Que répondrais-tu à ce texte de Comte-Sponville expliquant son athéisme?

Par : pasteur Marc Pernot

Illustration : une statue d'Aristote (Albert Ludwigs Universität) - Image par1195798 de Pixabay

Statue d’Aristote

Question d’un visiteur :

Bonjour Marc

Que répondrais-tu à ce texte assez célèbre d’André Comte-Sponville ? C’est un texte qui m’avait ébranlé il y a une petite vingtaine d’années … mais aujourd’hui j’ai le sentiment que ce texte avance sur un chemin de crête et peut basculer du côté de la foi justement… Aujourd’hui, ce serait par expérience de la vie spirituelle que je réfuterais ce texte et m’en désolidariserais, mais tu vas sans doute, comme à ton habitude, fidèle à ta formation scientifique, trouver sans doute des arguments rationnels pour réfuter ce texte …

« Quel triste père ce serait, celui qui, pour respecter la liberté de ses enfants, refuserait de vivre avec eux, de les accompagner, et même de s’en faire expressément connaître ! La Révélation ? Mais quel père se contenterait, pour élever ses enfants, d’une parole adressée à d’autres, morts depuis des siècles, et qui ne leur serait transmise que par des textes équivoques ou douteux ? Quel père renverrait ses enfants à la lecture de ses œuvres choisies, ou celles de ses disciples (lesquelles ? la Bible ? le Coran ? les Upanishad ?) plutôt que de leur parler directement et de les serrer contre son cœur ? Drôle de père, drôle de Dieu ! Et quel père plus atroce que celui, lorsque ses enfants souffrent, qui se cacherait encore ? Quel est ce Père qui se cache à Auschwitz, qui se cache au Rwanda, qui se cache quand ses enfants ont mal ou peur ? Le Dieu caché de Pascal ou d’Isaïe serait un mauvais père. Comment l’aimer ? Comment y croire ? L’athéisme fait une hypothèse plus vraisemblable. Si Dieu ne se voit pas et si l’on ne peut comprendre qu’il se cache, c’est peut-être tout simplement, qu’il n’existe pas. (…). »

« Si je ne crois pas en Dieu, c’est aussi, et peut-être surtout, parce que je préfèrerais qu’il existe. C’est le pari de Pascal, si l’on veut, mais inversé. Il ne s’agit pas de penser le plus avantageux – la pensée n’est ni un commerce, ni une loterie -, mais le plus vraisemblable. Or Dieu est d’autant moins vraisemblable qu’il est davantage désirable : il correspond tellement bien à nos désirs les plus forts qu’il y a lieu de se demander si nous ne l’avons pas inventé pour cela. »

« Que désirons-nous plus que tout ? Ne pas mourir, retrouver les êtres chers que nous avons perdus, être aimés … Et que nous dit la religion, par exemple chrétienne ? Que nous ne mourrons pas, ou pas vraiment, ou que nous allons ressusciter ; que nous retrouverons en conséquence les êtres chers que nous avons perdus ; enfin que nous sommes d’ores et déjà aimés d’un amour infini … Que demander de plus ? Rien, bien sûr, et c’est ce qui rend la religion improbable ! Par quel miracle le réel, qui n’est pas coutumier du fait, correspondrait-il à ce point à nos désirs ?

Cela ne prouve pas que Dieu n’existe pas – puisqu’il serait celui, par définition, qui rendrait les miracles possibles-, mais cela pousse à se demander si Dieu n’est pas trop beau pour être vrai, si croire en lui, ce n’est pas prendre ses désirs pour la réalité, bref si la religion n’est pas simplement une illusion, au sens que Freud donne à ce terme : non forcément une erreur (il se pourrait, répétons-le que Dieu existe), mais « une croyance dérivée des désirs humains. » Cela, sans la réfuter, la fragilise.

« Il serait certes très beau, écrit Freud, qu’il y eût un Dieu créateur du monde et une Providence pleine de bonté, un ordre moral de l’univers et une vie future, mais il est cependant très curieux que tout cela soit exactement ce que nous pourrions nous souhaiter à nous-mêmes. » Croire en Dieu, c’est croire au Père Noël, mais à la puissance mille, ou plutôt infinie. C’est se donner un Père de remplacement, qui nous consolerait de l’autre ou de sa perte, qui serait la Loi vraie, l’Amour vrai, la Puissance vraie, qui accepterait enfin de nous aimer comme nous sommes, de nous combler, de nous sauver … Qu’on puisse le désirer, je ne le comprends que trop bien. Mais pourquoi faudrait-il y croire ? « La foi sauve, disait Nietzsche, donc elle ment. » Disons qu’elle nous arrange trop pour n’être pas suspecte.

