Pour être en accord avec ma foi, je parle de Dieu à mon compagnon, mais cela le met en colère. Que faire ?

Par : pasteur Marc Pernot

signe un plus un égale coeur marqué sur le sable - Image par S. Hermann & F. Richter de Pixabay

Un amour bâti sur le sable ou sur le roc de la grâce ?

Question d’un visiteur :

Bonjour a vous je suis avec mon compagnon depuis 9 ans et aujourd’hui je met dieu en avant dans ma vie et mon souhait le plus chère et que mon compagnon me rejoignent et pour être en accord avec ma foi et dieu je lui parle se dieu mais il se met en colère il me dit ne pat être prêt pour le mariage et pourtant nous nous entendons bien Mais mon coeur a besoin que dieu soit le centre de ma vie et dans tous se qui m’entoure je me sens profondément perdu et ne sais plus quoi penser merci par avance et que Dieu vous bénisse merci

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Il me semble que votre compagnon a raison.

Bien sûr que cela le met en colère que vous lui parliez de Dieu. En effet, vous cherchez à le convertir pour être en accord avec votre foi à vous. Que diriez vous si, lui, vous faisait la publicité pour l’athéisme, disant que c’est mieux d’être athée que d’être croyant ? Vous trouveriez avec raison que c’est irrespectueux pour votre foi et donc manquant d’amour pour vous. C’est exactement la même chose de sa part. C’est donc un comble que dans votre couple, l’athée fasse preuve de plus de respect et d’amour que la chrétienne des deux !

Il sait que votre foi est importante pour vous : il vous voit lire la Bible, aller au culte ou à la messe. Cela suffit. S’il vous interroge sur ce que vous avez vécu le dimanche vous pouvez lui répondre avec joie, mais quand vous cherchez à le convertir, c’est nocif. Ce n’est pas mettre Dieu au cœur de votre relation avec cet homme puisque c’est un manque de respect pour lui. Et que Dieu est amour et que Dieu le respecte, lui, comme il est. C’est ce que l’on appelle la grâce. Aimer, c’est aimer l’autre tel qu’il est aujourd’hui. L’accepter comme cela.

C’est la façon d’être de Dieu manifestée en Christ qu’il est bon de mettre au cœur de sa propre façon d’être, de son cœur. C’est à dire l’amour. Ce n’est pas une étiquette de « chrétien » ou de baptisé, ou une croyance en Jésus, ou une participation à l’église. C’est une façon d’être, inspirée par l’amour et le respect de l’autre sans condition. C’est ce que dit Jean dans sa première lettre « quiconque aime est né de Dieu et connait Dieu », il met cela comme équivalent à confesser publiquement Jésus comme Fils de Dieu. Et Jean insiste pour dire que celui qui dit aimer Dieu et ne respecte pas son frère est un menteur. Car Dieu est amour.

Mais peut-être que l’on vous a enseigné qu’une personne comme votre compagnon n’est pas une personne sauvée ? Que Dieu l’approuve moins qu’une personne bien croyante et pratiquante (comme vous) ? Cela ressemble à ce passage où Jésus parle d’un pharisien fier de lui (Lu 18:9-12). Alors je pense que vous devriez ouvrir votre foi et votre pensée à une vision plus ouverte, plus aimante, plus inspirée par la grâce. Car ce genre de position étroite ne vous encourage pas à avoir un cœur d’amour et de respect de l’autre. C’est cette théologie étroite qui vous rend comme cela, intolérante avec la façon d’être de votre compagnon. Jésus n’était manifestement pas comme cela, il critique plus les intégristes de son époque que le centurion romain (adorant l’empereur de Rome comme son Dieu), ou la femme cananéenne, ou les samaritains. Il manifeste la grâce de Dieu, un amour sans condition, même pour ses ennemis. Si Dieu ne gardait que les « bons croyants », bien pratiquants comme il faut, alors son amour ne serait plus de l’amour mais un marchandage, avec une menace de mort pour bien nous motiver ! Quelle horreur, quel horrible tyran serait un père, une mère qui serait comme cela avec son enfant ! Quel monstre serait ce Dieu là.

Je pense que vous devriez remercier votre compagnon d’avoir cette ouverture, ce respect pour vous et pour votre foi qu’il ne partage pas, vous pourriez vous excuser auprès de lui de votre manque de respect passé pour sa propre façon d’être et d’espérer, vous engager auprès de lui à le respecter comme il est, sans chercher à le rendre autre que lui-même.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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