Pourquoi le Dieu de la Bible est-il si contradictoire ? Bon, Amour, miséricordieux, mais il rejette, et envoie en Enfer !!!

Par : pasteur Marc Pernot

jeune femme souriante, se retourne, éclairée par un rayon de soleil - Photo by Gian Cescon on Unsplash

Oui, Dieu est joie, amour, lumière. C’est uniquement ce qui nous tire vers le bas qui peut trembler.

Question d’un visiteur :

Épître aux Hébreux, chapitre VI, versets 4 à 6. Ces versets me mettent en colère. L’apostasie, un péché impardonnable ? Pourquoi Dieu est-il si contradictoire ?

Bonjour,
Je suis une catholique qui se pose beaucoup de questions, et qui viens les poser ici car elle a trouvé certaines de vos réponses fort intéressantes et sensées.Vous faites, je trouve, un travail magnifique, et je vous en remercie.

Ma question principale est celle-ci :Pourquoi le Dieu de la Bible est-il si contradictoire ? La Bible, censée être Sa parole, dit sur Lui tout et son contraire. Bon, Amour, miséricordieux, mais Il rejette, et envoie en Enfer, d’après mon Église, tous ceux qui ne croient pas en Lui , refusent de rester en L’Eglise. La preuve en est ces versets bibliques de St Paul qui décrivent l’apostasie comme une faute impardonnable, qui ne connaît pas de rédemption. Or, il y a un tas de raison pour lesquelles des chrétiens se retrouvent à renier et rejetter leur foi.Circonstances de la vie, désillusion, expériences traumatisantes avec des églises qui jugent et condamnent… On peut lire là dessus, sur Internet, une quantité impressionnante de témoignages.Certes, c’est triste, ces personnes ne connaissent plus le soutien qu’apporte dans la vie la foi, mais cela n’empêche pas ces personnes d’être des gens très biens. Moi-même, parmis mes plus proches parents et amis, se trouvent des personnes formidables ayant été élevées dans la foi catholique, mais étant aujourd’hui devenues agnostiques, voire athées. Un Dieu qui rejetterait ces personnes, et les priverait de la vie éternelle,ce ne serait pas ce que j’appelle un Dieu d’amour. Je n’appellerai pas non plus ainsi un Dieu qui rejetterait toute personne n’ayant pas crû en lui dans leur vie. Ce serait plutôt une espèce de tyran cruel, vindicatif, jaloux et narcissique. De plus, si Il voulait réellement que le monde entier croit en Lui, Il pourrait s’arranger pour toucher tout le monde par la foi, de manière équitable, non ? Un journaliste, dans un article d’ailleurs fort virulent sur la religion, faisait justement remarquer que si l’humanité presque entière connaissait le logo Coca-Cola, Dieu pourrait Lui aussi donner la foi à tous.
Le christianisme, et en particulier le catholicisme,s’appuyant sur de tels versets, a longtemps été la religion de la peur plutôt que celle de l’amour, et un nombre important de ses membres en ont encore cette conception. La vie éternelle serait, d’après eux, réservée aux bons petits chrétiens qui vont bien à la messe tous les dimanches, et à la confession régulièrement(je caricature, évidemment , cela ne concerne pas l’intégralité de l’Eglise, je le sais bien. J’y ai rencontré des gens qui ne semblaient être qu’amour et bonté. Le prêtre de ma paroisse, un homme formidable, disait souvent que le Seigneur est Amour Infini.Pourtant, ces versets sont là. )

Cela suffit ! On ne peut pas croire à la fois en un Dieu d’Amour et un en un Dieu qui rejetterait les pêcheurs qui ne se confessent, voire ne se repentent pas dans leur vie terrestre, les gens qui ne croient pas en lui, ceux qui ont arrêtés de croire en lui, les homosexuels en couple(encore une doctrine de mon Église avec laquelle je ne suis point d’accord. L’amour n’est-il pas toujours béni par le Seigneur ? Par ailleurs, la sexualité a toujours été fort mal considérée par , et encore aujourd’hui gêne beaucoup L’Eglise Catholique. Le péché de chair, le péché de chair… Si « faire l’amour » a un but uniquement procreatif, et si toute autre conception est un péché, pourquoi le Créateur m’a-t-il dotée d’un clitoris ?Pour me faire souffrir, me tenter ? Bref, je m’égare, c’est une autre question, bien qu’assez préoccupante elle aussi. )…. La liste est longue.

