On dit que quand on meurt, l’âme ne meurt pas ? à mon avis l’âme est indissociable du corps.

Par : pasteur Marc Pernot

danseuse habillée d'une robe blanche, tournouyant - Photo by Ahmad Odeh on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonsoir Marc,
J’espère que vous et votre famille vous portez bien.
J’aimerais avoir votre opinion sur l’âme. J’entends dire très souvent que quand on meurt ce n’est que le corps et que l’âme ne meurt pas, à mon avis l’âme est indissociable du corps, en fait c’est moi. L’âme n’est pas un truc qui se matérialiserait pour sortir de nous.. De plus on meurt, les médecins constatent la mort, le cerveau s’arrête et on dit que on est pas mort que l’âme reste 3 jours.. J’espère que vous me suivez. Ensuite on nous enterre et on se rend compte après enquête n’est ce pas que les ongles et les cheveux continuent de pousser donc l’âme est présente ! J’ai la tête en bas avec tous ces arguments auxquels je ne suis pas habituée mais reste ouverte aux autres. Bien à vous.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Votre avis rejoint celui de la Bible !

Ce sont plutôt dans la littérature grecque (Platon et ses descendants), ou dans le Bouddhisme, que l’on pense l’âme comme distincte du corps, le corps étant vu plutôt comme une malédiction.
Dans la Bible, il n’est pas question d’âme, en réalité. Une traduction trompeuse a mis parfois ce mot « âme » de la pensée grecque mais en réalité il faudrait traduire « un être ». Comme par exemple en Genèse 1:21 où les animaux sont appelés « êtres vivants » alors qu’il y a en hébreu ce mot nepheh parfois traduit ailleurs par « âme ».

Ce sont à mon avis des légendes de dire que l’âme resterait trois jours, voire plus selon certaines pensées africaines, par exemple. Selon Jésus, la personne reste vivante même quand son corps meurt (Jean 11:25), elle a alors un corps spirituel ou glorieux (comme le dit Paul dans 1 Corinthiens 15). Il s’agit bien entendu d’une façon de parler car nous ne connaissons, nous, pour l’instant, que des corps faits de matière. A mon avis cette façon de parler souligne l’importance de la personne individuelle. La pensée bouddhiste relativise cette importance, elle est considérée comme une erreur, un accident malheureux, l’âme passant de corps en corps, cherchant à s’en délivrer pour rejoindre enfin dans le grand tout. Dans l’Evangile c’est l’amour qui est mis en avant, donc la relation de personne à personne, dans sa qualité de relation, d’attachement. Cela n’a de sens que dans le cadre de personnes distinctes.

Ensuite, c’est vrai que notre corps est un tas de cellules qui n’ont pas toutes les mêmes besoin et certaines continuent à vivre un certain temps comme celles qui font pousser les ongles et la barbe. Il parait qu’un canard sans tête peut encore courir quelques secondes. Cela ne veut pas dire qu’une âme serait présente ! Cela veut dire que des cellules sont encore vivantes et bien organisées, avec assez d’énergie en réserve, c’est tout. Pour le canard comme pour l’humain, d’ailleurs. La personne, elle, est en tout cas vivante en tant que personne dans le cœur de ceux qui l’aiment, et vivante en Dieu. Chaque personne est une personne toute neuve qui se crée tout au long de sa vie en ce monde et, je pense, continue à vivre et à évoluer dans la suite, autrement.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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