Extrait d"un tableau de Spitzweg représentant un bibliothécaire
Dictionnaire de théologie

Communion – Sainte Cène – Eucharistie

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La communion, également nommée Sainte-Cène ou Eucharistie, est un geste symbolique fort. Il rappelle le dernier repas du Christ et matérialise le don spirituel offert par Dieu, ainsi que le rassemblement d’une communauté nourrie par la confiance. Au-delà des différences de vocabulaire, ce repas partagé offre à chaque être humain la possibilité de vivre une relation renouvelée et engagée au quotidien.


La communion est un des deux sacrements (l’autre est le baptême). Il consiste à prendre un peu de pain et de vin avec les autres participants du culte. On appelle ce repas de différents noms selon le sens que l’on désire privilégier, mais chacun des sens de ce geste est important :

Les différents noms de la communion et leur signification

  • Communion, sous-entendu « communion avec le Christ », avec sa vie, ses paroles et son Père (Dieu). Pour les chrétiens, le Christ est présent, même si les façons de comprendre cette présence divergent un peu. Pour les protestants, il s’agit d’une présence spirituelle, Christ ayant promis d’être avec nous (Matthieu 18:20 et Matthieu 28:20).
  • Sainte-Cène, par référence au dernier repas de Jésus avec ses disciples, juste avant d’être exécuté. (Cène voulant dire repas en latin). En nous souvenant de ce repas, nous sommes comme rassemblés par le Christ avec ses premiers disciples (voir les textes Matthieu 26:26, Marc 14:22-25; Luc 22:15-20, 1Corinthiens 11:23-26)
  • Repas du Seigneur. C’est ainsi que la première génération de chrétiens appelait ce geste. Le Repas du Seigneur, c’est le repas que l’on prend dans le paradis à la table du Messie. Par le Christ, nous sommes ainsi déjà en partie mais réellement dans la vie éternelle, même si nous sommes encore sur terre.
  • Eucharistie. Ce mot grec signifie « remerciement », sous-entendu remerciement à Dieu pour tout ce qu’il nous donne.

Dans les églises protestantes, on parle plutôt de « Communion » ou de « Sainte-Cène« , dans l’église catholique, on parle plutôt de « Communion » ou d' »Eucharistie« .

Le double sens de la communion : don de Dieu et réponse humaine

La Communion est un geste qui dit deux choses qui se complètent :

  • Le don que Dieu nous fait en Christ (à travers le pain et le vin qui sont offerts). Le pain évoque la Parole de Dieu qu’incarne le Christ. Le vin évoque la vie que le Christ nous donne, et la joie intérieure qui va avec.
  • La foi de la personne qui prend et mange ce que Dieu lui offre, exprimant ainsi son désir de vivre de plus en plus en communion avec Dieu grâce au Christ.

Une dimension à la fois individuelle et communautaire

La communion a ainsi une dimension individuelle importante, elle est un rappel du baptême (signe de la vie que Dieu nous donne par amour) et un renouvellement de notre profession de foi (toujours à approfondir). La communion a également une dimension communautaire, car l’ensemble des êtres humains en communion avec le Christ est comme un corps dont le Christ serait la tête (1 Corinthiens 12).

Un rassemblement spirituel et un envoi au service des autres

En général, ce geste n’est pratiqué qu’au cours d’un culte public. Mais il arrive que l’on apporte la communion à une personne isolée. Ce côté communautaire nous fait participer à ce repas que Jésus a pris avec ses plus proches disciples avant de nous passer le flambeau pour la suite du travail pour le salut du monde. Dans l’Évangile selon Jean 13, la communion n’est pas rappelée mais elle est remplacée par le geste symbolique de Jésus qui lave les pieds de ses disciples, nous appelant aussi au service des autres, à sa suite. C’est important aussi pour le sens de ce geste, il est aussi un envoi en mission dans le monde (selon nos moyens, bien entendu).