Pourtant, voilà, ces versets sont bien là, et ils ne sont pas seuls (« craignez Yavhé »… « Dieu séparera les justes des méchants »Déja, qui peut se prétendre 100%juste ou méchant ? Et les gens méchants, existent-ils seulement ? N’y aurait-il surtout pas des gens très stupides ou très malheureux, ou les deux ? … Afin que tous ceux qui CROIENT en moi soient sauvés »…Je ne les connais plus précisément, mais il y en a pas mal), et on ne peut ignorer leur existence. Que faire ? Dois-je redouter de me retrouver potentiellement(vu les conditions, il y a bien peu de chances) pour l’éternité, après ma mort, en compagnie d’un cruel tyran ? En ce cas là, je vous le dit franchement, je préfère brûler éternellement en enfer, en compagnie de mes frères les êtres humains ! Je dois vous avouer que je suis un peu perdue. Merci d’avance pour votre réponse. Bien à vous,

Une jeune catholique en quête de sens

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Je suis bien d’accord avec vous.
La question est parfaitement posée, et je partage votre indignation sur la manière dont l’Evangile (c’est à dire la Meilleure des Nouvelles) du Christ est maltraitée pour en faire un avertissement terriblement angoissant, poussant le fidèle sincère à agir par la peur et en pensant à son petit salut à lui, au lieu d’agir par enthousiasme pour le bien, par amour.
A mon avis, vous avez bien cité la clef de la solution quand vous dites : « Déjà, qui peut se prétendre 100%juste ou méchant ?« 
Cela, comme vous le dites est la base. C’est un « Déjà » à prendre comme prémisse à une réflexion théologique, mais aussi dans notre regard sur une personne, et sur l’humanité.
  • Les versets parlant de l’élimination des méchants nous concerne donc, tous, chacune et chacun.
  • Et les versets qui parlent du salut des justes nous concerne donc, tous, chacune et chacun.
Les deux.
Et donc ces passages nous annoncent bien l’amour de Dieu, car c’est ainsi que nous le faisons naturellement quand nous aimons quelqu’un, nous gardons le meilleur et nous passons par dessus ce qui est méchant.
De plus, Dieu ne se contente pas ainsi de faire le tri, il nous voit dans un déploiement possible et espéré du meilleur de nous-même. Il garde ce qui est bon et ce qui est potentiellement prometteur.
Il y a peut-être du non récupérable, comme certaines blessures anciennes terribles qui font abominablement souffrir, au point de tirer la personne vers la mort. Pour ce genre de manifestation en nous, peut-être, pourrait-on appliquer les versets sur les péchés mortels ?
En tout cas, je suis bien d’accord avec vous qu’il est absolument essentiel d’éliminer tout ce qui pourrait nous faire penser que Dieu serait un cruel tyran.
Et oui, bien entendu que la joie du corps est un don de Dieu, une bénédiction. Là aussi, les conséquences d’une mauvaise théologie sont terribles. Cette théologie qui dit que le plaisir sexuel serait sale, serait impur, et qu’il serait plus pur, plus élevé de ne pas connaître le plaisir. Cela engendre une somme de culpabilité terrible, lui donnant un rapport faussé avec lui-même, car effectivement, le fait d’avoir du désir serait alors le signe de notre mauvaise nature ? Le fait d’avoir un organe qui a pour seule fonction le plaisir sexuel serait le signe que le corps serait pécheur de par sa propre constitution ? Tout cela a des conséquences néfastes. Comem le fait de soutenir que l’acte sexuel ne serait acceptable qu’à condition d’une possible procréation. C’est épouvantable car cela est infamant pour les couples stériles, pour quelque raison que ce soit. Et cela pousse des couples à avoir des enfants alors même qu’ils n’en aurait peut-être pas fait s’ils n’y étaient pas obligés de la sorte. C’est très cruel, pour le couple, et pour l’enfant à naître. Et cela est tout à fait nocif quand à la notion même de fécondité humaine. Elle est bien plus large, diverse que la procréation. C’est ce qui est extraordinaire avec l’humain, c’est qu’il a ce double don de la liberté et de l’action, cela lui permet de chercher sa vocation, quelle fruits il pourrait faire profiter le monde autour de lui. C’est ainsi pour chaque personne et c’est ainsi pour le couple, qui a aussi une vocation à porter des fruits en tant que couple, peut-être que cela comprend le fait de faire un enfant, de l’élever et l’aimer, peut-être que ce sera autre chose, en tout cas il y a celle de participer autant que faire se peut à l’épanouissement de ce conjoint qui nous est confié.
En tout cas, il y a une vocation essentielle que vous assumez d’une belle façon, c’est celle de chercher avec la tête, avec le cœur, avec la foi en Dieu. Et d’avancer ainsi. Je suis persuadé que cela vous apportera énormément, à vous, à votre entourage.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Réponse du visiteur :

Re-bonjour monsieur,
Je vous remercie éperdument pour votre réponse, si rapide, si sensée, si éclairée et si remoralisante ! Vous me permettez de revoir en quoi la nouvelle de l’Evangile est une Bonne Nouvelle.

