Pourquoi le Christ ressuscité a choisi d’apparaitre à Paul qui persécutait des chrétiens, et pas à d’autres ?

un jeune homme court entre poussière et obscurité - Photo by frank mckenna on UnsplashPar : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour
Dans les Evangiles les pharisiens, les grands pretres,les docteurs de la Loi n’ont vraiment pas bonne presse (sauf Nicodeme),alors pourquoi le Christ ressuscité a choisi d’apparaitre à Paul ce Pharisien qui persécutait ses disciples?Le résultat n’aurait il pas été le meme s’il avait fait la meme chose avec « les pharisiens, les grands pretres, les docteurs de la Loi?Cette question m’est venue à la lecture de l’Evangile du lundi de Pâques :Mathieu 28 (11.15).Nous savons tous ce que nous devons à Paul !

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Bravo pour votre questionnement, votre prise de recul pour essayer de comprendre.

Je ne suis pas certain que Christ ait « choisi d’apparaître » à Paul et non à telle autre personne. Dieu veut que toute personne ait un beau chemin de vie et donc de foi. La question est celle de l’ouverture à la nouveauté, la disponibilité de soi-même pour évoluer.

Vous avez raison quant à la représentation très négative que l’on pourrait se faire suite aux violentes diatribes de Jésus contre les « scribes et pharisiens hypocrites », car il les traite de tous les noms, effectivement. Cependant, il semble que Jésus lui-même ait été éduqué lui-même dans ces milieux dont il est en réalité proche : celui de l’interprétation biblique et des pharisiens. Sauf qu’il remet en cause le côté tatillon à l’extrême dans les interdits et obligations religieuses, ainsi que dans le dogmatisme, mettant plus l’accent sur le fait d’aimer, d’écouter, de respecter (Dieu, son prochain et soi-même). Jésus serait quelque chose comme un pharisien réformateur libéral, et ce débat avec le pharisaïsme est en quelque sorte un débat interne en vue de libérer les personnes de ce terrible carcan qu’est l’intégrisme, existant dans toutes les mouvances religieuses ou non. Jésus ne se désintéresse pas de ces personnes, on le voit se rendre chez des pharisiens, et même répondre à l’invitation à manger chez Simon, un chef pharisien.

En ce qui concerne Saul de Tarse, qui deviendra l’apôtre Paul, il était un pharisien tout à fait porté sur l’activisme, certes. Si cet enthousiasme était mal dirigé (contre d’autres), il y avait une vraie recherche dans cet élan, une recherche de salut, une recherche donc d’un élan de qualité d’être venant de Dieu. Et en chemin il est saisi par le fait qu’en réalité ce qu’il cherchait était en réalité dans ce qu’il cherchait à éliminer.

En effet, Ce sursaut était donc préparé par une recherche spirituelle, par une espérance, par un don de soi intense. Par ailleurs, Paul a été formé à la fois aux philosophies grecques à Tarse et aux riches débats d’interprétations bibliques à Jérusalem. Cela lui a sans doute ouvert l’esprit, cela l’a placé dans un esprit de recherche (nous dit la voix), car même s’il s’est forgé des convictions personnelles fortes, il n’a pas reçu un endoctrinement comme on peut le recevoir dans une assemblée religieuse ou politique ayant une doctrine officielle présentée comme étant la seule véritable, ce qui empêche les fidèles de se poser des questions, d’être même dans un esprit de recherche (hélas).

Dans tous les récits d’apparition du Christ ressuscité, on remarque que les personnes qui en « bénéficient » étaient toutes déjà dans une démarche de foi, d’ouverture, d’intérêt pour le Christ. Effectivement, en ce qui concerne Paul cet intérêt était critique seulement cela fait un intérêt quand même. Heureusement que ces irruptions ne viennent pas comme un viol de la conscience des gens, ce n’est pas du tout le style de Dieu qui, précisément parce qu’il aime la personne l’accompagne tout en douceur, en bénédiction, en visites discrètes.

Il n’est pas impossible que d’autres pharisiens que Paul aient été convaincus que Jésus était le Christ, ce qui ne les aurait pas empêché alors de rester pharisien et de pratiquer la loi juive. En tout cas jusqu’en 70 où il y a eu séparation entre la synagogue et l’église, les judéo-chrétiens étant alors priés d’avoir leurs propres synagogues chrétiennes ou d’aller à l’église avec les chrétiens d’origine païenne.

Ce que je retiens de cette question historique, c’est de nous-même ne pas nous enfermer dans notre dogmatisme, d’avoir un esprit de recherche libre et spirituelle. C’est ce qui laisse le plus de place à la nouveauté que Dieu désire nous apporter par sa « Parole » nous rendant visite.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

PS. Voir la prédication de dimanche prochain (18 avril 2021)

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