André Comte-Sponville, Extrait de « Présentations de la philosophie », Albin Michel, 2000.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

André Comte-Sponville est un auteur que j’aime bien et que je lis. Bien entendu, cela ne m’empêche pas de ne pas être d’accord avec une partie de ce qu’il raconte, en particulier ce qu’il appelle son athéisme, que l’on peut respecter, bien entendu. Cela lui appartient. Et je n’attends pas qu’il s’en justifie. Par exemple, moi-même, je n’ai jamais aimé le cirque, j’ai horreur des clowns, des dompteurs d’animaux, des acrobates et de la musique de cirque, je ne me déclare pas a-cirque pour autant, cela ne me définit pas. Le fait qu’il se déclare athée me semble un peu inutile, si Dieu n’entre pas dans ses hypothèses, il peut parler de quantité d’autres sujets et continuer à élaborer sa philosophie (qui est peut-être à 9/10 (à mon avis) de la philosophie helléno-chrétienne, ce qui est très bien, et m’intéresse.

Mais passons, il a ressenti le besoin d’expliquer son athéisme, c’est possible que ce soit en réponse à une interpellation par des croyants. La meilleure explication qu’il pourrait en donner, à mon avis, c’est « cela ne m’inspire pas », ou « cela me laisse indifférent ». Il a choisi ici plutôt d’attaquer la foi, en particulier la foi chrétienne, c’est permis, évidemment. Mais la justification qu’il donne ici de cette position ne me semble pas très sérieuse.

En particulier cet argument que Dieu serait trop beau pour être vrai, que c’est donc inventé. Cet argument me semble ridicule. Une bouffée d’air frais est exactement ce qui réjouit mes poumons ? Trop beau pour être vrai, je refuse de respirer. Un grand verre d’eau fraîche est exactement ce que demande mon corps en plein été ? Trop beau pour être vrai, je me détourne de la fontaine, qui ne peut être qu’une projection de mes fantasmes, avec la preuve par Freud ? La femme de ma vie est mon bonheur, elle me correspond trop pour être vraie, le plus raisonnable est de refuser son amour et de refouler le mien qui ne peuvent être vrais. Quel raisonnement génial ! On peut poursuivre : il y a rien qui me fasse moins envie que de me taper la tête contre les murs : ah, voilà donc sans doute alors une vraie piste pour que ma vie soit belle, agréable et créatrice ?

C’est vrai que Dieu correspond à notre être, car nous sommes faits pour être en relation avec lui/elle. Comme l’eau et notre soif, comme l’air pour nos poumons, comme Juliette pour Roméo (je n’ai pas pris ces exemples au hasard, ce sont précisément des images fréquemment utilisées dans la Bible pour évoquer ce que nous apporte Dieu). André Comte-Sponville le sait, il a certainement lu les Confessions de Saint-Augustin qui est un monument de la philosophie depuis 15 siècles, et fait partie des classiques au même titre que le Banquet de Platon. Il pourrait dire que personnellement, il n’en ressent pas le besoin. Comment ne pas respecter une personne qui nous dirait ne jamais avoir été amoureuse de sa vie, ni la moindre envie de vivre autrement que célibataire. C’est parfaitement respectable, et pas besoin d’aller consulter un psychanalyste freudien pour autant. Ce qui me semblerait plus inquiétant est une personne qui fuirait d’autant plus l’amour qu’elle est amoureuse. Mais bon, il y a bien des façons de fonctionner.

La description qu’il donne de la foi chrétienne est assez, euh, discutable : « que nous dit la religion, par exemple chrétienne ? Que nous ne mourrons pas, ou pas vraiment, ou que nous allons ressusciter ; que nous retrouverons en conséquence les êtres chers que nous avons perdus ; enfin que nous sommes d’ores et déjà aimés d’un amour infini« .

