Après un terrible accident, je voudrais ouvrir mon cœur à Dieu, cheminer avec le Christ.

Par : pasteur Marc Pernot

mains tendues en prière vers le ciel, dans la nuit - Photo by Amaury Gutierrez on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour Cher pasteur,

Faisant des recherches sur internet j’ai pu voir certains de vos commentaires sur je cherche Dieu ch .

Tout d’abord je me présente je m’appelle Françoise, j’ai 2 enfants je suis divorcée du 1er papa et j’ai une enfant avec un autre conjoint. J’ai été baptisée, j’ai fait ma communion, de là j’ai toujours laissé un peu de côté ne sachant pas si je devais y croire ou non. Il m’arrivait quand même parfois depuis mon enfance de faire une prière le soir pour remercier Dieu de ce qu’il fait pour nous ma famille mes enfants mes proches et de lui demander de l’aide ou et de nous protéger.

En décembre dernier, une amie a perdu sa fille de 6 ans dans un accident domestique, ma fille était présente. Depuis je n’arrive pas a m’en remettre, je m’en veux beaucoup car j’avais laissé ma fille à garder quelques heures à cette amie. J’ai aussi beaucoup de mal car c’était une enfant ……. du coup j’ai commencé à rechercher en ce qui concerne la vie après la mort, ça m’a fait un peu de bien de me dire que peut être il y a une autre vie ou est cette petite fille. Puis je me suis dis qu’il fallait que j’ouvre mon cœur à Dieu et à Jésus Christ donc je prie plus qu’avant puisque la j’essaie de le faire chaque jour, 2 ou 3 prières.

Mais en fait j’ai aussi peur car je le rends compte en découvrant l’histoire de Dieu et de Jésus christ que j’ai beaucoup pêché avant et je me demande si tout est pardonnable au yeux de Dieu ?

Adultères c’est vieux mais quand même me pardonneras t’il ?

L’homme avec qui je suis actuellement est chrétien mais pas pratiquant il aime des jeux sexuels ou je ne sais même pas si c’est autorisé. Du coup on ne le fait plus, malgré nos envies car j’ai peur de pêcher, pouvez vous m’aider à ce sujet ?

Puis je vous demander comment ouvrir son cœur à Dieu pouvez vous me guider sur la voie de Jésus Christ ?

Et comment ne pas mettre mon conjoint de côté ?

Merci beaucoup de l’attention à mon mail

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame

Cet épisode de la mort de cette fillette est extrêmement dur. Je suppose que c’est un traumatisme aussi pour votre fille à vous. Les parents de la fille doivent être dévastés, par la perte de cette enfant, drame absolu. Il arrive malheureusement souvent dans ce genre de drames qu’en plus de cette perte les proches ressentent une culpabilité épouvantable à vivre. Il est probable que c’est ce réflexe fréquent qui vous fait aussi culpabiliser, je pense. Alors que c’est tout à fait normal de laisser ses enfants en garde un moment chez une amie.

La mort de cette petite fille est un terrible gâchis. Dieu n’a pas pu vouloir cela, c’est tellement cruel et injuste, c’est tout l’inverse de ce qu’est Dieu : la source ultime de la vie.

Je pense que la vie continue après la mort de notre corps, cela ne rattrape pas tout ce que cette fille aurait pu être et vivre durant cette vie terrestre, et qui était une merveille, faite pour rayonner.

Du coup, je trouve que cela nous fait mesurer que chaque jour sur cette terre est une merveille précieuse, si précieuse et si fragile. Cela donne envie de la valoriser, d’en profiter pour la vivre en goûtant l’essentiel : de belles relations, de la simplicité, la joie de faire du bien au delà de ce que les gens attendaient et d’être ainsi une source de vie et de bonnes surprises.

Je suis bien d’accord avec vous sur le fait de goûter cette vie encore plus grâce à la prière à Dieu, pour le remercier et lui demander son aide.

Bravo à vous de réagir ainsi, en cherchant à donner un nouveau souffle à votre vie, en particulier en faisant place à Dieu. Je suis persuadé que cela vous apportera énormément, à vous et à ceux que vous rencontrerez. Bravo, parce que les drames peuvent parfois provoquer en nous un durcissement de notre cœur. De tels accidents tout à fait révoltants peuvent conduire également certaines personnes à perdre la foi en Dieu, ou plutôt perdre la foi dans une certaine idée de Dieu qu’ils avaient en tête. Alors que vous, vous cherchez, très justement, à vous interroger sur Dieu, mieux comprendre ce qu’il peut faire ou non, et à renouer le contact avec Dieu.

