14 novembre 2023

Un pasteur dans une assemblée évangélique - Photo de Geron Dison sur https://unsplash.com/fr/photos/uomo-in-giacca-nera-che-indossa-occhiali-da-vista-RRqkvfM-loU
Question

Que penser de ces mouvements évangéliques, au discours culpabilisant et aux riches pasteurs ?

1x
100%

Un pasteur dans une assemblée évangélique - Photo de Geron Dison sur https://unsplash.com/fr/photos/uomo-in-giacca-nera-che-indossa-occhiali-da-vista-RRqkvfM-loU

Question posée :

Bonjour cher Pasteur
Jésus a dit aux apôtres d annoncer la bonne nouvelle, ce qui me paraît juste.
Je voudrai savoir ce que vous pensez de ces mouvements évangéliques qui publient sur internet.
Ils sont relativement nombreux. Souvent ce qui est écrit est pour une remise en question de notre attitude pécheresse, mais aussi culpabilisante. Personnellement ils me donnent l impression parfois d être des donneurs de leçons de morale appuyées sur les versets. Ils entretiennent un état d esprit qui fait qu en lisant leurs commentaires, ça nous parle plus ou moins en fonction de notre état d être dans le temps. Ça me donne l impression de communautés suffisamment solides, puissantes.
Je dis puissantes car pour certaines , très riches, avec des salaires très confortables pour les employés. Il n est donc pas étonnant qu ils poursuivent leur œuvre d évangélisation se plaisant à travailler ainsi en milieu » fermé  » avec des personnes qui pensent comme tout le monde de la communauté et très bien payés.
Je pense que les prêtres et pasteurs sont loin d afficher des salaires comme eux.
Mais ce qui m interpelle c’est que jusqu’à preuve du contraire Jésus a dit  » vous ne pouvez m aimer, moi et l argent « . Il voulait dire que l argent , on peut en gagner, mais ne pas en être attaché, en dépendre dans l absolu.
Vous pourrez me dire du moment que les écrits sur internet apportent du bien au lecteur, c’est déjà une bonne chose.
Cependant je constate que leurs écrits restent d analyse générale s appuyant sur les versets, comme certains politiques aiment à employer, dire leurs théories.
Qu a besoin le chrétien comme le citoyen, ce ne sont pas des théories mais de témoignages, du concret, des preuves, du résultat.
Si l on transforme nos attitudes mauvaises c est très bien, mais ces mouvements évangéliques ne donnent pas d exemples concrets dans la pratique du quotidien. Même si c’est à chacun de s interroger, il est très facile comme pour les politiques de présenter des théories. On voit bien d ailleurs dès lors qu ils ont le pouvoir qu ils ne font pas mieux que les précédents , bien souvent.
Bonne journée . Et merci pour votre réponse.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Je pense que la plupart des pasteurs « évangéliques » sont très consacrés à leur ministère de témoignage cherchant à amener des personnes au Christ. Et comme vous dites c’est une bonne chose. Il y a sans doute, comme partout, des personnes qui pensent à elle-même et au développement de leur église, bien plus qu’aux personnes qu’ils sont censés aimer et servir. Je pense que c’est partout, dans toutes sortes d’églises et d’associations, de partis politiques, de syndicats, d’entreprises. Cela demande donc du discernement dans le choix d’une église et d’une paroisse. Comme dit Jésus, il y a des loups dévorants déguisés en brebis. Et puis, évidemment, il y a plus ou moins de brebis et de loup en chacun. Il ne faut pas faire une confiance aveugle dans son pasteur, mais un peu de confiance pour se poser des questions, garder son libre arbitre, bien sûr, et donc en prendre et en laisser dans ce que dit et propose l’église, les pasteurs, les paroissiens…