  1. d’accord sur ce dernier point « que nous sommes d’ores et déjà aimés d’un amour infini« . C’est vrai, c’est ce que nous appelons la grâce de Dieu. Un philosophe aux idées sympathique comme lui dirait peut-être que toute personne a une dignité radicale. C’est la même chose, et cela me semble essentiel comme base d’une éthique laissant place aux droits de l’humain. Mais ce n’est pas parce que cela nous semble être une bonne idée (tirée de l’Evangile du Christ) que, là encore, parce que cela entre en résonance avec ce que nous ressentons viscéralement comme bien, que ce serait une illusion trompeuse que les esprits supérieurs, qui ne sont pas dupes, eux, devront écarter.
  2. l’idée de la vie après la mort existe dans la foi chrétienne, mais c’est très peu développé dans les Evangiles, et c’est une espérance à la quelle ne croient pas vraiment une large partie des chrétiens convaincus. Ce dont parle les évangiles et la foi chrétienne c’est avant tout de la vie avant la mort, que la foi peut approfondir considérablement. Ce n’est as une vague promesse invérifiable, c’est ce que vivent des milliards de croyants de quantité de religions, depuis que l’humain n’est plus seulement une sorte de singe. On a le droit, évidemment, d’enrichir son cheminement de vie non pas de foi et de philosophie, mais de philosophie sans Dieu. Mais il ne sert à rien de nier, ou de passer sous silence cette expérience essentielle de la foi faite par une importante partie de l’humanité, et de résumer la foi à ce qu’elle a de plus inimaginable.
  3. Sa tirade sur « Quel triste père ce serait, celui qui, pour respecter la liberté de ses enfants, refuserait de vivre avec eux, de les accompagner, et même de s’en faire expressément connaître… » montre une profonde méconnaissance de la théologie chrétienne. Je reconnais que c’est un petit peu la faute de la prédication chrétienne, entendue peut-être à l’occasion d’une cérémonie de circonstances rapidement préparée, une mariage ou des obsèques ? Si dans la prière nous nous adressons à Dieu comme à une personne proche de nous, comme à un ami que l’on tutoie, nous savons bien que Dieu est aussi une réalité transcendante, non pas physique mais métaphysique, d’un tout autre ordre qu’un humain ou le surhomme dont parle ici André Comte-Sponville. Oui, Dieu aime, accompagne, et se révèle à chacune et chacun, mais dans une inspiration, dans une évolution, une force, un éclairage qui se manifeste dans la profondeur de notre être, pas dans l’action externe d’un humain en chair et en os. Quelle vie serait si ce que dit ici André Comte-Sponville était vrai ? Un Dieu empereur trônant à Jérusalem, imposant SA vérité sur tout, envoyant son armée ou sa foudre contrer les tyrans ? (au passage, André Comte-Sponville gagne un « point Godwin » pour son évocation d’Auschwitz comme argument contre l’existence de Dieu, argument qui pourrait tout autant être retourné contre la philosophie athée, mais je n’oserai pas. Dieu ne tire pas les ficelles de l’actualité ni du climat, il est un appel profond, il est une source d’évolution, pas un magicien.

Enfin, il dit que, selon lui, « L’athéisme fait une hypothèse plus vraisemblable. Si Dieu ne se voit pas et si l’on ne peut comprendre qu’il se cache, c’est peut-être tout simplement, qu’il n’existe pas. »

  1. Dieu ne se voit pas, c’est vrai, mais ce n’est pas qu’il se cache pour autant. C’est que c’est sa nature qui est ainsi. L’amour non plus ne se voit pas et pourtant certains l’ont expérimenté et en témoignent. Leurs témoignages sont divers, subjectifs comme le sont les témoignages sur Dieu, cela ne les rend que plus vraisemblables. Ce que l’on voit ce sont les effets de l’amour, les preuves d’un amour vrai.
  2. Et si, à mon avis, l’existence de « quelque chose » au delà du simple hasard est l’hypothèse la plus vraisemblable, la plus raisonnable à l’existence de l’univers tel que nous le voyons, avec son évolution prouvée par la science, avec cette incroyable intelligence qui s’observe dans mil détails physiques, à commencer par la possibilité même qu’a l’énergie de prendre la forme de molécules, jusqu’au fonctionnement d’un simple œil. Hier, en me promenant dans la montagne, il y avait un ancien chalet d’alpage construit évidemment avec des matériaux tirés de l’environnement immédiat : des pierres et du bois tout juste équarrit pour les poutres et les portes et la seule fenêtre, des lauzes comme couverture. Nul n’a vu construire ce chalet. La première hypothèse est que le seul hasard a disposé ces matériaux ainsi, peut-être emportés par le vent du pierrier proche et tombés par hasard en forme de murs parallélépipèdique, que les maigres mélèzes poussant en contrebas ont été fendus par le gel ou la foudre, possiblement, et sont tombés en forme de portes et de charpente… La seconde hypothèse est qu’une intelligence à dirigé ces travaux. Cette seconde hypothèse me semble la plus vraisemblable. Mais ce n’est pas une preuve, juste une présomption.

Mais de toute façon, au delà de cette existence (ou non) de Dieu comme créateur extérieur à l’univers matériel, ce qui se pose comme question et nous tous, philosophes sans Dieu et théologiens, c’est de chercher « ce qui » est favorable à la vie, à la vie plus belle, meilleure, plus juste, plus abondante et créatrice. la spécificité du théologien est de nommer « Dieu » ce « ce qui ». Cette recherche me semble distinguer le philosophe (qui par définition est ami de la sagesse mais qui la cherche car il sait ne pas la posséder) du sage (qui pense détenir déjà la sagesse). On pourrait dire au philosophe que puisqu’il cherche sans arrêt une sagesse sans l’atteindre, sans la voir, sans la posséder, l’objet de sa philosophie est vain ? Je ne le pense pas et il me semble que nous pouvons travailler ensemble dans le respect mutuel, philosophes avec ou sans Dieu, théologiens, hommes et femmes de bonne volonté cherchant qu’est-ce que c’est que vivre.

