La souffrance psychique, est-elle une épreuve nécessaire ? afin d’acquérir une Foi robuste ?

Par : pasteur Marc Pernot

Visage d’une statue représentant la Christ souffrant en croix - Photo de Frantisek Duris sur https://unsplash.com/fr/photos/sQ4aJOphZb4

Question d’un visiteur :

Bonsoir

D’abord, permettez-moi de vous souhaiter une bonne année 2023, j’espère que tout va bien de votre côté.

Permettez-moi de vous poser une petite question : le mal, ou plutôt, la souffrance psychique, est-elle une épreuve nécessaire ? Devons-nous passer à travers ces moments difficiles, afin d’acquérir une Foi robuste ? D’être un bon chrétien ? Avons-nous trop souvent « tendance » à définir le Mal comme nécessaire, alors qu’il ne l’est pas ?

Merci et bonne soirée.

Cordialement,

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Non, vraiment non. Je ne pense pas que la souffrance psychique soit une épreuve nécessaire.

  • On a tout à fait le droit de ne pas souffrir.
  • Il est juste de s’insurger contre la souffrance, la sienne et celle de son prochain. Car elle est souvent injuste, absurde, cruelle.
  • Cela nous appelle à chercher à faire diminuer la souffrance autant que possible, et la gérer au mieux.

Mais tant qu’à faire de connaître une certaine souffrance il est une bonne idée d’en profiter pour nous approfondir, par exemple en compréhension de ceux qui souffrent, et en réflexion sur la vie en ce monde, sur Dieu et sur notre relation avec lui, notre gratitude pour son secours.

Ce bon usage de notre souffrance ne la justifie en aucune façon : le mal reste un mal et doit être considéré ainsi. Même si l’on en fait quelque chose de bien.

Par ailleurs, il est tout à fait possible d’approfondir notre façon d’être sans avoir eu la peine de souffrir, cela demande alors simplement de choisir de « travailler » là-dessus volontairement.

Je suis d’accord qu’un certain fond de souffrance est normal dans la vie humaine :

  • Par exemple de se lever le matin ! Personnellement, j’ai de la chance, j’adore le petit déjeuner et cela m’aide à sortir du lit joyeusement. Mais quand même, se mettre en route est parfois comme de démarrer une moto à froid, au début on sent bien qu’elle a du mal. Mais c’est plus de l’ordre de l’effort que nous avons à faire que d’une souffrance insupportable, normalement.
  • Par exemple pour évoluer, pour apprendre, grandir, se libérer, s’émanciper : tout cela n’est pas très confortable, c’est comme quand, petit, on nage dans le grand bain sans bouée pour la première fois. Toute page qui se tourne est un effort parfois assez considérable.
  • De toute façon, la position de l’humain est en tension entre des idéaux infinis (par notre pensée philosophique, par notre foi) et les contraintes de la vie en ce monde, avec ces ressources limitées, nos capacités et nos faiblesses, il y a donc une tension en nous entre le ciel et la terre, c’est une extraordinaire position, un privilège te une responsabilité. Mais ce n’est pas facile, normalement cela ne devrait pas être une souffrance car nous sommes au bénéfice de la grâce de Dieu, qui sait bien que nous faisons ce que nous pouvons.
  • Nous sommes aussi un membre, un membre unique dans une foule d’humains, et qu’il y a donc facilement des incompréhensions et des frottements. Mais finalement nous sommes quand même un animal social et en général on arrive à peu près à faire équipe avec quelques personnes pour que ça marche bien, mais c’est vrai que cette richesse de diversité fait inévitablement qu’il y a quelques souffrances. Et puis, notre vie en ce monde est temporaire, cela fait que nous connaissons parfois le deuil et que ce n’est pas facile.

Bien des Psaumes parlent de la souffrance vécue, par exemple les Psaumes 23 et 121, ils présentent la souffrance comme non voulue par Dieu (bien sûr), mais comme des moments difficiles qui sont à traverser (vallée d’ombre de mort), ou à surmonter (cailloux de la route, brûlure du soleil, dessèchement). Dieu, lui est à nos côtés contre la souffrance, afin de nous aider à prendre pied dans « le bonheur et la grâce ».

La croix du Christ n’est donc pas à comprendre comme une glorification de la souffrance par un dieu sadique, bien sûr. Mais le dévouement extrême de Jésus pour soulager l’humanité de bien des souffrances (la peur de Dieu, l’égoïsme, le sentiment de ne rien valoir ni ne rien pouvoir, l’isolement…)

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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