Qu’est-ce que l’âme ? Comment la définir ? Existe-t-elle avant notre naissance ? Que peut-elle nous apporter ?

Peintures sur corps avec une colombe (indien) - Image parLaughingRaven de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour monsieur le pasteur,

Voilà mes questions sur l’âme si vous le voulez bien : Comment la définir ? Existe t elle avant notre naissance ? Lors de notre vie, que peut elle nous apporter ? Pouvons nous la modifier ? Est ce notre étincelle divine ? Elle est pour certains immortelle ; où va t elle donc après notre mort physique ? A t elle un lien avec l’image immortelle de Dieu ? Quels sont ses rapports avec l’esprit ?

Merci par avance pour vos réponses.

Bonne journée

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur

Le concept d’âme est plus grec que vraiment biblique. Certains philosophes grecs voient l’humain comme une âme prisonnière d’un corps, l’âme étant une réalité spirituelle, légère, idéale, une part de la divinité qui serait comme prisonnière d’une dimension matérielle lourde, et un peu sale.

Ce qui est parfois traduit par le mot « âme » dans nos traductions de la Bible correspond à un mot hébreu néphesh qui veut plutôt dire l’être, l’individu. Les animaux sont appelés « néphesh rahia », êtres vivants » (Genèse 1:20) comme l’humain. Sauf que, pour être une « néphesh rahia » l’humain est à la fois pétri de terre et insufflé du souffle de Dieu (de son Esprit).

La Bible voit ainsi la personne humaine comme un corps animé par un souffle divin. Les deux dimensions sont bonnes et nous constituent. L’ensemble est béni par Dieu et a donc tout son sens non seulement comme spirituel mais aussi comme terrestre, appelé à une vie heureuse et pleine de sens sur cette terre.

Notre personne est toute neuve, elle n’est pas une âme éternelle divine tombée dans la boue du sol. Nous sommes sans cesse en genèse, et tout est fait pour être bon en nous, le corps comme l’intelligence, comme la capacité à entrer en relation, notre sensibilité, notre personnalité unique, notre créativité personnelle qui est un don de Dieu, un don divin. Nous sommes donc chacune et chacun comme un monde, et comme le monde nous sommes encore en cours d’évolution, de genèse, avec une part déjà merveilleuse et un reste de chaos. Dieu nous appelle à travailler à cette genèse et de notre être et du monde, à cette construction avec Dieu, en équipe.

Pour ce qui est du corps, cette genèse est vite terminée, et est marquée par son côté temporaire, par sa finitude. Nous pouvons néanmoins participer un peu à son développement ou à son entretien, mais encore à son bonheur et à son épanouissement car c’est une belle dimension, appelée aussi à embellir ce monde.

Pour le reste aussi, nous sommes limités et finis, mais une part de nous-mêmes peut être valorisée, développée tout au long de la vie, en tout cas tant que ce corps peut tenir. Et Jésus affirme, ce qui était très discuté et le reste encore, que ce qu’il y a de plus vivant en nous reste vivant au delà de la survie du corps matériel. Et Paul ajoute que nous sommes alors dotés d’un corps spirituel, un corps glorieux. Cela veut dire à mon avis que même dans la suite, nous sommes et demeurons un individu personnel précieux, unique, et doué de relations interpersonnelles par l’amour.

Cette conception de l’humain est donc assez différente de celle que conçoivent les pensées orientales comme Plotin ou Bouddha, me semble-t-il, voyant moins positivement que dans la foi chrétienne l’individualité de chaque personne, la vie en ce monde et ses joies, et la merveille qu’est chaque seconde à vivre…

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Si vous voulez, vous pouvez voir aussi, dans le petit dictionnaire de théologie :

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