Effectivement, une pression très forte est parfois mise sur les fidèles dans certaines églises « évangéliques », c’est parfois brutal et culpabilisant, cela peut vraiment créer des traumatismes. D’un autre côté : il y a des personnes qui sont portées par ces communautés « évangéliques ». Il y a donc des avantages et des inconvénients. Personnellement, je préfère une église qui cherche à nourrir les fidèles dans leur foi et leur réflexion, afin de les libérer. C’est à chacun de mesurer pour soi-même si telle église nous rend plus proche de Dieu, plus confiant en Dieu (la foi, littéralement : la confiance), et donc plus confiant dans la vie grâce à Dieu, plus libre, plus ouvert aux autres et plus aimant. Ou si telle église nous met une pression par la crainte de Dieu et ses menaces, si elle nous coupe de nos amis et de nos proches, devient envahissante dans notre vie avec trop de réunions, d’obligations, de dons. A chacun de sentir s’il progresse, chemine, ou au contraire tourne en rond, ou est blessé.

Et de toute façon, il me semble essentiel de considérer son église, quelle qu’elle soit, comme un simple outil au service de notre foi personnelle qui, elle, est essentielle.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Partagez cet article sur :
  • Icone de facebook
  • Icone de twitter
  • Icone d'email

En écho à ce texte :

6 Commentaires

  1. Anselme dit :

    Marc, votre propos soulève justement **une difficulté fondamentale : si chaque chrétien doit considérer son Église comme un simple « outil au service de sa foi personnelle », alors comment reconnaît-on l’Église fondée par le Christ ?**

    Votre critère semble être essentiellement subjectif : « Est-ce que cette Église me rend plus confiant ? Plus libre ? Plus ouvert ? Est-ce que je progresse ? Est-ce que je suis blessé ? » Mais ces critères peuvent conduire à des conclusions contradictoires. Un catholique peut dire que l’Église catholique le conduit davantage au Christ ; un protestant baptiste peut dire exactement la même chose de son assemblée ; un orthodoxe de son Église ; et demain quelqu’un pourra quitter les trois parce qu’une quatrième communauté lui procure davantage de « liberté » et de « confiance ». Si le critère ultime est mon expérience personnelle, alors aucune Église ne peut plus prétendre être l’Église du Christ : elle devient un prestataire religieux parmi d’autres.

    Et c’est précisément là que votre position entre en tension avec le Nouveau Testament.

    Jésus ne dit pas : « Allez choisir l’Église qui vous convient le mieux. » Il dit : « Je bâtirai mon Église » (Mt 16,18). Il ne parle pas d’une multitude d’outils religieux individuels, mais d’une Église qu’il édifie lui-même. Et surtout, il ajoute : « les portes de l’Hadès ne prévaudront pas contre elle. » Il y a donc une continuité historique de cette Église que la mort et les puissances du mal ne doivent pas anéantir.

    Jésus dit également aux Apôtres : « Celui qui vous écoute m’écoute » (Lc 10,16). Il leur donne donc une véritable autorité, et pas simplement une fonction d’animation spirituelle. Il leur commande d’enseigner toutes les nations (Mt 28,19-20), et promet d’être avec eux « tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

    Cette promesse est extraordinairement difficile à concilier avec l’idée d’une Église qui serait simplement un outil provisoire que chacun pourrait remplacer lorsqu’il estime qu’un autre lui convient mieux.

    Paul va encore plus loin : « L’Église du Dieu vivant, colonne et soutien de la vérité » (1 Tm 3,15). Remarquez le vocabulaire : l’Église n’est pas présentée comme un simple instrument psychologique destiné à améliorer ma foi personnelle. Elle est associée à la vérité.

    Et cette Église possède une unité visible. Paul ne dit pas : « Chacun trouve l’assemblée qui lui correspond. » Il exhorte les chrétiens à être « parfaitement unis dans un même esprit et dans une même pensée » (1 Co 1,10). Il y a « un seul corps et un seul Esprit (…) un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Ep 4,4-5).

    D’ailleurs, votre principe produit une difficulté logique considérable.