Quand à l’apostasie, ce n’est donc clairement pas pour moi un « péché mortel », qui entraîne immanquablement la personne vers la mort . Si être vivant signifie entre autres, aimer son prochain comme soi-même(qui est l’un, je dirai peut-être même le commandement fondamental de l’Evangile), il me suffit de regarder toutes les personnes autour de moi ayant quitté la religion,mais ayant toujours « le cœur sur la main »pour m’en apercevoir. Évidemment, c’est triste pour ces personnes, elles perdent le soutien de la foi, mais pour moi, par leur amour, elles vivent encore en Dieu, même inconsciemment (il y a un verset biblique qui m’a toujours beaucoup touchée-je crois que c’en était un de St Jean-qui disait :Quiconque vit dans l’amour vit en Dieu et Dieu vit en lui. Retranscription approximative.)

Je vous remercie encore et toujours de votre réponse. Depuis que je suis en capacité, je ressens la nécessité de réfléchir à la foi par moi-même (je suis encore adolescente, cela ne date pas d’il y a longtemps), j’avais du mal avec la notion du Jugement dernier, qui me paraissait affreusement radical, élitiste et définitif. On m’avait toujours répété que rien en ce monde n’était tout blanc ou tout noir, et je ne comprenais comment le Seigneur pouvait décider qui était juste et qui ne l’était pas, surtout en tenant compte de toutes les circonstances atténuantes de la vie, qui peuvent conduire un être humain à commettre des atrocités. Votre explication a rendu tout cela beaucoup plus limpide, et m’a redonné la joie d’être chrétienne. Je vous souhaite une bonne continuation. Merci beaucoup ,

Réponse d’un pasteur :

Génial !

En fait :

  1. la Bible s’exprime souvent d’une façon comparable aux films américains, par exemple avec le super gentil héros et le super horrible méchant, les deux étant une figure de ce que nous sommes tous plus ou moins, en proportion différentes et de façons personnelles. Personne n’est parfait, et s’il existe des criminels abominables, il est possible qu’une fois où l’autre ils aient quand même du pas si méchant en eux (j’ai été aumônier d’une prison de longues peines pendant des années).
  2. Seuls les extrémistes associent leur camp à celui des justes, et associent les autres au camp du mal. D’une façon distincte.

C’est une question de structure de pensée, de logiques différentes. C’est très difficile de passer d’une façon de penser nuancée à une façon de penser contrastée (cela semble insupportable), et inversement c’est très difficile de passer d’une façon de penser contrastée à une façon de penser nuancée (cela semble être un relativisme faisant s’écrouler tous les repères). C’est pourquoi, je pense qu’il faut de la compassion pour un ami qui n’a pas la même logique (par exemple sur le plan de la foi, de l’écologie, de la politique… ). Et ce n’est souvent pas très utile de dépenser de la bonne énergie à débattre trop longtemps avec une personne ayant une structure de pensée trop différente en essayant de la convaincre d’avoir une autre façon de voir. En plus de mettre une mauvaise ambiance, cela risque de la mettre en souffrance.

Bon cheminement

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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Marc Pernot

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14 réponses

  1. ALAIN dit :

    Hitler a bien appliqué cette schizophrénie  »divine » avec 6 000 000 de juifs innocents exterminés. Staline s’est bien  »débrouillé  » aussi, si j’ose dire. Et ce n’est pas fini…. On peut donc largement douter et se tourner, à force, vers d’autres réponses plus équilibrées qu’un Dieu inacccesible, susceptible, sélectif et violent. Je n’ai pas créé le monde tel qu’il est ( virus, maladies, laideur, tsunamis, astéroïdes tueurs de planètes,etc.) D’accord ? Je suis donc INNOCENT. J’ignore ce qu’il y a après la mort. Je suis las de toutes ces spéculations et de ces sardines qu’on veut nous faire avaler tout cru.L’expérience commune reste incontournable (cause à effet et entropie) En fait, ON NE SAIT PAS.😕 voilà. Désolé…..

