
Un fœtus peut-il aller au paradis ?
Une future maman qui vient de perdre son bébé en cours de grossesse demande si un fœtus a une place au paradis. Un pasteur répond en distinguant la grâce de Dieu, envisageant le paradis comme un état plutôt qu’un lieu, et évoquant le chaos naturel qui produit parfois des accidents malgré la volonté de Dieu.
Question posée :
Bonjour,
Je viens de perdre un bébé à cinq mois et demi de grossesse. Lundi, il sera enlevé de mon ventre. Je suis triste et en même temps très sereine, car je crois que ce petit est parti ailleurs auprès de Dieu et que ce n’est pas plus mal. À mon sens, la nature fait bien les choses. S’il est parti, c’est qu’il ne pouvait pas vivre sur terre.
Les chrétiens, la Bible et vous, protestants, avez-vous un avis là-dessus ? Je veux dire : les bébés avortés spontanément (ou avortés par IVG d’ailleurs) ont-ils une place au paradis ?
Bien à vous,
Réponse d’un pasteur :
L’amour de Dieu pour un petit être qui n’a rien accompli sur terre
Bonsoir madame,
Oui, franchement, je suis convaincu que l’amour de Dieu fait cela.
Votre amour pour ce petit est une bonne chose. Cela me rappelle une grand-mère qui venait préparer les obsèques de son mari. Quand je lui ai demandé de parler d’eux, elle m’a répondu qu’ils avaient eu quatre enfants, dont trois étaient vivants, et un qui était mort malheureusement à quelques mois de grossesse. C’était 70 ans dans le passé, et elle le gardait en mémoire. Si une mère ou un père humains, comme cette femme et comme vous, peuvent garder ainsi la mémoire affectueuse de leur enfant inconnu, finalement, Dieu le garde plus certainement, plus parfaitement et plus durablement encore. Je dirais même que votre amour, à Dieu et à vous, pour ce petit être qui n’a rien accompli sur terre, qui n’a pas eu l’occasion d’exprimer sa personnalité, cet amour est précisément ce que l’on appelle « la grâce », en théologie biblique.
Le paradis : un état plutôt qu’un lieu
Par contre, l’idée du paradis est souvent un peu teintée de légendes, comme Alice au pays des merveilles. Nous ne savons pas grand-chose de la vie future, et la Bible ne nous en dit pas grand-chose non plus, si ce n’est que c’est quelque chose de notre être personnel et de nos relations qui demeure vivant. Et si l’on parle de vie, cela comprend nécessairement quelque chose de l’ordre du cheminement, de l’évolution, de la croissance, des défis à relever, encore. Donc, votre petit n’est pas posé là dans un couffin garni de plumes d’anges quelque part dans un coin du paradis, mais il vit la suite de sa vie autrement. Et vous pouvez continuer à penser tranquillement à lui comme se développant de cette façon particulière que nous aurons d’évoluer dans la vie future. Le paradis n’est pas un lieu, c’est un état. Je ne dirais pas que l’on « retrouvera » ceux que l’on aime dans la vie future : c’est l’amour qui ne meurt jamais, et c’est donc la relation que nous avons avec eux maintenant qui restera vivante au-delà de la survie de nos cellules.
Le chaos naturel, la volonté de Dieu et notre part à jouer
Est-ce que la nature a bien fait les choses et que cela lui évite une vie en ce monde bien inconfortable ? C’est possible. Mais ce n’est pas toujours le cas : il peut arriver des accidents de parcours malencontreux, comme il existe des catastrophes naturelles tuant, blessant et ruinant des personnes ; elles arrivent malgré la volonté de Dieu et des humains. Les cellules ont une vie complexe, et parfois le chaos, qui est une partie intégrante de la matière, produit des effets non désirés. C’est peut-être ce qui est arrivé à ce fœtus et à vous. Quelles qu’en soient les causes, c’est profondément désolant, compte tenu du fait que vous attendiez ardemment cet enfant, ce qui fait que cet événement qui vous frappe n’a rien à voir avec le cas d’une IVG. Et il est tout à fait juste de ressentir, en ce cas, de la tristesse, et un sentiment de cruelle injustice. Dieu est à vos côtés, lui qui veut toujours que la vie la plus belle possible s’actualise dans notre histoire. Et il nous appelle non seulement à nous serrer les coudes face à ce qui nous frappe, les uns et les autres, mais il nous donne aussi la mission de travailler, par la médecine et par les soins, à poursuivre l’œuvre de la création. Et en faisant cela, nous ne luttons pas contre la volonté de Dieu, mais nous travaillons avec lui, à notre mesure et lui à la sienne, chacun à son rythme, pour que tout se passe le mieux possible.
C’est mon avis en tant que croyant et en tant que théologien. Cependant, comme protestants, nous sommes dans la liberté, et d’autres points de vue existent.
Dieu vous bénit et vous accompagne.
par : pasteur Marc Pernot
En écho à ce texte :
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J’ai subi un IVG il y a vingt quatre ans. Mon. Bb est t’il au paradis
Vous êtes capable de garder cet embryon dans votre pensée, dans votre cœur, alors qu’il n’était pas encore grand chose. Soyez tranquille que Dieu le garde lui aussi dans son amour.