    Supposons qu’une Église enseigne A et qu’une autre enseigne non-A. Les deux peuvent-elles être simultanément des « outils » valables simplement parce que leurs fidèles ont l’impression de progresser spirituellement ? Par exemple : baptême des enfants ou baptême des seuls adultes ? Présence réelle du Christ dans l’Eucharistie ou simple mémorial ? Ordination réservée aux hommes ou non ? Divorce et remariage ? Autorité des évêques ? Succession apostolique ?

    Ces questions ne peuvent pas toutes recevoir simultanément des réponses contradictoires.

    La **vérité ne devient pas vraie parce qu’elle me fait du bien, pas plus qu’une erreur ne devient vraie parce qu’elle me libère psychologiquement.**

    Voilà une conception radicalement différente de celle que vous proposez : la foi personnelle existe, évidemment, mais elle n’est pas l’autorité suprême qui juge l’Église.

    Et les Pères apostoliques comprennent exactement les choses ainsi.

    Saint Ignace d’Antioche, au début du IIᵉ siècle, exhorte les chrétiens à rester unis à leur évêque et écrit que là où est l’évêque, là doit être la communauté. Il ne présente absolument pas l’Église comme un « outil » que chacun pourrait sélectionner en fonction de son épanouissement personnel.

    Saint Irénée de Lyon, quelques décennies plus tard, combat précisément les groupes qui prétendent posséder une interprétation spirituelle supérieure aux autres. Son argument n’est pas : « Choisissez la communauté qui vous fait progresser. » Il renvoie à la succession des évêques, à la tradition reçue des Apôtres et aux Églises fondées par eux. Pourquoi ? Parce que si chacun peut devenir son propre arbitre doctrinal, alors la foi apostolique devient impossible à distinguer de l’invention personnelle.

    Partie 2

    C’est pourquoi votre conception pose une question à laquelle elle ne répond pas :
    **Si l’Église est simplement un outil au service de ma foi personnelle, pourquoi le Christ a-t-il pris la peine de fonder une Église ?** 🤔
    – Pourquoi donner aux Apôtres une autorité ?
    – Pourquoi leur commander d’enseigner ?
    – Pourquoi promettre d’être avec eux jusqu’à la fin des temps ?
    – Pourquoi parler d’une seule Église ?
    – Pourquoi instituer une discipline ecclésiale ?
    – Pourquoi l’Église est-elle appelée « colonne et soutien de la vérité » ?
    – Pourquoi les premiers chrétiens ont-ils défendu la succession apostolique ?

    Et surtout : **où est aujourd’hui cette Église que le Christ promet de préserver jusqu’à la fin ?** 🤔

    Parce que si, au bout de deux mille ans, la réponse est : « Elle est partout où chacun se sent nourri dans sa foi », alors la promesse du Christ devient pratiquement indétectable historiquement…
    .
    On arrive à **une situation paradoxale : Jésus aurait fondé une Église, promis que les puissances de la mort ne la vaincraient pas, envoyé les Apôtres pour enseigner avec son autorité… et deux mille ans plus tard, le chrétien serait libre de passer d’une confession à une autre selon celle qui lui procure le meilleur équilibre psychologique.

    Ce n’est pas la conception du christianisme que nous trouvons chez les Apôtres ni chez les premiers Pères.**

    👉 Je suis **entièrement d’accord avec vous sur un point : une Église qui abuse de ses fidèles, les manipule, les terrorise ou les coupe injustement de leurs proches doit être dénoncée**. Mais cela ne **permet absolument pas de conclure que l’appartenance ecclésiale est une simple question de préférence personnelle.**

    Sinon, le **même raisonnement permettrait de quitter toute communauté dès qu’elle enseigne quelque chose qui nous déplaît.**

    La question chrétienne fondamentale n’est donc pas : « Quelle Église me fait le plus de bien ? »

    mais : « Quelle Église le Christ a-t-il fondée, quelle Église les Apôtres ont-ils transmise, et où cette Église demeure-t-elle aujourd’hui ? »