    • Marc Pernot dit :

      En tout cas ici, on ne veut rien vous faire avaler tout cru. Le principe est de mettre en œuvre la foi sans nier son intelligence, et le respect de l’opinion, du cheminement de chacun.
      Mais c’est vrai que nous cherchons à tâtons. On a autant de mal à dire Dieu, qu’à dire ce que pour nous est l’amour, ou la beauté, ou le bonheur.
      Dieu vous bénit et vous accompagne

      • ALAIN dit :

        Merci de votre réponse… Vous n’êtes pas concerné par le  »tout cru »…Je pensais à d’autres sources qui m’ont bien déçu. Basiquement, l’Amour c’est l’Amour. Qui jetterait un seul de ses  »enfants » au feu , quoi qu’il ait fait ? Quelque chose donc ne  »colle » pas. Si la création était bonne et nous mauvais, çà fonctionerait, en quelque sorte. Il n’y aurait que nous à changer. ( waouh !) Or, ce monde est dur et sans pitié, avec sa loi de causalité incontournable. Je suis bien incapable de provoquer des miracles ..etc. Savons-nous seulement aimer ? Oui, mais avec nos critères de sélection…etc. Certains s’imaginent en présence de Dieu, comme une sorte d’ ami imaginaire….Je leur souhaite d’être dans le vrai, et de tout cœur.

        • Marc Pernot dit :

          Croyant ou non, la vie est plus agréable et belle quand on n’injurie pas les autres. Or c’est injurieux et méprisant de dire à quelqu’un que sa foi est une imagination, que son dieu serait une sorte d’ami imaginaire.
          Il est tout à fait possible d’être un athée convaincu tout en respectant la foi et la spiritualité des personnes qui ont cette dimension dans leur vie.

          • ALAIN dit :

            Mon intention n’est pas d’être injurieux. Ni avec vous, ni avec d’autres. Sur quelles bases, du reste ? Aurais-je donc TOUT compris 😁….? Si cela est perçu ainsi, alors excusez mon expression trop directe plutôt imparfaite mais qui ne veut insulter personne. J’ose simplement me poser toutes les questions. Je ne suis pas athée non plus. Loin de là ! C’est même difficile, selon moi, d’être véritablement un athée convaincu : il suffit de regarder vraiment un oiseau ou un arbre, ou les étoiles, etc. ! Je n’ai pas créé tout çà , vous non plus, mes voisins non plus..Alors QUI a créé le monde ? Disons que je n’ai pas (encore) trouvé Dieu. Même si j’ai fait de la méditation chrétienne (John Main, Thomas Keating, Jean – Marie Gueullette…) J’ai lu le Pèlerin Russe,et j’ai aimé etc. J’ai même tenté quelques pratiques…Je continue de chercher mais le temps passe…Certes çà aura valu la peine de chercher.

          • Marc Pernot dit :

            Ah, merci, ça me rassure.
            Un peu.
            C’est bien de ne pas vouloir être injurieux, mais traiter d’ami imaginaire le Dieu d’une personne qui vit sa foi de façon profonde, si, c’est blessant pour la personne et c’est donc injurieux. C’est pourquoi je me suis permis de vous faire la remarque.

  2. ALAIN dit :

    Oui, et vu votre mission, votre remarque est justifiée. Ensuite vous avez la délicatesse de répondre. Merci ! Par  »ami imaginaire » je fais référence à Antony de Mello (un chemin vers Dieu) où l’auteur propose de se représenter Jésus et de lui parler ( comme dans les exercices de St Ignace) Jésuite et … Hindou, l’auteur semble s’inspirer de la pratique du Yidam ( cf. Bouddhisme tibétain). Cette voie est noble également. C’est une approche concrète par l’imagination …Il reste évident que, en se représentant quelqu’un et en lui parlant, on s’ exerce à une vraie relation avec cette personne. C’est cela qu’il comprendre dans l’allusion à  »ami imaginaire ». Rien à voir avec un désordre mental ! D’ailleurs, quand nous pensons à des défunts que nous avons connus, comment faisons-nous? Je crois que la psychologie appelle ce type de relation :  »relation introjectée » . Et quid de Frère Laurent de la Résurrection qui s’exerçait à s’imaginer en présence de Dieu au quotidien ? Combien de chrétien jette une flèche d’amour vers Dieu (merci, Seigneur, Dieu, sauve-moi,…etc.) ? Et la prière de Jésus notamment utilisée par les Orthodoxes (exemple : Jésus, Fils de Dieu, prends pitié de moi ! ) qu’il convient de pratiquer  » dans le sentiment de la présence de  » Dieu? Comment se représenter  »en présence de » sans utiliser un peu son imagination pour créer cette relation d’une manière ou d’une autre ? Au fond, dans ce domaine, on peut voir, entendre ou sentir…et c’est diversifié. Voilà le sens exact et respectueux de mon texte…J’espère avoir été plus précis. En tout cas, continuez votre mission !

