L’existence du bien est plus extraordinaire que celle du mal : faire naître et grandir un être libre et capable d’aimer demande des années et de nombreuses présences, quand un instant suffit à détruire. Le second principe de la thermodynamique va dans le même sens — livrée à elle-même, la nature tend vers la dégradation. Le bien apparaît comme une merveille improbable, dont Dieu est la source première ; chercher ce qui, en nous, augmente le bien revient à se tourner vers lui.
Le bien, plus extraordinaire que le mal
Comme j’ai mis un article sur la traditionnelle question de l’existence du mal et de la souffrance dans le monde, il m’a semblé important de mettre quelque chose sur la question de l’existence du bien. L’existence du bien dans l’univers est beaucoup plus extraordinaire que l’existence du mal. En effet, les choses ne sont pas du tout symétriques :
- Pour créer un être humain un petit peu libre et capable d’aimer, il faut des dizaines d’années de travail et des centaines de participants actifs dans son développement.
- Pour tuer un être humain, il suffit d’une tuile qui tombe d’un toit, ou d’une défaillance d’un des organes vitaux pendant quelques instants, ou d’un misérable doigt qui tire sur une gâchette.
L’existence du bien est ainsi une réalité infiniment plus extraordinaire que l’existence du mal. L’existence du bien est un miracle.
Ce que confirme la science : l’entropie
C’est ce que confirme la science. L’entropie est une grandeur mathématique mesurant le degré de désordre de l’énergie d’un système. Le second principe de la thermodynamique dit que dans tout système isolé, l’entropie (S) ne peut qu’augmenter ou rester constante, autrement dit ΔSisolé ≥ 0. En français courant, cela dit que la nature va plutôt dans le sens de la dégradation, elle n’a pas tendance à s’organiser toute seule. Le bien est une merveille improbable.
Dieu, source première du bien
Par définition, Dieu est la source première du bien, et le bien est ce qui va dans le sens de Dieu. Le bien, c’est la vie, c’est la bienveillance, la fidélité, et tout ce qui va dans ce sens. C’est vraiment une bonne nouvelle que nous puissions nous-mêmes être source de bien.
Certains doutent de l’existence de Dieu en tant que « personne ». Il est néanmoins bon de chercher ce qui, dans notre existence, est source d’augmentation du bien, de diminution de l’entropie, de la division, de la dégradation : ces sources de miracles, petites ou grandes, sont une assez bonne définition de Dieu. On peut alors se recentrer sur ces sources comme nous nous tournons vers Dieu. C’est loin d’être une démarche inutile, au contraire.
Cet article est extrait de notre Petit Dictionnaire de Théologie (niveau 2), voir aussi les Définitions de base (niveau 1), les Mots qui piquent (niveau 3), et les Notions (niveau 4).
Pour aller plus loin sur ce thème
Des pistes de réflexion (Prédications & Méditations)
- Prédication : Théodicée – Dieu est bon, pourquoi le mal ? (Ésaïe 42:1-10)
- Prédication : Un bon berger et une porte pour les brebis (Jean 10:1-21 – Paraboles de Jésus selon Jean 1/2)
- Prédication : Passons en mode guerriers, d’une belle façon, nous dit l’apôtre Paul (Éphésiens 6:10-19)
- Prédication : Nous sommes doués pour le bonheur (Genèse 2:7-8 ; Psaume 1er ; Matthieu 5:3-12)
- Prédication : Se réjouir de bien faire et de se faire du bien (Ecclésiaste 3:1-14)
- Méditation : « Malheur ! Ils déclarent bien le mal, et mal le bien… et inversement » (Ésaïe 5:20)
- Méditation : « Lorsque le bon grain eut poussé et donné du fruit, l’ivraie parut aussi. » (Matthieu 13:26)
- Méditation : « On t’a fait connaître ce qui est bien : c’est que tu pratiques la justice… » (Michée 6:8)
Études
- Le bien et le mal sont-ils vraiment symétriques ?
- « Je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas. » (Élisabeth Parmentier)
- Confession de foi : Je crois que Dieu peut et veut faire naître le bien (Dietrich Bonhoeffer)