    Car le christianisme n’est pas simplement une expérience spirituelle personnelle. **C’est une foi reçue, dans une Église reçue, à partir d’une révélation reçue.**

    Sinon, ce n’est plus l’Église qui juge ma foi : c’est moi qui deviens le juge ultime de l’Église… En gros c’est moi qui juge ce que Dieu a révélé 😵‍💫

    Ton critère ne permet pas de distinguer une Église vraie d’une Église fausse. Il peut expliquer pourquoi toi tu préfères une communauté, mais il ne peut absolument pas démontrer pourquoi cette communauté serait celle fondée par le Chris 🤷

    C’est pourquoi le Protestantisme est un échec depuis 500 ans qui ne fait que damner les âmes 😥
    .
    Et c’est précisément ici que l’argument doit aller jusqu’au bout. **Si nous abandonnons l’idée que chaque chrétien choisit simplement l’Église qui lui convient, il faut alors poser la question positivement : quelle est cette Église que le Christ a fondée et à laquelle il a promis son assistance ?**

    La réponse ne peut pas être simplement « une communauté de croyants », car le Nouveau Testament décrit quelque chose de beaucoup plus concret.

    Le Christ confie une autorité réelle aux Apôtres : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel » (Mt 16,19 ; 18,18). Il leur donne le pouvoir de remettre ou de retenir les péchés (Jn 20,21-23), leur ordonne d’enseigner (Mt 28,19-20) et promet son assistance à leur mission jusqu’à la fin des temps. Cette mission ne peut donc pas disparaître avec la génération apostolique : si le Christ promet d’être avec eux « jusqu’à la fin du monde », il faut nécessairement une continuité de leur ministère.

    C’est exactement ce que l’on appelle la succession apostolique.

    Les Apôtres eux-mêmes établissent des ministres pour leur succéder. Paul ordonne à Timothée de transmettre ce qu’il a reçu « à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres » (2 Tm 2,2). On trouve donc déjà une chaîne de transmission : Paul → Timothée → des hommes capables d’enseigner → d’autres encore. La foi chrétienne n’est pas conçue comme une révélation privée réinventée par chaque génération.

    Et l’Église primitive en témoigne très tôt.
    .
    Saint Ignace d’Antioche, au début du IIᵉ siècle, insiste sur l’unité autour de l’évêque, du presbyterium et de l’autel. Saint Irénée de Lyon, au IIᵉ siècle, oppose aux hérétiques non pas son opinion personnelle, mais la succession des évêques remontant aux Apôtres et la tradition publique des Églises apostoliques.

    Pourquoi est-ce important ? Parce que cela montre que la conception selon laquelle chacun pourrait simplement choisir l’assemblée qui lui « convient » est étrangère à la conscience de l’Église primitive.

    Mais il reste une question : parmi les différentes Églises qui revendiquent l’apostolicité, comment identifier celle qui possède l’autorité universelle ?

    C’est ici que Rome devient absolument déterminante.

    Dès le IIᵉ siècle, Irénée écrit à propos de l’Église de Rome qu’en raison de son origine apostolique et de son importance particulière, les autres Églises doivent s’accorder avec elle. Il ne dit pas simplement que Rome est une Église parmi d’autres qui possède une spiritualité intéressante. Il lui reconnaît une fonction particulière dans la conservation de la foi apostolique.

    Et cette primauté n’est pas une invention médiévale.
    .
    Dans le Nouveau Testament, Pierre reçoit une mission particulière. Le Christ lui dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Mt 16,18).

    Puis : « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux » (Mt 16,19).

    Et encore : « Affermis tes frères » (Lc 22,32).

    Enfin :
    « Pais mes agneaux (…) pais mes brebis » (Jn 21,15-17).

    Il ne s’agit donc pas simplement **de dire que Pierre était « important ». Il reçoit une mission pastorale particulière à l’intérieur même du collège apostolique.**

    Et ce point devient particulièrement intéressant lorsqu’on regarde les Actes.