    • Marc Pernot dit :

      Oui, pour se représenter Jésus ou Dieu à nos côtés, bien sûr, ce qui comprend une part d’imaginaire. Mais comme un amoureux s’imagine sa fiancé qui est en déplacement. On ne parlerait pas pour autant de fiancée imaginaire, car sa fiancée existe et il est réellement fiancé, seulement il se la représente mentalement.
      Dire à un croyant qu’il prie un ami imaginaire est offensant.

  3. ALAIN dit :

    L’imaginaire intervient beaucoup dans nos vies. Par contre, d’accord, un croyant ne prie pas un ami imaginaire, une sorte d’idole… : il se représente plutôt Qui il prie, ce qui est différent. ….Et parfois il y a même des effets favorables inattendus. Il y a sans doute un lien entre la FOI et L’IMAGINAIRE..La puissance de CROIRE…. Dans le Nouveau Testament, et c’est surprenant, Jésus se demande s’Il trouvera. .. la FOI lors de son retour parmi les hommes ….J’aurais attendu plutôt la CHARITE, l’AMOUR UNIVERSEL….Non Il souhaite trouver la FOI…Toujours cette insistance de l’acte de CROIRE… » la foi comme un grain de sénévé »  »croyez que vous l’avez reçu… »,  »ta foi t’a sauvée »  »quelle foi ! Ton serviteur est guéri ! »  » homme de peu de foi ! » ( paroles adressées à Pierre qui doute de pouvoir marcher sur l’eau (!!!) et commence à couler) etc. Il y a là comme un vrai petit secret crucial à découvrir dans la FOI…

    • Marc Pernot dit :

      Dans ce cas, c’est l’acte de croire, mais pas au sens de la croyance, ni de la connaissance, ni de la certitude, mais c’est au sens de la foi c’est à dire du lien, de la relation tenue. Une personne qui cherche, appelle, prie, doute : c’est de la foi, plus qu’une personne qui ne chercherait pas car sa théologie et ses rites lui suffiraient.

  4. ALAIN dit :

    Merci de prendre sur votre temps que j’imagine chargé, pour répondre. Lien et relation tenue,..oui. Certains considèrent qu’ils ont tout compris. Leurs dogmes absolus et les rituels leur suffisent. Le  » lien  » , indubitablement plus profond, leur semble inconnu. Soit ! Or, je pressens -après avoir beaucoup cherché- qu’il y a comme quelque chose à découvrir et à vivre dans des textes tels que [ Tout est possible à celui qui croit ( Marc IX, 23) ] ou [ Je puis tout par Celui qui le fortifie (Phil. IV, 13)] ou [ Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? (ROM VIII, 31)] ou [ Qu’il vous soit fait selon votre foi (Mt IX, 29)] , etc…C’est comme s’il nous fallait apprendre à avoir la foi. Apprendre….comme apprendre à savoir relationner…. Et que dire (et ressentir) de [ Tel un homme est dans son cœur, tel il est, ( en substance Prov.XXXIII, 7)] ? Et si le  »pouvoir » de la foi accomplissait vraiment des  »miracles » si on y consent ? Serait-ce cela la fabuleuse  »Nouvelle » ? Dès lors, tout espoir est permis. Et pour tous. Génial, non ?

    • Vertumne dit :

      Je suis d’accord avec vous !

      Il ne s’agit pas d’un effet placebo, mais l’effet placébo (qui existe réellement, qui un effet réel, tangible, mesurable, et bénéfique sur le corps) est peut-être un peu de cet ordre. L’auto-conviction positive (raisonnable) engendre des effets a priori plutôt bénéfiques.
      La Foi-croyance engendre par elle-même des changements, des mutations, des transformations. Ceci en restant compatible avec la Foi-fidélité.

