je m’interroge sur la bonté de Dieu, car des Calvinistes affirment que Jésus n’est pas mort pour tous ?

Par : pasteur Marc Pernot

enfant que ses parents aident à apprendre à marcher - Photo by NeONBRAND on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je me pose quelques questions ces derniers temps et souhaite vous les adresser.

En effet, ces derniers temps je m’interroge sur la bonté de Dieu à cause de thèses que j’ai entendu chez les Calvinistes affirmant que Jésus n’est pas mort pour tous. Je ne suis personnellement pas d’accord, mais en réalité je ne comprends plus rien. Chaque être humain a-t-il vraiment la possibilité de se tourner vers Dieu? D’être sauvé? Ou bien, Dieu a-t-il crée des Hommes pour peupler l’Enfer?

Si Dieu déteste le méchant pourquoi nous demande-t-il d’aimer nos ennemis alors? Et ces peuples païens que Dieu ordonnait au peuple d’Israël de massacrer, les enfants, les bébés, les femmes….Ces gens ont-ils eu l’occasion de connaître Dieu? Je me demande si je crois en un Dieu crue finalement….

Merci d’avoir pris le temps de me lire!

Bonne journée!

Anna

Réponse d’un pasteur :

Chère Anna

Je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que Christ est mort pour nous sauver. Ce qui diffère c’est de comprendre pourquoi cela nous sauverait ?

  • Certains pensent que c’est pour payer le prix de notre punition. C’est plutôt cette théorie qui se prête à discussion
  • Nous sommes nombreux à penser que Christ est plutôt mort pour manifester son amour pour chaque personne humaine, et qu’en faisant cela il manifeste l’amour de Dieu pour l’humain, même pécheur. C’est ce qu’il affirmait en disant qu’il aime même son ennemi. C’est assez logique, car un père ou une mère parfaite aime son enfant même s’il fait des bêtises et le rejette, et ce bon parent n’a pas besoin de fouetter ni de massacrer auparavant le petit frère pour pouvoir pardonner à la grande sœur (quelle horreur). Ce bon parent aime les deux, la grande sœur sage et le petit frère turbulent. Et son amour n’a pas de prix, il n’y a rien à payer ni en compensation de la faute, rien à payer pour acheter au départ l’amour, ni pour rembourser l’amour donné à au départ. Seulement : on a le droit de s’en inspirer, et c’est une bonne idée, et cela fera certainement plaisir aux parents de nous voir grandir ainsi d’une belle façon. Il en est ainsi pour Dieu. C’est ce que nous dit Jésus.

Car oui, on peut se laisser inspirer, ou non, par l’amour de Dieu, par le bien ou choisir le mal. Cette liberté existe. Comme la liberté de Dieu existe d’aimer chaque personne sans condition. Et de la garder par amour. C’est ce qu’il a choisi de faire librement, sans que personne n’ait à l’acheter, pas même Jésus.

Ensuite, tout dépend de ce que l’on entend par salut : pour ce qui est de la vie future, je suis persuadé que Dieu aime chacun de ses enfants, que l’amour est plus fort que la mort, et donc que Dieu garde pour l’éternité chaque personne. Ensuite, il garde le meilleur de chacun, sa personnalité profonde. Il ne garde pas nos travers, nos manques ni notre méchanceté. Il y a du bon et de méchant en chaque personne, le jugement traverse ainsi chacun, gardant l’enfant de Dieu pour la suite. C’est tout à fait caricatural d’imaginer que Dieu garderait seulement ceux qui sont au-dessus de la moyenne comme dans un concours. Un père ou une mère aimante ne ferait jamais cela. Mais s’occupe pour toujours de chacune et chacun.

Mais vivre, c’est aimer. C’est ce qui développe nos facultés de la plus belle des façons. Donc celui qui n’aime pas, ou mal, cette personne est pauvre, démunie. Elle a besoin de soin. Le salut ce n’est pas seulement cette assurance de l’amour de Dieu donnant accès à la suite. Le salut c’est aussi se laisser soigner, se laisser purifier, améliorer, grandir par les soins de Dieu. C’est aussi vivre cette suite de notre propre genèse dont Dieu est la source et qu’il a bien du mal à réaliser sans nous et malgré nous. Peut-on forcer quelqu’un à aimer ? à espérer ? à être heureux ? ce n’est pas facile. Dieu est devant cette difficulté, même pour lui. Il peut nous aimer même si nous, nous ne l’aimons pas. Mais il ne peut pas nous forcer à aimer.

Dieu n’aime pas la méchanceté, mais il aime chaque personne. Il nous aime donc quand nous sommes méchant. Il sait que nous pourrions être mieux que cela, et son amour se manifeste en essayant de nous soigner pour que nous allions mieux. S’il rejetait le méchant, s’il l’abandonnait à la mort en disant : c’est son choix, au revoir ? Dieu serait alors comme un médecin qui refuserait de voir les personnes qui ont la fièvre. Ce serait assez stupide, mais au contraire, il s’occupe en priorité du plus malade. C’est ce qu’a montré le Christ en aimant chaque personne, et sans montrer une seule fois qu’il faille faire souffrir qui que ce soit pour mériter son amour, son pardon, ou son aide.

Je ne pense pas qu’il faille lire ces textes de la Bible où il est question de massacrer les méchants ou les étrangers à la lettre. Personne n’est 100% méchant, c’est donc la méchanceté que Dieu nous appelle à éliminer, la méchante personne qui est en nous, pour sauver l’enfant de Dieu qui est aussi en nous.

Bravo de réfléchir, de vous poser des questions et de chercher ainsi Dieu.
Il vous bénit et vous accompagne

Voir aussi dans mon petit dictionnaire :

par : pasteur Marc Pernot

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