    Au concile de Jérusalem, en Actes 15, **Pierre prend la parole et donne l’orientation doctrinale fondamentale avant même que Jacques ne formule la décision disciplinaire pour l’Église locale de Jérusalem**. La décision est ensuite formulée au nom de l’Église réunie : « Il a paru bon au Saint-Esprit et à nous » (Ac 15,28).

    Nous avons donc déjà dans le christianisme apostolique trois éléments :
    une Église visible ;
    une succession apostolique ;
    une autorité doctrinale exercée par les responsables de cette Église.
    .
    Et lorsque nous suivons cette structure dans l’histoire, nous ne découvrons pas une multitude d’Églises indépendantes apparues au hasard. Nous découvrons une Église qui revendique une continuité institutionnelle avec les Apôtres, une succession épiscopale, une unité sacramentelle et une communion avec le siège de Pierre : l’Église catholique.

    C’est ici que le raisonnement protestant classique rencontre sa difficulté historique.

    Si le Christ a fondé une Église visible et qu’il lui a promis son assistance jusqu’à la fin des temps, il faut pouvoir identifier historiquement cette Église.

    Or l’Église catholique ne prétend pas avoir été créée au XVIᵉ siècle par Luther, Calvin ou un autre réformateur. Elle affirme être la continuation de l’Église apostolique antérieure à toutes les divisions ultérieures.

    Et les grandes ruptures protestantes sont historiquement tardives : elles apparaissent au XVIᵉ siècle. Cela signifie que le protestantisme doit expliquer non seulement pourquoi il existe, mais surtout pourquoi l’Église visible qui existait pendant quinze siècles aurait cessé d’être l’Église du Christ au moment où des réformateurs ont décidé de rompre avec elle.

    C’est là que le principe « chacun choisit l’Église qui nourrit sa foi » devient particulièrement problématique.

    Parce qu’il permettrait à Luther de quitter Rome, puis à Calvin de se séparer de Luther sur certains points, puis aux baptistes de se séparer des réformés, puis aux méthodistes, pentecôtistes, évangéliques, etc., de se séparer à leur tour.

    Et chacun pourra dire : « Mais cette Église me rapproche davantage de Dieu. »

    Très bien. Mais cela ne répond toujours pas à la question : laquelle a reçu l’autorité du Christ ?

    Le catholicisme apporte justement une réponse qui ne dépend pas de mon ressenti personnel :
    Le Christ → les Apôtres → la succession apostolique → l’Église visible → la primauté de Pierre → la succession de Pierre à Rome.

    C’est cette structure qui permet de comprendre pourquoi l’Église catholique revendique non seulement d’être une communauté chrétienne parmi d’autres, mais l’Église universelle fondée par le Christ et continuée historiquement à travers les siècles.

    Et **cela explique aussi pourquoi l’autorité de l’Église n’est pas une menace contre la liberté chrétienne.**

    Si **le Christ a réellement institué une Église et lui a confié son enseignement, alors reconnaître son autorité n’est pas abandonner sa conscience : c’est accepter l’autorité de celui que le Christ a envoyé.**

    Jésus ne dit pas simplement : « Lisez mes paroles et décidez individuellement ce qu’elles signifient. »

    Il dit aux Apôtres : « Celui qui VOUS écoute m’écoute » (Lc 10,16).

    Et Paul dit : « L’Église du Dieu vivant, qui EST colonne et soutien de la vérité » (1 Tm 3,15).

    Le chrétien n’est donc pas appelé à choisir son Église comme on choisit un outil parmi plusieurs outils. Il est appelé à recevoir la foi de l’Église que le Christ a fondée.

    Et c’est précisément pourquoi la question catholique fondamentale n’est pas :
    « Est-ce que le catholicisme me convient ? »

    mais : « Est-ce que Jésus-Christ a réellement fondé cette Église, lui a donné une autorité doctrinale, a établi Pierre dans une fonction particulière, et cette fonction s’est-elle perpétuée dans l’Église de Rome ? »
    .
    Si la réponse est oui, alors le problème est réglé : je n’ai plus le droit de traiter l’Église comme un simple outil personnel.