La mystique est autre chose. Elle est pour nous le complément de la théologie. Cette dernière cherche à dire quelque chose sur Dieu, sachant bien qu’il dépasse ce que l’on peut penser et dire. La prière est une recherche de mise en regard de notre être et de ce Dieu. Cette démarche de contemplation et de prière (même s’il ne les appellerait pas comme ça), n’est à mon avis pas étrangère à un philosophe sans Dieu qui chercherait à faire de sa philosophie un art de vivre, et non pas seulement un jeu intellectuel comme le Scrabble.

Dieu te bénit et t’accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Si vous voulez, vous pouvez voir aussi, dans le petit dictionnaire de théologie :

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2 réponses

  1. Philippe dit :

    Monsieur le Pasteur,

    J’ai lu avec intérêt votre réponse sur Compte Sponville.

    Très bien.

    Mais je ne peux pas croire que vous défendiez l’idée que l’Evangile ne donne pas l’espérance de la vie après la mort (« Dieu n’est pas le dieu des morts mais des vivants »). Pourquoi le Christ serait-il ressuscité ? Pour lui seul ? Vous ne croyez pas en la Résurrection ?

    Selon moi, au sens technique du terme, un chrétien qui ne croit pas en la Résurrection ne l’est plus vraiment, même si bien sûr toute personne est libre de croire et qu’une personne peut être très bonne indépendamment de toute foi en la Résurrection ! En effet, Paul a dit :

    Et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine.
    (1 Corinthiens 15:14)

    Merci !

    • Marc Pernot dit :

      Bonsoir Monsieur

      Merci pour vos encouragements.

      Comme vous le voyez, c’est un billet de dialogue avec des milieux athées, dont un des arguments très fréquents est de dire que l’humain aurait inventé Dieu afin de se rassurer lui-même face à sa propre mort, en s’inventant une vie future, accordée par un ami imaginaire. Face à cela, il me semble important de dire que la vie future n’est pas le point central dans la Bible. Ce qui est un fait avéré. L’Ancien Testament n’en parle presque pas (au plus deux ou trois allusions sur plus de mil pages). Et Jésus n’en parle que quand on l’interroge dessus, et ce n’est qu’à travers quelques versets. Par exemple à l’occasion d’un dialogue avec Marthe en deuil de son frère, et là encore, Jésus détourne l’attention sur la vie présente et la foi présente de Marthe, afin que, elle, ressuscite maintenant. Jésus dit à cette occasion qu’une vie présente vraiment vivante ne meurt pas à la mort du corps. Je pense donc que l’on peut effectivement dire que la préoccupation centrale de l’enseignement de Jésus n’est pas la vie future. Ce qui répond à l’attaque sournoise des athées contre la foi.

      Quant à l’apôtre Paul, sa conception de la résurrection lui permet de dire comme en Colossiens 3:1 « vous avez été co-ressuscités avec Christ, cherchez maintenant les choses d’en haut… revêtez-vous de l’amour… »
      La résurrection est ainsi un acte de Dieu à vivre maintenant dans cette vie, la transformant. Vie qui est par ailleurs plus forte que la mort. Paul parle même ici de la résurrection au passé, et appelle à la cohérence pour notre façon de vivre maintenant…

      Chacun a bien entendu le droit de donner une définition de ce qu’est être chrétien ou non. Au sens technique du terme, être chrétien c’est confesser que Jésus de Nazareth est le Christ, c’est à dire la source décisive du salut de Dieu pour toutes les nations et toutes les générations. Quel est exactement ce salut et comment il marche, cela est discuté depuis des millénaires avec des sensibilités et variantes. C’est ce que le Christ lui-même a permis en n’écrivant pas de dogmatique ni de règlement d’église.

      Il est de fait aussi qu’une proportion importante de chrétiens n’est pas persuadée que la personne en elle-même continue à vivre après la mort de son corps. Cela me semble tout à fait leur droit, et je ne pense pas une seconde que ce serait une bonne idée de les critiquer pour cela. D’une manière générale, il me semble que le Christ seul pourrait dire à une personne qu’elle ne serait pas digne d’être appelée chrétienne à cause de telle ou telle croyance ou tel ou tel doute. Je ne pense pas que Jésus aurait fait cela, lui qui célèbre la grande foi d’un centurion romain qui n’était sans doute même pas monothéiste.

      Dieu vous bénit et vous accompagne

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