Je pense avoir une foi sincère et pourtant je n’arrive pas à guérir de mes peurs qui me gâchent la vie

Par : pasteur Marc Pernot

Visage d'une femme ayant l'air de se faire du soucis - Photo by Molnár Bálint on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour Pasteur et merci pour votre blog qui a répondu à une question que je me posais depuis longtemps sans trouver de réponse alors qu’elle est si claire après vous avoir lu !
Aujourd’hui ce qui m’empêche d’être en paix est le problème suivant : je pense avoir une foi sincère et pourtant je n’arrive pas à guérir de mes peurs qui me gâchent la vie et même me traumatisent quelquefois et me handicapent. Comment peut-on être sincèrement Chrétien et vivre dans la peur continuelle ? « L’amour parfait bannit la crainte » certes, mais comment ne pas avoir peur quand vous êtes en soucis pour votre enfant ? Ou comment ne pas avoir peur quand on vous agresse sans raison ? Comment vivre dans la paix au milieu des épreuves ? Merci. Cordialement

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame

Grand merci pour les encouragements, je suis vraiment heureux si vous avez pu avancer. Et je suis ému que j’ai pu un tout petit peu y contribuer (on aime se sentir parfois un petit peu utile, c’est vrai 🙂

Il est absolument normal que la peur des mauvaises choses qui peuvent nous arriver dans notre vie nous étreigne plus ou moins, selon les circonstances, pour nous et pour ce monde. Même Jésus est pris d’angoisse, devant les bien réelles menaces de mort qui pèsent sur lui.

Que veut dire alors cette affirmation essentielle de Jean « l’amour parfait bannit la crainte » ? C’est que quand on connaît l’amour de Dieu, effectivement on sait que l’on n’a rien à craindre de lui mais qu’il est à nos côtés pour faire face. Et qu’en tout cas il ne nous abandonnera jamais, qu’il gardera notre être pour toujours, car il nous aime.

C’est pourquoi Jésus, quand l’angoisse et la peur l’étreignent, réagit en priant Dieu. Cela lui arrive souvent dans les évangiles. Parfois, face au danger, il sent alors qu’il doit se protéger et il part se réfugier dans un endroit moins dangereux. Sa prière n’est donc pas de la superstition. Mais sa prière lui permet de trouver auprès de Dieu un éclairage sur ce qu’il peut faire, et trouver avec l’aide de Dieu la force de tenir bon. C’est fort de cette expérience que Jésus conseille à ses disciples de veiller et prier afin de ne pas être submergé par les épreuves, par les difficultés (c’est malheureusement traduit parfois par « tentations » dans Matthieu 26:41) . C’est le risque, effectivement, que nous soyons submergés quand des difficultés nous menacent ou nous tombent dessus. Les disciples étaient endormis de tristesse, nous dit l’Evangile : la peur et la souffrance pourraient nous paralyser, nous tétaniser, alors : non seulement c’est dur à vivre, mais en plus nous risquons de perdre tous nos moyens, qui nous auraient permis peut-être d’éviter ou de de limiter les dégâts (comme quand Jésus esquive la persécution), qui nous auraient aidé à tenir bon, et ne pas être anéanti. Dieu est à nos côtés; pour que surtout, surtout, la peur et le mal ne nous abîme pas.

Car c’est cela que nous apprend, que nous apporte cet amour de Dieu : c’est que même si nous avons les pires ennuis, nous sommes et nous resterons une personne digne d’une infinie valeur, une personne aimée de Dieu, gardée, aujourd’hui et toujours. C’est essentiel, je pense, pour nous aider à tenir cet essentiel.

C’est normal et c’est juste que nous attachions du prix à la santé et à la vie, aux belles relations, aux attachements, aux réalisations : non seulement en ce qui nous concerne et en ce qui concerne ceux qui nous sont chers. Il est donc normal d’avoir peur et il est normal d’avoir mal quand il y a des choses qui ne vont pas bien. Seulement, il y a autre chose, au fond du fond, c’est notre être, notre personnalité si personnelle et tissée de toutes nos rencontres, de nos pensées et de nos prières. Cette personnalité est un trésor infini. L’amour de Dieu nous aide à toujours partir de là pour nous projeter. Certes, comme pour Jésus lui-même c’est parfois au milieu de l’angoisse et des pleurs. Et puis, si nous n’avons pas eu trop de malheurs quand même, nous avons aussi en mémoire dans le cœur et dans la tête une personne qui nous a aimé, une belle personnalité que nous avons connue. Et cela compte, et nous pouvons garder cela.

Mais déjà, je discerne dans votre magnifique et touchant témoignage, l’espérance de pouvoir espérer, grâce à Dieu, l’espérance de recevoir de Dieu un petit début d’une paix qui nous vient… alors que nous sommes encore au milieu du gué. C’est cela que nous apporte l’Esprit dans notre veille, il perce une brèche, un début de souffle de prière vers Dieu et notre enfermement se fendille déjà, nous sommes encore oppressé mais plus totalement submergé, enfermé dedans. Nos pensées tournent encore en rond mais un début de quelque chose d’autre perce d’ailleurs. Dieu nous a rejoint, il est là, comme en creux peut-être encore, mais déjà il nous tient par la main.

Dieu vous bénit et vous accompagne.
Nous pensons à vous, et espérons de tout cœur que cela va aller pour le mieux.

par : pasteur Marc Pernot

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6 réponses

  1. Josiane dit :

    Quelle magnifique réponse, Pasteur ! Je vais la lire et la relire et garder en mémoire certaines phrases pour me les rappeler aux jours mauvais.
    Grand merci.
    Que Dieu vous bénisse. Et qu’Il soit béni d’avoir bien voulu m’éclairer à travers vous.

    • Marc Pernot dit :

      Chère Josiane
      Merci pour votre sincérité, votre cœur, et votre foi.
      C’est inspirant. Et cela nous donne de la force à tous.
      Dieu vous bénit et vous accompagne

  2. Trautmann Régine dit :

    Bonjour Josiane ,
    En lisant votre témoignage je vois à quel point la peur touche un grand nombre de Chrétiens que nous sommes. Pour ma part , Jésus Christ a guéri mes peurs, je suis aujourd’hui une femme libre .
    La première chose à savoir est que la peur n est pas de Dieu, c est la première arme de satan pour nous atteindre car Dieu ne nous a pas donné un esprit de peur , mais un esprit de force et d amour de courage set de sagesse . Je vous conseille de parler à Jésus Christ de vos peurs car il est vivant , il vit en vous et il a dit je ne vous abandonnerai pas , je demeure avec vous , le Saint Esprit en nous est Dieu , je vous donne quelques pistes de méditation : Esaïe 41/10; 2 tim1/7; PS 23/4; 1pierre5/6-7.
    Bonne méditation et courage . Que le Seigneur Jésus nous fortifie tous. Soyez en paix .

  3. Josiane dit :

    Merci Régine, je vais suivre votre conseil. Grâce à vous et aux explications du Pasteur, je vois s’ouvrir des chemins. Notamment j’avais fait un contresens lourd de conséquences au sujet de la phrase de Jean « L’amour parfait bannit la crainte » Soyez bénis.

  4. Pascale dit :

    Je ne pense pas qu’on puisse éradiquer toutes les peurs : elles font partie de notre condition humaine. Par ailleurs la peur n’est pas toujours néfaste. Outre le fait qu’elle peut servir à se protéger d’un danger, elle peut aussi être l’expression d’un amour. Lorsqu’un parent a peur pour son enfant, l’enfant se sent aimé.

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