    Car si le Christ a parlé, et s’il a institué une Église pour transmettre sa parole, alors la question n’est plus de savoir quelle Église correspond le mieux à mes préférences.

    La question devient :« Seigneur, où est l’Église que tu as fondée ? »

    Or il y a une une chaîne historique cumulative : Matthieu 16 → Luc 22 → Jean 21 → Actes 15 → 1 Timothée 3 → succession apostolique → Ignace d’Antioche → Irénée → Cyprien → Léon le Grand → conciles → Vatican I. Ainsi, tu ne demandes pas à un seul verset

    Et c’est précisément à cette question que la succession apostolique, la catholicité, l’unité visible, la continuité historique et la primauté romaine permettent au catholicisme de donner une réponse cohérente…

    Les Protestants « tradi » ayant sombré dans un libéralisme mal placé, pas étonnant que les Évangéliques deviennent radicaux. Ils sont un peu plus proche de la Vérité mais toujours pas encore membre de l’Eglise fondée par le Christ.

    Venez donc dans la Sainte Église Catholique Romaine et Apostolique 🤷

    Comme le disait Monseigneur de Ségur :
    > À nos yeux, et sans vouloir manquer de charité, **le protestantisme n’existe plus comme système doctrinal **: il n’est plus **qu’une agglomération d’hommes qui s’honorent du titre de chrétien, mais qui ne s’accordent pas sur ce point fondamental : « En quoi consiste le christianisme ?** »
    >
    > Mais le protestantisme, précisément parce qu’il en est réduit à cet état, **répond à un vice radical de notre société**, où l’on rencontre beaucoup de gens **qui veulent encore paraître chrétiens sans l’être, et qui ne sont au fond qu’indifférents à l’égard de toutes les religions**.
    >
    > **Voilà pourquoi les protestants augmentent en nombre, quoique le protestantisme, comme système doctrinal, soit réduit à néant**. Il serait bien imprudent de s’endormir sur les desseins des partisans de ce système sous prétexte que leur doctrine ne peut satisfaire ni l’intelligence ni le sentiment chrétien. I**l faut, au contraire, suivre les progrès du protestantisme d’un œil d’autant plus vigilant qu’il sert comme d’intermédiaire à ceux qui n’osent encore secouer ouvertement le joug du christianisme, mais qui sont travaillés par le mal radical de nos sociétés modernes, c’est-à-dire de l’indifférence ou du rationalisme**. » (Parent-Duchatelet, Observateur Catholique, avril-septembre 1859, p. 8.) «
    .
    > Il en est qui disent : le protestantisme se dissout, il se désorganise, il se meurt ; de toutes parts, les intelligences élevées l’abandonnent ; comme toutes les grandes hérésies, trois siècles d’existence l’ont usé ; le XIXe siècle verra sa fin, assistera à ses funérailles. **Ne craignez donc pas le protestantisme comme système doctrinal qui semble destinée à courir après sa propre destruction et le détricotage de tout ce qui fait le Christianisme. Il faut plutot le craindre comme un Deisme déguisé.**
    >
    > Le seul moyen d’être chrétien, a dit Bossuet, c’est d’être catholique, c’est-à-dire d’appartenir non seulement par les sympathies et par les croyances, **mais encore par la pratique ouverte et publique, à l’Eglise catholique, à l’Eglise gouvernée par le pape, au seul vrai bercail de Jesus-Christ.**
    >
    > Il n’y a jamais eu et il ne peut y avoir qu’un seul christianisme. **Si le protestantisme était le christianisme, le catholicisme ne le serait point.**
    >
    > Ce n’est point ici une question de forme, **mais bien une question de fond**. L’institution de JESUS-CHRIST ne peut être soumise aux caprices de personnes, **et le protestant qui se forge un christianisme à sa fantaisie n’a pas le vrai christianisme,** le christianisme que Notre-Seigneur a apporté au monde et **dont il a confié le dépôt et la diffusion à l’Eglise, qu’on retrouve des Apôtres à aujourd’hui, portés par tout les Pères de l’Eglise et les Saints jusquà maintenant.**

