
Qu’est-ce que l’âme ? Une vision biblique, entre corps et souffle divin
L’âme est-elle une étincelle divine prisonnière d’un corps, comme le pensaient certains philosophes grecs ? La Bible propose une tout autre vision : celle d’un être unique, corps et souffle divin réunis, appelé à se déployer dans une existence pleine de sens, ici et au-delà.
Question posée :
Bonjour monsieur le pasteur,
Voilà mes questions sur l’âme, si vous le voulez bien : comment la définir ? Existe-t-elle avant notre naissance ? Lors de notre vie, que peut-elle nous apporter ? Pouvons-nous la modifier ? Est-ce notre étincelle divine ? Elle est pour certains immortelle : où va-t-elle donc après notre mort physique ? A-t-elle un lien avec l’image immortelle de Dieu ? Quels sont ses rapports avec l’esprit ?
Merci par avance pour vos réponses.
Bonne journée
Réponse d’un pasteur :
Une notion plus grecque que biblique
Bonjour Monsieur,
Le concept d’âme est plus grec que vraiment biblique. Certains philosophes grecs voient l’humain comme une âme prisonnière d’un corps, l’âme étant une réalité spirituelle, légère, idéale, une part de la divinité qui serait comme prisonnière d’une dimension matérielle lourde, et un peu sale.
Ce qui est parfois traduit par le mot « âme » dans nos traductions de la Bible correspond à un mot hébreu, néphesh, qui veut plutôt dire l’être, l’individu. Les animaux sont appelés « néphesh haya », êtres vivants (Genèse 1.20), comme l’humain. Sauf que, pour être une « néphesh haya », l’humain est à la fois pétri de terre et insufflé du souffle de Dieu, de son Esprit.
Un être fait de corps et de souffle divin
La Bible voit ainsi la personne humaine comme un corps animé par un souffle divin. Les deux dimensions sont bonnes et nous constituent. L’ensemble est béni par Dieu et a donc tout son sens, non seulement comme spirituel, mais aussi comme terrestre, appelé à une vie heureuse et pleine de sens sur cette terre.
Notre personne est toute neuve, elle n’est pas une âme éternelle divine tombée dans la boue du sol. Nous sommes sans cesse en genèse, et tout est fait pour être bon en nous : le corps comme l’intelligence, comme la capacité à entrer en relation, notre sensibilité, notre personnalité unique, notre créativité personnelle qui est un don de Dieu, un don divin. Nous sommes donc chacune et chacun comme un monde, et comme le monde, nous sommes encore en cours d’évolution, de genèse, avec une part déjà merveilleuse et un reste de chaos. Dieu nous appelle à travailler à cette genèse, de notre être et du monde, à cette construction avec Dieu, en équipe.
Un corps limité, une part de nous appelée à demeurer
Pour ce qui est du corps, cette genèse est vite terminée, et elle est marquée par son côté temporaire, par sa finitude. Nous pouvons néanmoins participer un peu à son développement ou à son entretien, mais encore à son bonheur et à son épanouissement, car c’est une belle dimension, appelée aussi à embellir ce monde.
Pour le reste aussi, nous sommes limités et finis, mais une part de nous-mêmes peut être valorisée, développée tout au long de la vie, en tout cas tant que ce corps peut tenir. Et Jésus affirme, ce qui était très discuté et le reste encore, que ce qu’il y a de plus vivant en nous reste vivant au-delà de la survie du corps matériel. Et Paul ajoute que nous sommes alors dotés d’un corps spirituel, un corps glorieux. Cela veut dire, à mon avis, que même dans la suite, nous sommes et demeurons un individu personnel précieux, unique, et doué de relations interpersonnelles par l’amour.
Cette conception de l’humain est donc assez différente de celle que conçoivent les pensées orientales, comme Plotin ou Bouddha, me semble-t-il, voyant moins positivement que dans la foi chrétienne l’individualité de chaque personne, la vie en ce monde et ses joies, et la merveille qu’est chaque seconde à vivre…
Dieu vous bénit et vous accompagne.
À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de la notion de Corps, celui de l’âme, et sur Humains – animaux, voir les articles dédiés dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.
En écho à ce texte :
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L’âme est-elle vraiment séparable du corps ?
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Bible – Âme
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Depuis mon plus jeune âge je mangeais les animaux, car je pensais que les animaux n’avaient pas d’âme.
