Joie de Dieu ? Présence de Dieu ? Signes et paroles de Dieu ?

de multiples crêtes de montagnes au crépuscule - Image par lefteye81 de Pixabay

Nous sommes souvent la joie de Dieu.

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour Monsieur,

J’aimerais d’abord vous remercier pour votre blog très riche, il me permet vraiment de réfléchir ma foi !

Je me pose tout le temps des questions sur Dieu, mais j’ai essayé de n’en garder que trois que je voulais vraiment vous poser.

Je me souviens d’abord que vous aviez dit dans une une réponse précédente, qu’aimer quelqu’un c’était vouloir que cette personne soit heureuse. J’avais beaucoup aimé cette définition, mais elle m’a amenée à me poser cette première question : Est-ce que Dieu peut être heureux ? Et est-ce que moi qui veut L’aimer de tout mon cœur, peux participer à ce bonheur ? Lui plaire ? Si oui, comment ?

Ma seconde question portait sur Sa présence. Quand je m’adresse à Dieu dans mes prières, je me demande souvent, mais où est-Il ? Il n’est pas dans le ciel, ni dans mon cœur, ni dans mon esprit, ni diffus dans l’air, et je ne sait pas vraiment vers quoi me tourner quand je prie ou quand je médite, comme si je parlais dans le vide.

Ma dernière question porte sur Ses signes : comment fait-on pour différencier ce qui vient de Dieu comme pensée, parole, acte ou événement de ce qui vient de notre ego ou de celui des autres ? Ça semble tellement facile de tout interpréter comme des signes divins, comme des réponses à des prières, et je ne sais pas trop repérer les moments où Il s’adresse à moi.

Je vous remercie vraiment d’avance,
Que Dieu vous bénisse pour votre beau travail.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Mil mercis pour les encouragements ! Et bravo de vous interroger sur Dieu, surtout n’arrêtez pas, et n’hésitez pas à vous poser toutes les questions, et à prendre position vous même selon votre conscience éclairée par Dieu.

1) Oui, je pense qu’aimer c’est chercher à rendre l’autre personne heureuse, ou plus précisément chercher à ce que cette personne aille vers plus d’épanouissement de sa personnalité, plus elle-même, plus libre et plus consciente.
Et je pense que l’on peut rendre Dieu plus heureux, c’est en tout cas ce que dit Jésus dans ce qui me semble être le cœur même de l’Evangile, la parabole de la brebis perdue et retrouvée : « il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui change de mentalité » (Luc 15:7). C’est donc chaque petit pas, chaque petite victoire, chaque approfondissement chaque élévation qui rend Dieu plus joyeux, plus heureux à sa façon, bien sûr, qui est unique.

2) C’est vrai, Dieu n’est pas ici ou là, ni dans un bâtiment ou un lieu, ni dans un rite, ni dans un bout de pain ou de vin ni dans une bassine d’eau. Dieu est la source de l’espace, du mouvement, de la vie, de l’être. Il est donc dans un autre plan, à un autre niveau de réalité. Comme dans la parabole que je citais précédemment, il est celui qui aime, qui nous recherche, celui qui rend possible notre mouvement de communion avec lui et avec l’ensemble de la création. Il n’est pas dans le ciel, ni dans notre cœur, ni dans notre esprit, et pourtant il n’est pas sans rapport avec tout cela. Car il travaille à éclairer notre cœur, notre conscience et notre esprit, il y est donc un peu quand même, dans ce qui les anime et les élève. Pour savoir si vous avez parlé dans le vide il faut voir si, après avoir prié quelque temps, vous remarqué que vous avez avancé d’une belle façon. Si oui, c’est qu’il y a eu effectivement une puissance transcendante à l’œuvre, une source de vie, car sinon, tout tend à persévérer seulement dans son être.

3) Bonne question. Car dans notre conscience, tout cela est mélangé de façon indissociable. C’est pourquoi votre humble sincérité est tout à fait excellente. Considérer que des petits événements de la vie comme un feu rouge, le chant d’un oiseau ou le temps qu’il fait sont des signes de Dieu est assez dangereux, c’est de la foi transformée en superstition, et aller pas à pas vers plus de chaos dans son existence. Quand à la Parole de Dieu, elle est en acte, plutôt ouvrant de nouveaux possibles plutôt que de restreindre à un seul choix. Vous avez raison de vous poser cette question de savoir si telle idée nous vient de Dieu ou de notre imaginaire, ou de nos hormones. C’est très arrogant de dire « Dieu m’a dit ceci et cela… », il faudrait plutôt dire « je me demande si la volonté de Dieu serait ceci et cela », et réfléchir dessus, et prier encore, et peut-être en discuter avec une personne en qui nous avons confiance pour croiser les points de vue, tout en gardant absolument sa propre liberté de discernement sur ce genre de question. Puis, oser un choix qui sera le nôtre, mais qui aura pris la peine d’ouvrir notre conscience à Dieu. Comment savoir alors si c’était la volonté de Dieu ? Dieu est comme un GPS qui recalcule en permanence sa volonté en tenant compte de notre choix pour l’accompagner, donc, à moins que notre choix soit une catastrophe absolue (auquel cas nous aurons vite le sentiment que nous avons fait n’importe quoi et qu’il faut revenir), sinon, Dieu a adopté notre choix et nous aidera à l’optimiser. Nous sommes donc seulement appelés à continuer à chercher à l’écouter. C’est la promesse donnée à Jacob par Dieu : Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans ce pays; car je ne t’abandonnerai pas » (Genèse 28:15).

Vous pouvez donc avancer sans crainte, hors de tout chantage, en confiance. Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. Rochat dit :

    (Je remet ici ma réponse laissée par mail)

    Vos réponses ouvrent vraiment mes perspectives ! Notamment par rapport à la dernière question, je me sentais un peu “paralysée” par la peur de prendre la mauvaise décision, mais ce que vous avez dit me donne vraiment envie de me mettre plus en confiance en Dieu 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *