Je vis vendredi saint plus fort que Pâques. J’ai de la peine à me dire que trois jours plus tard, il a été ressuscité.

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour
Depuis quelques années je vis vendredi saint plus fort que Pâques. Et j’en suis triste. L’horreur de la crucifixion est devenue plus présente que la joie de la résurrection. Je crois que c’est parce que je suis agnostique. La crucifixion est plus réelle et tangible que la résurrection. C’est facile de croire qu’un homme est mort torturé. Cependant, j’ai de la peine à me dire que trois jours plus tard, il a été ressuscité. Cela me trouble. Que pourrait, selon vous, m’aider?

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Franchement, vous n’êtes pas la seule, loin de là, à ne pas être très sensible à ces récits de résurrection. D’ailleurs, l’Evangile selon Marc, dans les manuscrits les plus anciens, se termine sur la peur des femmes devant le tombeau vide. Les récits d’apparitions n’ont été ajoutés que plus tard.

Ce qui vous aiderait, je pense, c’est de ne pas se sentir obligée dans ce domaine de la foi, de vos affinités en terme de récits bibliques, de messages, de rites, de façon de prier… Ni le monde ni Dieu n’a besoin de formater Aude pour qu’elle entre dans le moule du chrétien standard. Le projet est d’être vous-même, c’est pourquoi il est bon d’être vous même. Sincère et vraie. D’être réconciliée avec vous-même pour le laisser s’épanouir, s’élever, se développer. L’Evangile est génial pour cela car il pose comme base la confiance en Dieu, permettant la sincérité, d’être soi-même et d’essayer de fair ce que l’on peut avec bon cœur, avec sentiment de responsabilité personnelle.

Vendredi saint vous parle plus que la résurrection ? Et bien c’est parfait. Il y a là à méditer pour saisir combien la foi, l’amour, l’enthousiasme de cet homme était puissant. Cela peut tout à fait être inspirant.

Il faut dire que les messages pieux que l’on entend sur la résurrection, les appels à renoncer à comprendre devant « le grand mystère de la foi », cela me semble tout bonnement inacceptable.

Ce que l’on peut dire, je pense, du Christ ressuscité c’est qu’il est ressuscitant pour des personnes. Même cela est un peu trompeur car les mots « ressusciter », « résurrection » sont du patois d’église, dans le grec des évangiles il est question d’être éveillé, ou mis sur pieds. La question est de chercher ce qui nous éveille et nous met debout. Si c’est la croix plus que le tombeau vide, si ce sont les paraboles, ou les béatitudes, si ce sont les Psaumes qui vous inspirent : c’est parfait. L’idée fondamentale de Pâques, basée sur la Pâque juive, est celle d’une libération de la servitude, celle d’une mise en route. Ce serait quand même dommage de vous imposer d’entrer dans un moule.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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