
Faut-il croquer l’hostie ou la laisser fondre ? Sens et respect de la communion
Faut-il croquer ou laisser fondre le pain de communion ? Une question de geste liturgique qui ouvre sur le sens profond de la communion au Christ, puis un échange sur les doutes qui traversent la foi et la confiance en Dieu.
Question posée
Bonjour, j’ai 71 ans. J’ai fait ma communion et, pendant mes 4 ans de catéchisme, on m’a appris que lorsque l’on reçoit le corps du Christ, on doit le laisser fondre dans la bouche et ne pas le croquer. Je suis choquée de voir tout le monde, à commencer par les prêtres eux-mêmes, le croquer comme si c’était du chewing-gum. Quand j’assiste à des messes dans ma paroisse, certains laissent fondre sur la langue et d’autres croquent, je suis outrée. Merci pour votre réponse que j’attends avec impatience.
Réponse du pasteur Marc Pernot
C’est un peu délicat, il vaudrait mieux demander l’avis de théologiens catholiques pour savoir ce qu’ils en pensent. Toutefois, on peut s’arrêter sur plusieurs aspects :
Trois aspects à considérer sur le pain de communion
- Votre façon de prendre le pain sans croquer dedans témoigne d’un grand respect pour la personne du Christ, et c’est tout à fait louable. C’est prometteur pour avancer sur le chemin de la foi grâce au Christ.
- Par ailleurs, le fait de mâcher le pain fait écho à la formule de l’Évangile selon Matthieu, où Jésus invite à « prenez et mangez », et non seulement « prenez ». Cela évoque l’action d’assimiler activement la parole et la vie du Christ, pour devenir nous-mêmes son corps, unis par l’Esprit de Dieu et par un bienveillant souci de l’autre.
- Le pain est rompu en mémoire du Christ et de sa vie offerte. Certes, il y a là un geste de « violence » dans le fait de le briser, mais cette image rappelle sa mort sur la croix par amour pour l’humanité.
L’intention personnelle avant tout
Tout dépend donc de l’intention et du sens que l’on y met. Le mieux est de s’interroger sur ses propres gestes pour agir avec une bonne intention. Si d’autres agissent autrement et que cela nourrit leur communion au Christ, tant mieux : il y a de multiples façons de dire « oui » au Seigneur. Le plus sage est de supposer que chacun fait cela avec foi et respect, et de se réjouir de voir avancer son prochain sur le chemin de la foi.
par : pasteur Marc Pernot
Réaction de la visiteuse
Votre article m’apaise. Voyez-vous, en lisant la Bible, des questions me traversent parfois l’esprit : « Et si le serpent avait raison avec la pomme ? », « Et si tout cela n’existait pas ? ». Ces doutes me mettent mal à l’aise et me font me sentir coupable, mais la vérité finit toujours par chasser ces pensées.
Réponse du pasteur Marc Pernot
La plus mauvaise question est celle qu’on ne se pose pas. C’est précisément en s’interrogeant et en dialoguant que l’on progresse et que l’on approfondit sa relation à Dieu.
Dieu n’a rien à craindre de la vérité, ni de notre recherche à travers la prière, l’observation et la réflexion. L’apôtre Paul l’exprime bien dans sa première épître aux Corinthiens : « Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière confuse, mais alors nous verrons face à face ; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour » (1 Corinthiens 13:8-13).
Dieu vous connaît et vous reconnaît comme sa fille bien-aimée. Bon cheminement à vous.
par : pasteur Marc Pernot
À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de la notion de Communion – Sainte Cène – Eucharistie, voir l’article dédié dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.
En écho à ce texte :
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La « communion » donne-t-elle des grâces, selon la théologie Protestante ?
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Je prends la communion chez les protestants, mon curé m’a dit que je ne pouvais bénéficier de la présence de Jésus.
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La Sainte Cène est-elle indispensable ? Réflexion sur les sacrements et la foi

On peut aussi avoir des troubles de l’oralité, qui peuvent provoquer des réactions réflexes indépendantes de nos intentions. Je suis dans ce cas, j’ai beaucoup de mal à goûter par exemple un aliment nouveau quand sa texture physique ne me donne pas plus envie que ça. Ça peut être le cas aussi pour des médicaments, bref n’importe quoi.
Et la première fois (et seule fois) que je suis allée à une cérémonie dans une église catholique (j’avais 18 ans) j’ai eu cette réaction de rejet face à l’hostie, impossible de la mettre en bouche, j’avais donc en partie « recraché » car j’ai failli m’étouffer… J’ai essayé d’être la plus discrète possible et à la fin le prêtre est venu me voir, je me suis excusée mais il avait parfaitement compris que le problème n’était que matériel, que ça ne disait rien de mes intentions ou non.
Cet article m’a rappelé cette mésaventure à propos de laquelle j’avais envie de témoigner 🙂