Dürer : portrait de sa mère âgée. Il l'adorait, et voyait en elle une si bonne personne, tellement courageuse dans une vie très dure.
Question

Résurrection de la chair, crémation et justice divine : quelle espérance chrétienne ?

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Question d’une visiteuse :

« Monsieur le Pasteur,
Quelle résurrection de la chair ? Pouvez-vous m’éclairer sur ce que l’on peut entendre par ce dogme primordial du Crédo, alors que les corps disparaissent soit par crémation soit par dissolution ?
Existe-t-il un grand écart entre la miséricorde divine, bonté infinie, et la justice promise au jugement dernier ?
« Beaucoup d’appelés et peu d’élus » : cette formule n’est-elle pas contradictoire ?
P.-S. En écoutant J.-S. Bach, n’est-ce pas merveilleux ? »

Comprendre la résurrection de la chair : corps matériel ou corps spirituel ?

Chère Madame,

Grand merci pour votre question. Bravo de chercher, de creuser et d’espérer.

En ce qui concerne la résurrection de la chair, il est vrai que, vue sous un angle purement matériel, elle semble difficile à envisager, notamment en cas de crémation ou de dissolution. Cependant, ce dogme prend tout son sens si l’on comprend l’enseignement de l’apôtre Paul dans la Première Épître aux Corinthiens (chapitre 15) : il ne s’agit pas de la résurrection du corps matériel, mais de la naissance d’un corps spirituel, d’un corps glorieux ou céleste.

Cela signifie que nous ressuscitons en tant qu’individu personnel. Notre chair porte les marques de notre histoire unique, et ces empreintes peuvent être conservées, pourvu que la bienveillance divine transforme et guérisse ce qui a pu être douloureux dans notre parcours.

Une foi ancrée dans le présent avant tout

Bien des chrétiens ne sont pas persuadés qu’il existe une vie après la mort, et c’est leur droit. Nous verrons bien en temps utile. L’Évangile nous invite surtout à vivre pleinement maintenant, dans ce monde, une existence profonde, fidèle, intense, sincère et vraie par la foi en Dieu. Cette vie spirituelle et authentique est plus forte que la mort. C’est une démarche doublement féconde : certaine pour notre vie présente et bienveillante pour l’avenir.

La justice divine et la parabole des invités

La justice de Dieu n’est pas une sélection éliminatoire des individus. Une bonne mère de famille ne fait pas le tri parmi ses enfants en abandonnant les moins performants ! La justice de Dieu est une grâce active qui rend juste la personne, la soigne, l’encourage et suscite le meilleur de chacun.

Concernant la formule sur les « nombreux appelés et peu d’élus », vous pouvez consulter la prédication sur la parabole des invités aux noces que j’ai proposée récemment.

La musique de Bach, écho du divin

Quant à Jean-Sébastien Bach, il a été appelé à juste titre le « 5e évangéliste ». Felix Mendelssohn affirmait même que Dieu pouvait lui dire merci, car la musique de Bach était une preuve vibrante de l’existence de Dieu !

Que Dieu vous bénisse et vous accompagne.

Par : Marc Pernot, pasteur à Genève

À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de la notion de Chair, voir l’article dédié dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.

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Un commentaire

  1. Marcelle dit :

    Bonjour, je viens de lire votre article, et il m’a fait du bien.
    Je venais d’assister à une conférence qui m’a perturbée.
    Votre vision de la résurrection du corps spirituel me rassure.
    Dommage que là où j’habite il n’y a pas votre église.
    Sincères salutations

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