Ma rationalité se satisfait pleinement de vos réponses et de votre ouverture d’esprit, mais est-ce de la vraie foi ?

une jeune femme tend une lanterne dans le jour qui se lève - Photo by Thought Catalog on UnsplashPar : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour,
Je viens vers vous après avoir vu votre vidéo sur Dieu envisagé sous son aspect créateur, mystique, philosophique, etc… Il y a déjà un certain temps que je suis votre blog et qu’il me pose question. Ma rationalité se satisfait pleinement de vos réponses et de votre ouverture d’esprit (non, au fond on n’est pas sûr que Dieu existe, et il n’est pas forcément tout puissant, de même pour la vie après la mort , la résurrection, etc…). Mais dès lors, on a affaire à une forme de foi qui aurait essentiellement pour conséquence une éthique de vie ou un idéal qui contribuerait à une évolution positive dans une Création inachevée (un peu à la Teilhard de Chardin en quelque sorte). Je me demande alors : à quoi sert Dieu ? Pourquoi croire en Lui s’il n’est rien d’autre qu’un principe d’évolution (un darwinisme qui ne serait plus dû au hasard ), un Idéal à atteindre ou une philosophie de vie comme on en trouvait déjà dans la Grèce antique ? Voire s’il est tout à fait possible d’avoir plusieurs Dieu comme on a plusieurs partis politiques ? Après tout nombre de courants actuels comme l’écologie entre autres prennent dans leur forme extrême des aspects religieux, et pas toujours dans le bon sens du terme…

Je cherche Dieu depuis quelques temps après 50 ans d’absence de foi,le confinement a été pour moi un temps privilégié pour surfer sur la vague des différents courants, et j’avoue être déconcertée par l’écart gigantesque qui existe entre un site comme le vôtre et par exemple les courants du renouveau charismatique catholique pour qui Dieu est familier, personnel, pour ne pas dire intime et agit directement dans la vie de chacun, y compris à travers des prières de guérison. Si j’avoue être assez déconcertée de ce branchement direct sur le Ciel (je pense en particulier aux charismes), je dois bien avouer qu’il y a là quelque chose qui me semble plus dans la ligne de la vraie foi telle qu’on l’imagine depuis les origines de l’humanité, aux frontières de la magie (dont on sait à quel point elle attire encore nombre d’individus). Une forme de « foi rationnelle » est-elle encore de la foi sachant que ce que l’on demande à Dieu dans nos prières, du moins pour la plupart dont je fais partie, c’est avant tout d’arranger nos petites (ou grandes) misères du quotidien ?

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Bravo de chercher Dieu avec persévérance, avec espérance et avec sincérité. Merci pour vos encouragements en ce qui concerne ce site 🙂

Ce que je propose n’est pas une pensée seulement rationaliste de l’idée de Dieu. Pas du tout.

Ce que je propose c’est de réconcilier la raison et la mystique.

Donc oui, la théologie me semble devoir répondre à des critères de cohérence, et être basée sur une expérience, celle de la vie et celle de la relation à Dieu (soit directe, soit en entendant certains témoignages, en particulier ceux de la Bible).

Vous trouverez partout sur ce site, je pense, ce double appel à réfléchir et à prier.

Donc oui, je suis favorable à l’idée d’une relation à un Dieu familier et personnel.

Seulement, certains ne ressentent pas cette présence de Dieu (ou n’ont pas l’impression de la ressentir), et ils ne sont pas handicapés pour autant. C’est simplement qu’il ne ressentent pas la foi sous cet aspect d’un sentiment religieux. Cela ne veut absolument pas dire que leur relation à Dieu serait moins profonde, moins vivre, moins vivifiante. Ils peuvent donc continuer à prier sereinement. L’effet positif de l’action de Dieu dans leur être et dans leur vie, l’exaucement de leur prière, se fera sentir de toute façon à court ou moyen terme. Peu importe que ce ne soit pas dans l’instant.

Je ne pense pas qu’il soit très sain de considérer Dieu comme le Père Noël à qui on envoie une liste de cadeaux attendus. Car alors, ce que l’on adore en vérité, c’est notre propre désir, et l’on espère que Dieu sera au service de nos désirs. Or, notre véritable divinité, celle de notre être profond, c’est ce que l’on adore, ce que l’on cherche par dessus tout. Il est tout à fait légitime d’avoir des désirs, mais ce n’est pas génial de prendre pour dieu ses désirs. Dieu fait un bien meilleur dieu pour nous : Dieu nous libère, nous grandit, nous ouvre, nous met en relation.

C’est pourquoi Jésus nous propose d’éviter de demander à Dieu de régler nos petites affaires, et plutôt de chercher le Royaume de Dieu, c’est à dire de demande à Dieu qu’il agisse en nous, qu’il travaille en nous à sa propre façon à lui. Et ce que nous demandons à Dieu c’est sa justice, c’est à dire qu’il nous rende juste, qu’il nous grandisse, qu’il nous donne un point de vue et un cœur plus élevés. Jésus ajoute que, par ailleurs, Dieu sait très bien par avance ce dont nous avons besoin, et nos petites misères, et nos vœux, nos chers projets. Que cela ne lui est pas indifférent, qu’il y travaille à sa façon à lui, afin que ce soit le meilleur pour nous. (Lire ce texte dans l’Evangile selon Matthieu 6:24-34)

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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