L’Église doit accueillir nos frères ou sœurs homosexuel(le)s, Mais peuvent-il avoir une responsabilité dans l’Eglise ?

Par : pasteur Marc Pernot

Albert de Pury - MIR

humour protestant : « Tout est permis à condition que cela ne fasse pas plaisir »

Question d’un visiteur :

Bonjour,
Je ne sais pas du tout me positionner et que penser sur ce qui suit.
Je suis tout à fait d’accord que l’Eglise doit accueillir nos frères ou soeurs homosexuel(le)s. Ils y ont leur place et il doivent y avoir leur place. J’en connais, j’en ai parmi mes ami(e)s .
Mais en tant que tels peuvent-il pour autant être pasteur, prêtre, diacre, en un mot avoir une responsabilité dans l’Eglise ?
Je vous remercie à l’avance pour votre éclairage.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Madame

Bravo pour votre ouverture et pour la franchise de votre questionnement.

C’est avant tout une question de théologie. Je pense (comme bien des personnes) que la personne homosexuelle est une personne dont le désir est certes minoritaire mais que ce n’est pas pour autant une maladie, ce n’est pas non plus un choix, son orientation ne fait de tort à personne, ce n’est donc pas un péché. Dès lors, il n’y a pas de raison théologique de discriminer une personne parce qu’elle serait homosexuelle, l’excluant de certains ministères dans l’église. Je comprendrais un peu un conseil de paroisse qui hésiterait afin de ne pas provoquer de remous dans l’église car il existe effectivement un pourcentage de la population qui est homophobe (dans la cité et aussi dans l’église par conséquent). Ce serait la même appréhension en choisissant un pasteur étranger ou d’apparence non indigène. C’était la même chose quand le ministère a commencé à être ouvert aux femmes dans l’église protestante.

Mais je dirais d’abord que c’est précisément parce qu’il y a ces réticences qu’il serait bon de le faire : pour ces personnes homophobes qui auraient la possibilité d’avancer, pour l’église qui s’ouvrirait ainsi à la diversité. Cela dépasse en importance la seule cause des minorités diverses. Cela a une importance en termes de théologie et d’anthropologie : une certaine vision de l’humanité comme un corps avec une diversité qui est en réalité une richesse quand elle est vécue d’une belle façon et qui semblait un scandale quand on avait une vision étroite de l’unité, sur des critères extérieurs. Selon l’apôtre paul dans 1 Corinthiens 12 (suivi par le fameux hymne à l’amour), l’unité est faite en Christ, par l’Esprit de Dieu, par la compassion entre les membres divers, non pas par une unité externe (de dogmes, de sexe, d’orientation, d’origine, d’apparence, de classe sociale…). Dans cette vision plurielle du corps du Christ se joue quelque chose de la manifestation de la grâce de Dieu qui précède et bénit chaque personne individuellement dans sa singularité.

Il me semble ensuite que cette appréhension basée sur des préjugés sur la personne ne dure que lors des premiers mois de son ministère, ensuite, le pasteur ou le prêtre sera plus jugé sur ses qualités de pasteur, non sur des critères épidermiques. Heureusement. Il n’y a que si quelques problèmes étaient rencontrés par la suite que cette particularité ressortirait de façon fâcheusement violente, et il faudrait vite exfiltrer cette personne avant que trop de dégâts soient faits sur tout le monde…

Bonne route, Dieu vous bénit et vous accompagne

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Réponse du visiteur :

C‌her Pasteur,

Je suis vos prédications avec beaucoup d’intérêt… et « ma nourriture spirituelle » y trouve vraiment son compte.

Je suis touchée par la rapidité avec laquelle vous m’avez répondue. Un grand merci.

Votre réponse m’éclaire parfaitement et je fais parfaitement confiance à votre point de vue.

Merci encore et que le seigneur vous bénisse et continue à vous rendre en bénédictions

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