Dieu ne serait-il pas créé par l’homme par désir de toute puissance, ou de l’immortalité ?

une vague sur la mer, dorée par le soleil - Image par ma13gann de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Merci pour votre site que je découvre ce soir grâce à un couple d’amis. Merci pour toutes ces questions que l’on vous a posées et que vous osez publier ainsi que celles que vous proposez lors de vos temps de réflexion comme « on dit que Jésus est Dieu, qu’en penses-tu » ? « que Jésus est mort pour nous » ? « que Dieu a un plan pour nous » ? etc..

Le doute est devenu si fort en moi sur ces questions. Merci de dire que le doute fait partie de la foi. Merci de comprendre que cela reste dans un esprit de justice et d’amour, d’honnêteté. il me semble tellement « temps » d’oser se poser ces questions pour rejoindre tous nos frères et soeurs en humanité.

Je pense, en effet, que si Jésus n’est pas le fils de Dieu (mais n’en est pas moins un très grand humaniste), il est temps de le reconnaître avec tact et bonté vis à vis de nos frères chrétiens car il me semble que nous contribuerons ainsi à apaiser certains fanatismes en apaisant les « complexes » que nous pouvons donner à nos frères musulmans par exemple en disant que Jésus est fils de Dieu. Cela me parait aujourd’hui quelque peu « prétentieux » et pas sérieux.

Ma question est surtout la suivante : Dieu ne serait-il pas créé par l’homme qui a besoin d’une toute puissance, d’un Père et ou d’une Mére, face aux épreuves et à la mort. Et la Résurrection ne serait-elle pas indirectement une réponse au rêve de l’immortalité ?

Merci encore.

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame

Quel bel encouragement vous m’offrez ainsi, avec tant de bienveillance !

A vrai dire, la notion de toute puissance de Dieu est présente dans la Bible, mais pas tant que cela, elle est bien souvent remise en question par les textes. La Bible présente un Dieu puissant, un Dieu aimant et accompagnant les humains, ça oui, mais de « TOUTE puissance », il est question littéralement que pour parler de l’horizon de l’histoire. Je pense que c’est surtout dans le développement du christianisme que cette conception a été développée, en parallèle du développement de l’église en tant qu’institution, et de sa hiérarchie. Aussi, je me pose la question si ce n’est pas cela qui est le cœur de ce développement de l’idée de TOUTE-puissance de Dieu : un levier pour que les chefs d’église tiennent mieux en main la conscience des fidèles, et pour les puissances politiques comme légitimant leur pouvoir absolu.

En remontant au meilleur de la Bible, nous nous libérons de cette oppression, je pense que c’est ce que cherche en tout cas à faire le protestantisme en encourageant chacun à lire et interpréter par soi-même la Bible et à prier Dieu en confiance dans son intimité secrète.

Quant à la résurrection, elle a principalement une place dans la Bible pour parler d’un éveil à la vie profonde et vraie dans le présent, et parle en réalité fort fort peu de la vie future. Tout au plus quelques versets dans les 1300 pages. Presque pas un mot là dessus dans l’Ancien Testament. Jésus ne parle de la vie future que très rarement et en réponse à une question, pour le reste, il présente la « vie éternelle » et « le royaume des cieux » comme quelque chose à vivre dans le présent. Paul parle effectivement de la vie future mais il dit aussi que notre résurrection est déjà passée, et il poursuit par un appel à vivre en conséquence… Mais ce que vous dites sur la question que se pose l’humain face à la mort est exact, et remonte aux temps préhistoriques, mais précisément, la Bible cherche à nous aider à nous concentrer sur la qualité de la vie présente. Et c’est très très précieux.

Certains athées, dont c’est le grand argument, tentent de dire que l’idée de Dieu est une invention humaine pour se rassurer face à la peur de la mort. Cela me semble d’abord peu sympathique d’attaquer la foi de quelqu’un qui ne fait de mal à personne à cause de cette foi. Ensuite, cela ne me semble pas un argument logique : on pourrait dire de la même façon que nous avons inventé l’idée farfelue d’une substance invisible que nous inspirons à cause de notre angoisse devant le vide… Leur argument n’apporte en rien quelque indice que ce soit sur l’inexistence de Dieu. S’ils n’y croient pas et ne veulent pas y croire c’est bien leur droit. Il est possible de ne pas aimer la soupe sans cracher dans celle des autres…

Pour ce qu’il y a au-delà de la mort (ou pas) nous verrons bien. Et je ne suis pas spécialement pressé de le savoir, ayant la vie présente à vivre.
Quant à l’immortalité, je ne sais pas. Cela doit être un peu long, surtout sur la fin (comme l’aurait écrit Kafka)… non sérieusement : je ne pense pas que ce soit particulièrement rassurant de penser qu’il y a encore de la vie dans l’au-delà, car c’est toujours difficile de vivre, par définition vivre est fait de changements et des défi à surmonter, et donc si le futur est de la vie, cela risque d’être bien plus difficile à vivre que le néant imaginé par certains. Donc, je ne sais pas quel est le plus rassurant ? La vie future ou le néant futur ? Mais est-ce un argument en faveur de l’un ou de l’autre ? Je ne pense pas. De toute façon nous n’avons pas le choix, nous verrons bien, et en attendant nous avons une vie à vivre.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Si vous voulez, vous pouvez voir aussi, dans le petit dictionnaire de théologie :

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