses lettres), et le culte se termine par la bénédiction de chacun. C’est important, et c’est toujours à se rappeler afin de pouvoir ensuite s’en saisir un petit peu plus profondément, et en vivre autant que nous en sommes capable, et à offrir.
Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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