Oui, Dieu pardonne. C’est même plus que cela : il nous aime personnellement, car comme cette petite fille que vous pleurez, nous sommes personnellement une merveille pour Dieu, une merveille qu’il ne veut absolument pas voir se perdre. Donc oui, absolument oui : en toute circonstance vous pouvez vous tourner vers Dieu et compter sur sa bienveillance à votre égard, encore et encore. L’Evangile nous montre même que Dieu redouble de prévenance et de soins pour une personne qui a un problème (quel qu’il soit : de comportement, de foi, de désirs…). C’est tout à fait normal que Dieu soit ainsi, car ce que nous sommes et ce que nous faisons ne lui est pas indifférent. Une mère, un médecin ou un professeur d’école fait la même chose pour aller vers celui ou celle qui en a le plus besoin et chercher à l’aider.

Bien sûr que l’adultère n’est pas une bonne façon de vivre. Car tromper une personne qui place sa confiance en nous est faire place au chaos. L’évangile nous dit qu’une fois, Jésus est placé face à une femme adultère que des personnes moralistes voudraient condamner, au nom de la Bible et de Dieu, ce qui est encore pire. Jésus n’est pas comme ça, il dit à la femme « Je ne te condamne pas : va, et ne pèche plus. » (Jean 8). Dieu est comme cela, il nous aide à nous relever, il nous aide à nous tourner vers un meilleur avenir, il nous aide à avancer. Cet épisode casse tellement le moralisme des intégristes que ce passage de l’Evangile de Jean manque dans certains manuscrits anciens. Il est d’autant plus important, essentiel pour nous donner confiance dans le pardon de Dieu.

Vous êtes dans un couple stable et fidèle, quelles pratiques sexuelles sont autorisées ou non ? Je dirais que c’est le respect de l’autre, c’est absolument prendre en compte le désir de l’autre et ne pas aller contre. C’est de ne pas blesser ni son propre corps ni le corps de l’autre, cela aussi c’est du respect et de l’autre et de soi-même. Dieu n’est pas contre le plaisir, c’est une bénédiction. Ce qui est mauvais c’est de faire du plaisir le but de la vie. Car alors c’est un vrai problème pour nous et pour notre entourage. En ce qui vous concerne, vous me dites que vous avez tous les deux envie de ces jeux, et que vous contrôlez tous les deux ces pratiques puisque vous arrivez à vous empêcher, ce n’est donc pas une sorte de folie qui vous domine, mais bien votre choix. Je ne vois pas de problème a priori, c’est à vous de vous poser la question de ce que vous voulez faire ou non, et d’en parler ensemble tous les deux.

Vous êtes en train d’ouvrir votre cœur à Dieu. Ou en tout cas de le chercher, et de chercher à lui faire une place dans votre vie. Pour s’ouvrir à lui, cela aide énormément de lui faire confiance. Votre question sur le pardon de Dieu est donc vraiment essentielle. Si l’on avance à cause de la crainte de Dieu et qu’il ne nous refuse la vie éternelle, ce n’est pas très sympa pour Dieu d’avoir cette image de lui, et l’on est un peu crispé devant lui comme devant un terrible juge qui pourrait aussi bien arrêter de nous soigner. Mieux vaut donc, comme vous le dites « ouvrir son cœur à Dieu », et cela, on ne peut le faire que quand on est en confiance qu’il nous voudra toujours du bien et que de lui ne pourra venir que de bons soins.

Et pour vous ouvrir ainsi à l’amour efficace de Dieu dans notre vie, vous avez bien raison de chercher à suivre ce chemin qu’est le Christ. C’est tout à fait son rayon, si je puis dire. Comment cheminer avec lui, grâce à lui ? Cela commence, je pense par le connaître un peu, et pour cela de lire les évangiles. Ensuite, il est bon de relire ces textes des évangiles en les laissant « travailler » notre être par ces textes, cela se fait dans un esprit de prière, demandant à Dieu de nous éclairer à travers le texte lu, demandant à Dieu de nous soigner, de nous faire grandir à cette occasion, de nous rendre plus clairvoyant sur la situation. Et de nous ouvrir à la bénédiction de Dieu. C’est un chemin pas à pas, à notre rythme, Dieu est patient.

Il vous bénit et vous accompagne

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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