    > Ainsi on a fait de nos jours un étrange abus de ce glorieux nom de chrétien. **Depuis le protestant qui professe ou rejette à sa guise la divinité du Christ**, jusqu’au socialiste qui ne voit la liberté que dans l’anéantissement de l’Eglise, toute la foule des hérétiques et des révolutionnaires fait parade de christianisme, mais quel christianisme!
    >
    > **Être chrétien, c’est être catholique**; hors de là, on peut être luthérien, calviniste, baptiste, anabaptiste, pentecôtiste, évangélique, mahométan, mormon, fondamentaliste, libre penseur, bouddhiste, mais on n’est pas, on ne peut pas être chrétien.
    **Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d’aujourd’hui,1859**

    1. Marc Pernot dit :

      Sacré commentaire ! Ça vous a inspiré !
      « Comment reconnaît-on l’Église fondée par le Christ ? » : l’Eglise que fonde Jésus Christ n’est pas une institution humaine, l’église ceci ou l’église cela. L’Eglise que fonde Jésus-Christ, c’est par définition même du mot « Eglise » ( « Ekklesia » : « appelés hors-de ») c’est l’ensemble des personnes appelées à se mettre en route, appelées par Dieu en Christ.
      Ensuite, la vocation des églises en tant qu’institution humaine c’est de relayer cet appel de Dieu à la personne, la laisser ensuite avoir sa propre relation à Dieu, relation au Christ, son inspiration par l’Esprit : l’église doit alors s’effacer et non pas se placer au dessus du fidèle, ni entre Dieu et le fidèle.
      À mon avis. Mais chacun choisi son église, il y a des personnes qui préfèrent être plus étroitement guidées par une institution.

  2. Michel dit :

    Non seulement certains pasteurs de certaines dénominations manipulent ceux qui les écoutent, mais en plus ils citent des versets de la Bible hors contexte, ou en en donnant une mauvaise (donc fausse) traduction. C’est ainsi p.ex. qu’il obtiennent de « donner la dîme »… ou qu’ils citent le verset « ne quittez pas votre assemblée » qui en réalité exhorte à ne pas cesser de nous rassembler (ou, au sens spirituel, de continuer à nous rassembler intérieurement, à ne pas être divisés en nous-mêmes)

    1. Gérard dit :

      Oui. Idem certains imams qui sont laissés libres de faire leur propre interprétation des écritures, qui enseignent vers des lignées extrémistes. Heureusement peu nombreux mais les médias en ont parlé.
      Il est dangereux à mon sens de rester enfermé pleinement et durablement dans ses propres pensées et interprétations car personne ne détient la vérité. Et au fur et à mesure de notre vie on évolue intérieurement.

  3. Aspasie dit :

    Il y a quand même une vague d’églises évangéliques qui entretiennent pauvreté et douleur dans l’âme. N’ayant pas peur de le dire, leurs pasteurs sont des captifs de l’argent et du succès. Je trouve ça immonde. Et je peux en témoigner pour l’avoir vu assez souvent, autour de moi, des individus captifs d’un Pasteur et vivant quotidiennement dans la menace d’une privation de bénédictions (souvent matérielles) et de sécurité. Je le pense sans honte, il plait à ces faux pasteurs de tenir un bétail de névrosés, aisément manipulables.
    Que le Créateur Lui-même vienne en aide à ses enfants.

  4. Pascale dit :

    Oui, on peut être choqué de la richesse de certains pasteurs, mais n’oublions pas aussi d’être choqués que certains pasteurs par chez nous soient pauvres. Il n’y a rien de normal à cela.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *