Extrait d"un tableau de Spitzweg représentant un bibliothécaire
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Dieu nous considère inconditionnellement comme ses enfants, par choix et par amour. Cet article explore les trois dimensions de cette filiation — source de vie, adoption et engendrement spirituel — et met en lumière l’invitation de Jésus à accueillir le Royaume de Dieu avec la confiance et la soif d’apprendre d’un tout-petit, afin de grandir en liberté.


Nous sommes enfants de Dieu

Dieu nous considère de toute façon comme son fils ou sa fille chéri, même une personne qui lui tourne le dos.

Cela pour plusieurs raisons :

  1. Dieu est la source de la vie, à ce titre, il est déjà notre parent et nous sommes son enfant, puisque nous sommes vivants.
  2. Dieu nous adopte, comme le dit l’apôtre Paul dans ce passage bouleversant (à mon avis) : « Vous n’avez pas reçu un esprit d’esclavage, qui ramène à la crainte, mais vous avez reçu un Esprit d’adoption filiale, par lequel nous crions : Abba ! — Père ! » L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » (Romains 8:15-16) Adopter un enfant n’est pas une nécessité qui s’impose à quelqu’un, c’est vraiment un choix. C’est par amour.
  3. Dieu nous engendre encore maintenant, c’est en tout cas son espérance. Un enfant adoptif n’a pas tellement de raison de ressembler à son père ou à sa mère. Mais là, non seulement Dieu nous a adoptés définitivement, mais en plus il nous engendre par son Esprit, par son souffle créateur, par sa Parole. C’est sur le plan spirituel et moral. C’est ainsi que nous pouvons devenir, jour après jour, un petit peu plus à son image. C’est de cet engendrement que parle Jean dans l’Évangile : À tous ceux qui l’ont reçue (la Parole créatrice de Dieu), elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu — à ceux qui mettent leur foi en son nom. Ceux-là sont nés, non pas du sang, ni d’une volonté de chair, ni d’une volonté d’homme, mais de Dieu. La Parole est devenue chair ; elle a fait sa demeure en nous, et nous avons vu sa gloire, une gloire de Fils unique issu du Père ; elle était pleine de grâce et de vérité. » (Jean 1:12-14)

Voilà donc au moins trois raisons qui font que nous sommes enfants de Dieu.

Accueillir le Royaume comme un enfant

L’idéal pour nous est d’être devant Dieu comme un de ses enfants, un tout petit enfant. C’est ce que nous dit Jésus dans cette curieuse parole : « Amen, je vous le dis, quiconque n’accueillera pas le Royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera jamais. » (Marc 10:15). Ce n’est évidemment pas du chantage, ni une menace, car ce n’est pas le genre de Jésus et ce n’est pas par la peur que Dieu cherche à nous faire avancer. Au contraire, Jésus nous dit à tous que le Royaume de Dieu est proche de nous, grand ouvert, et que nous pouvons y entrer immédiatement, c’est son message essentiel (Matthieu 10:7). Dans ce passage où Jésus bénit des enfants, Il nous montre la porte du Royaume, il nous donne la clé pour y entrer : il suffit de le recevoir comme un petit enfant. Pourquoi ?

Une soif d’apprendre et de progresser

Jésus nous propose d’être comme un enfant, même si nous avons 115 ans, ou plutôt il nous propose d’avoir certaines qualités qu’ont les enfants (on n’est pas forcé d’imiter leurs défauts). Qu’y a-t-il de formidable dans un petit enfant ? C’est qu’il a soif d’apprendre, de progresser, de devenir grand. Un enfant sait aussi qu’il a besoin des parents (même s’il les trouve parfois gênants sous certains aspects). Se sentir, se placer comme un enfant devant Dieu est vraiment une mentalité favorable pour nous : c’est avoir un juste rapport qui favorise le fait de laisser Dieu poursuivre notre engendrement. C’est exactement cela, être dans le Royaume de Dieu maintenant ; c’est le fait que Dieu agit en nous pour créer et faire grandir son enfant en nous, développer nos propres capacités à être libres, à être créateurs à notre façon, selon nos talents, selon notre sensibilité, notre génie propre et l’occasion qui se présente.

Jésus, un exemple inspirant de filiation

Quand l’Évangile nous dit que Jésus est le « Fils de Dieu« , cela nous le présente non pas comme d’une autre nature que nous, mais comme un exemple inspirant. Lui-même se considère comme notre frère et que Dieu est son Père et notre Père (Jean 20:17).

En quel sens Jésus est-il le Fils unique ?

En quel sens alors Jésus est-il « le Fils unique » (Jean 3:16) ? Pour Dieu, chacun de ses fils et filles est unique en son genre et Jésus a de plus une vocation tout à fait unique d’être le Christ. De plus, il incarne une humanité aboutie, pleinement engendrée, alors que personnellement, je pense avoir encore du chemin à faire… C’est ainsi que l’on dit aussi que Christ est le Fils premier-né d’un grand nombre de frères et de sœurs : « Ceux que Dieu a connus d’avance, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils, pour qu’il soit le premier-né d’une multitude de frères et sœurs. » (Romains 8:29)

pasteur Marc Pernot

Cet article est extrait de notre dictionnaire des Mots qui piquent (niveau 3), Voir aussi le Petit Dictionnaire de Théologie (niveau 2), les Définitions de base (niveau 1), et les Notions (niveau 4).

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