Le mot hébreu Amen, bien plus qu’une simple formule de conclusion, possède une racine étymologique fascinante liée aux caravanes du désert. Synonyme de confiance, de vérité et de fidélité, il éclaire d’un jour nouveau le sens de la foi biblique et la nature de notre lien avec le divin.
L’origine hébraïque du mot Amen : l’image de la caravane
C’est un deuxième mot hébreu bien connu, avec Alléluia. À l’origine, l’amen était la corde qui relie les chameaux dans une caravane. Chaque chameau est lié par cette ficelle à celui qui le précède dans la file, cela lui garantit d’être sur la piste de l’oasis, même s’il ne voit pas le caravanier. Du coup, le mot Amen évoque les notions de confiance, de vérité et de fidélité.
L’usage de l’Amen par Jésus dans les Évangiles
Quand Jésus veut insister sur quelque chose de vraiment important, il commence souvent sa phrase par « Amen, Amen, je vous le dis... »1, ce que les Bibles traduisent parfois par « En Vérité, en Vérité, je vous le dis…« .
Cet Amen exprime la confiance du Christ en Dieu et c’est ce qui lui permet d’affirmer ce qu’il nous dit alors. Il y engage sa conviction, sa foi : c’est à Dieu qu’il se tient et nous pouvons nous tenir à lui, Christ, pour nous faire cheminer vers Dieu. Le Christ est l’amen, la corde qui nous relie à Dieu même si nous ne le voyons pas.
La signification de l’Amen dans la prière et la foi
Ce mot Amen était tellement aimé par les gens qui avaient entendu Jésus parler qu’ils ont voulu garder ce mot hébreu dans leur propre langue pour évoquer ce lien solide qui existe entre Dieu et nous à cause de sa fidélité solide comme le roc. Par exemple, quand nous disons Amen à la fin d’une prière, c’est une façon de résumer notre prière et sa suite en remettant tout entre les mains de Dieu avec confiance. C’est peut-être même la plus profonde des prières, la plus fidèle des prières.
Le lien entre l’Amen et la foi biblique
Le mot foi (emounah en hébreu) est directement tiré du mot amen, cela nous éclaire aussi sur ce que l’on entend par la foi dans la Bible : le fait de garder un lien avec Dieu, même malgré nos doutes, notre déception : c’est ce que fait Jésus sur la croix, accablé de douleur, il prie ce psaume disant : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27:46) : il garde le lien. C’est ainsi que le Christ est véritablement un « Amen » vivant.
1 par exemple Jean 6:47
Cet article est extrait de notre Petit Dictionnaire de Théologie (niveau 2), voir aussi les Définitions de base (niveau 1), les Mots qui piquent (niveau 3), et les Notions (niveau 4).
Pour aller plus loin sur ce thème
Des pistes de réflexion (Prédications & Méditations)
- Prédication : Pâques, c’est de l’hébreu pour nous : Hosanna, Alléluia, Amen. (Jean 20 ; Marc 11 ; Apocalypse 19 ; 2 Corinthiens 1)
Étude
- Le « Crédo » ou « Symbole des apôtres » 4/4 : Je crois la Sainte Église ??