      Personnellement j’envisage en ce moment une articulation des différents types de Foi selon trois plans de réalité (l’attitude religieuse personnelle, individuelle, étant définie comme le fait de croire à l’existence d’au moins un autre plan de réalité que le plan de réalité physique-matériel) de la façon suivante :

      Plan de réalité 1 : Jésus Christ en tant que personne incarnée de référence dans les Évangiles (personne, Fils Unique seconde hypostase de la Trinité ou humain-Messie ressuscité), Foi-fidélité, Logos-Parole de Dieu-Lumière, physique (et chimique-biologique), corps, science empirique, expériences, Sensibles (Timée de Platon), Puissance-Dynamique (Physique d’Aristote), Yin (taoïsme), tactique (réflexion, micro-économie, logistique…)

      Plan de Réalité 2 : YaHWHoo (Dieu personnel Abinou-Shaddai Père-Mère source de l’être selon Paul Tillich dans « Religion biblique et recherche de la réalité ultime »), Foi-compréhension, Amour-Agapé, métaphysique, esprit, science théorique (divine), modèles (idéaux), raison idéale, Intelligibles (Timée de Platon), Acte-Energie (Physique d’Aristote), Yang (taoïsme), stratégie (réflexion, micro-économie, plans…)

      Plan de réalité 3 : Esprit Saint (personne troisième hypostase de la Trinité ou force agissante de Dieu), Foi-croyance, interface physique-métaphysique, Sagesse-Praxis, âme-émotions, test/falsification des théories scientifiques ou des prototypes et interprétation théorique des expériences, Chora (Timée de Platon, le « Lieu » comme incarnation à chaque instant des Idées dans le Sensible, transition d’échelle de la décohérence quantique), Entéléchie (Physique d’Aristote, mouvement, variation), Tao (taoïsme), opérationnel-décisionnel-arbitrage (réflexion, micro-économie, développement-déploiement-coordination (bien pour son objectif) avec avantages différentiels par rapport à l’adversité voire éventuellement par rapport au mal)

      Selon ce modèle, nous vivrions (ou considérerions que nous vivons) en tant qu’humains dans les trois plans de réalité en même temps. La Foi force de croyance capable d’engendrer des mutations se trouvant alors dans le Plan de réalité 3 d’interface, d’intermédiaire entre le physique et le spirituel ou métaphysique.

      Cordialement,

      • Vertumne dit :

        Et il me semble que l’on peut également enrichir ce modèle avec la notion de temps :
        Plan de réalité 1 : temps linéaire, chronos en grec, résultante physique et statistique de micro-changements au niveau quantique (du plan 3)
        Plan de réalité 2 : temps métaphysique, éternité, aiôn en grec
        Plan de réalité 3 : temps des événements, kairos en grec, temps quantique (micro-événements, chocs-désintégration-fusions-conservation de particules et antiparticules), peut-être le temps de la philosophie du process centrée sur les événements il me semble, temps du changement, des mutations, des transformations, des métamorphoses, des opportunités, de Vertumne.

        cordialement,

        • (inspiré par les mythes de) Janus, Vertumne dit :

          Et donc, et j’ai fini, on obtiens trois espaces-temps :
          – plan de la réalité 1 : espace-temps, chôro-chronos, propre à chaque référentiel, et en relativité générale, courbable avec la matière-énergie selon les composantes non négligeables du tenseur de Riemann (analogue d’une force de marée (en physique classique) associée à la racine carrée du scalaire de Kretschmann https://en.wikipedia.org/wiki/Kretschmann_scalar), devenir continu
          – plan de la réalité 2 : métaphysique-éternité, métachôro-aiôn, être, vie éternelle
          – plan de réalité 3 : espace-temps quantique, chôra-kairos, devenir discontinu

          Et deux types de changements :
          – les changements discontinus : de type Janus aux deux visages (qui a donné son nom au mois de janvier), qui regarde à la fois du côté du passé et de l’avenir, l’ancienne et la nouvelle année, divinité des commencements et des fins, des choix, du passage et des portes
          – les changements continus : de type Vertumne (divinité des jardins, de l’agriculture, de la transformation progressive féconde), que j’associe ici à vendredi, avec les 2 premières lettres en commun

          La Foi personnelle peut alors être un carburant du moteur de changement, que cela soit un analogue raisonné d’un effet placébo, ou la possibilité d’ouverture à davantage peut-être de connexion potentielle métaphysique avec son propre esprit et avec peut-être une réalité métaphysique.

          Et Joyeuse Année 2022 en ce premier vendredi (< Vertumne) de janvier (< Janus), porteuse donc potentiellement de changements continus et discontinus (!).

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