L’invitation universelle du Christ

C’est le Christ qui nous invite à sa table, et il invite chaque personne sans distinction : en signe de cette parole de Jésus « Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi ! » (Jean 6:37), toute personne qui le désire peut participer à la Communion en signe de son désir de vivre de ce que Dieu nous donne en Christ. D’ailleurs Jésus a bien donné, en connaissance de cause, le pain de la Cène à Judas qui le trahissait : c’est conforme à l’Évangile : Jésus expliquant qu’il était venu pour les personnes dont la foi et les œuvres sont problématiques (Matthieu 9:13), et que s’il existait une personne parfaitement juste, elle n’aurait pas besoin de lui.

La communion : entre rassemblement universel et sensibilités ecclésiales

Ce geste de la communion devrait logiquement rassembler tous les humains, en particulier tous les chrétiens. Mais les humains ont inventé des raisons d’exclure d’autres de leur service de Communion. Cela peut sembler surréaliste, et ça l’est, mais cela révèle que ce geste a une puissance importante pour la foi et la vie de bien des fidèles, et qu’ils sont par conséquent un peu chatouilleux sur ce point. Il y a mille petits sujets de divergences qui peuvent devenir ainsi une montagne, en particulier cette question qui a beaucoup fait couler d’encre (et de sang) : la manière dont le Christ est présent : spirituellement ou substantiellement ?

Certaines personnes sont très sensibles à ce geste, comme à une parole d’Évangile qui les frappe au cœur, une proclamation de l’Évangile du Christ sensible au corps, que l’on touche et que l’on goûte, que l’on assimile, avec en plus d’autres personnes rassemblées. Certaines personnes ne sont par contre pas très sensibles à ce geste, elles ne sont pas du tout obligées de communier et cela ne fait d’elles des personnes moins chrétiennes.

pasteur Marc Pernot

Cet article est extrait de notre Petit Dictionnaire de Théologie (niveau 2), voir aussi les Définitions de base (niveau 1), les Mots qui piquent (niveau 3), et les Notions (niveau 4).

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Une piste de réflexion (Méditation)

Études

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2 Commentaires

  1. Amandine dit :

    Pourquoi faut-il être baptisé pour participer au repas du Seigneur ? Si nous vivons et croyons qu’il est mort pour nos péchés, l’avons reçu comme notre Seigneur et Sauveur.

    1. Marc Pernot dit :

      Bonjour Amandine,

      Dans notre église, toute personne est invitée à participer à la Cène (Communion), sans conditions.

      En effet, Jésus lui-même a dit : « Je ne mettrai‭‭ pas‭ dehors‭ celui qui vient‭‭ à‭ moi‭. » (Jean 6:37)

      Il n’y a donc aucune condition, ni de baptême, ni d’être connu par la paroisse, ni de croyance de la personne, ni de façon de vivre.

      C’est pour cela d’ailleurs que l’on appelle la communion un « sacrement ». Car un sacrement est par définition un signe visible de la grâce de Dieu. Or, la grâce est sans condition, elle n’a pour cause que l’amour de Dieu qui nous aime et nous appelle. Par conséquent, il est tout à fait normal que l’accueil à la communion soit sans aucune condition.

      Quand une personne prend le pain et boit dans la coupe, elle répond à cette grâce de Dieu qui l’appelle, elle aussi. La personne qui prend le pain et le mange, boit dans la coupe, pose ainsi un geste de foi, c’est un « oui » à Dieu, à ce qu’il nous offre comme salut en Christ. Jésus lui-même nous apprend donc que jamais il ne refusera un quelconque geste de foi d’une personne. Il le dit et il le montre quand il donne directement de sa main le pain de la communion à Judas qui le trahissait. C’est un signe significatif. Commande, donc refuserions-nous d’accueillir à la communion une personne ? Alors que Dieu la regarde comme son enfant bien-aimée.

      La communion est faite pour les pécheurs que nous sommes. C’est une nourriture pour nous aider à progresser, à cheminer vers le Père avec l’aide de Jésus-Christ.

      Dieu vous bénit et vous accompagne.

      Marc

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