Il y a forcément une force ou un Dieu qui décide de donner de la chance ou de la malchance

Illustration : femme qui se mouche - Image: 'Head of a woman with a handkerchief against her nose (1894) by Julie de Graag (1877-1924). Original from the+Rijks+Museum.+Digitally+enhanced+by+rawpixel' http://www.flickr.com/photos/153584064@N07/44778439891 Found on flickrcc.netQuestion d’un visiteur :

Bonjour
Je vais vous raconter mon histoire.

  • Ma mère m’a détestée du jour où je suis née. Elle m’en a voulu de l’avoir fait souffrir quand je suis née. De plus elle voulait un garçon. Coups, mépris, moqueries, humiliation…. Elle est diagnostiquée « perverse narcissique  » . Mon père l’a quitté sous les insultes quand j’avais 3ans. Il  » ne pouvait plus supporter la gamine !!! » Il ne m’a jamais aimé « toi je ne te connais pas, je n’ai pas confiance en toi ! ».
  • Puberté précoce malgré l’intervention d’un médecin et d’un kiné, ma mère me gavais comme un cochon… Résultats, il me manque 10 cm donc difforme de la taille aux genoux = moqueries et humiliation à répétition.
  • Mes 2 parents ont tout fait pour me déshériter. Vu plusieurs notaires etc.

Cependant j’ai obtenu un doctorat.

  • Niveau travail : virée 3 fois pour : laisser la place à la fille d’un directeur, à la femme d’un acheteur, et la 3eme fois pour avoir dit non au DRH.
  • Un avortement en Angleterre car la gynéco n’a pas diagnostiquée une grossesse très précoce.
  • Un point oublié lors d’une césarienne, depuis rapports sexuels impossibles suite à des adhérences.
  • Mari bipolaire qui me repousse « vas voir ailleurs, trouve toi quelqu’un !!! »
  • Maintenant maladie de Lyme = Douleurs, fatigue, problèmes neurologiques.

Je pense qu’il y a forcément une force, un Dieu peu importe comment on l’appelle qui décide de donner de la chance ou de la malchance. Tant de malheur dans une vie, cela n’est pas normal. J’ai beau y réfléchir, tourner et retourner, tout cela est anormal.

J’essaie d’avancer pour mon fils et dès qu’il sera autonome, il a 17 ans, j’espère que ma vie prendra fin.

Bien à vous

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Franchement, je pense à vous, C’est très dur.

Personnellement, je suis absolument certain qu’il n’y a pas d’ordinateur, de Dieu ou de diable, ni d’astres qui organiseraient la distribution de la chance et des catastrophes. Je reconnais pourtant que ce n’est vraiment pas juste que vous ayez autant de malheurs de toutes sortes. Quelles pourraient en être les causes ?

  • Il y a le hasard qui frappe. Il peut exister une série de mauvaises fortunes, puis normalement, cela tourne. C’est une question de probabilité. Je connais effectivement des personnes qui ont une lourde et longue série de catastrophes et qui ont ensuite une vie géniale. Et inversement (malheureusement)
  • Ensuite, c’est vrai qu’un premier malheur nous fragilise et donc nous sommes plus exposés à un autre malheur, et moins vif pour attraper les chances. Cela se travaille, par la prudence, la réflexion, la prière.
  • Et il y a enfin, et c’est le plus terrible : la méchanceté humaine. Il y a des personnes qui adorent faire du mal à d’autres. Mais tout le monde n’est pas comme ça, la majorité des personnes sont indifférentes ou gentilles.

Que fait Dieu ? Si l’on en croit Jésus-Christ, il n’est absolument source que de bien. Mais ce n’est pas un magicien, il est source d’évolution dans le monde et d’accompagnement pour nous. Il cherche à vous montrer de nouvelles bonnes pistes, il cherche à vous donner de la force, attendrir le cœur de ceux que vous croisez…

Il me semble donc possible d’espérer.

D’autant plus que dans la longue série de malheurs qui vous frappent, injustement et cruellement, je vois aussi de vraies belles bénédictions :

  • un doctorat ! Il n’en font pas cadeau, vous faites partie du 2,5 % des personnes de votre classe d’âge à avoir atteint ce niveau, dont je ne fais pas partie (j’ai seulement un diplôme d’ingénieur et un master en théologie).
  • Vous avez un fils, vous l’aimez manifestement. C’est une grande grande richesse, je pense.
  • Vous m’avez l’air saine d’esprit. certes vous avez le moral pas très en forme, mais c’est tout ce qu’il y a de normal après les mauvaises choses qui vous sont tombées dessus injustement et cruellement. Ce qui serait bizarre serait que vous ne souffriez pas de tout cela. Il faut du temps pour cicatriser, rependre des forces.

Donc à mon avis, il est possible de partir de ce positif, de bien se concentrer dessus, de chercher à faire grandir le calme, la paix dans votre être et dans votre vie. S’organiser, simplifier, se recentrer sur des choses simples et vraies. Chercher à entrer dans la louange, peu à peu, jour après jour. Dans la gratitude, en dépassant ce qui est mauvais. Je sais que ce n’est pas facile et que les progrès semblent nuls mais c’est comme quand on plante un arbre, le lendemain, la semaine suivant on va le voir pour l’arroser et on a l’impression qu’il n’a pas poussé d’un millimètre. Pourtant si, il quand même poussé. Et si à certains moments les branches n’ont effectivement pas tellement poussé ce sont les racines qui se sont plus profondément enfoncées et préparent l’avenir de la croissance et du fruit.

De ce cette série de catastrophes, de cette souffrance que vous avez vécues : vous pouvez faire une qualité d’être. Loin de moi l’idée de justifier une seconde le mal qui vous est arrivé, ce serait un scandale. mMais tant qu’à faire que cela ait eu lieu, ce serait génial d’en faire quelque chose malgré tout : comme on recycle les ordures, comme on engraisse les champs avec du fumier. Les personnes les plus merveilleuses et les plus humaines, les plus compatissantes que j’ai connues ont la plupart du temps traversé des moments très difficiles dans leur vie et peuvent ainsi comprendre ceux qui souffrent sans les juger mais en les comprenant, en ayant une vraie compassion pour eux. C’est votre cas. Vous pouvez aider des personnes qui souffrent à se sentir comprises. La question n’est alors pas de donner le catalogue de vos propres malheurs pour leur faire savoir qu’il y a des personnes avec encore moins de chance qu’eux (cela n’aide pas, il y a toujours des personnes qui ont moins de chance que nous et d’autres qui ont plus de chances que nous). Mais simplement parce que votre cœur peut les comprendre et avoir une vraie compassion. Ils le sentiront, et c’est d’un grand secours, souvent, d’être compris.

Vous m’avez l’air d’être dans une bonen dynamique :

  • « J’essaye d’avancer » : quelle belle confession de foi ! Et déjà, par cette seule phrase, c’est vous qui me donnez de la force, aujourd’hui.
  • « J’essaye d’avancer pour… » : voilà qui est encore mieux, cela sonne comme l’évangile du Christ qui nous appelle à cheminer et qui fait de nous un ou une apôtre, envoyé pour… pour qui ? C’est à découvrir. Un fils ? génial. Qui ou quoi d’autres peut-être ? Pas forcément. C’est à voir. C’est cette vocation que chacun à inventer et à discuter avec Dieu, ou à recevoir d »une occasion que le hasard mettra à portée de ma main.

Mais dans le commandement du Christ « aime ton prochain comme toi-même », il y a aussi « aime toi toi-même ». Et je pense que Dieu vous invite « Essaye d’avancer pour toi aussi… » parce que tu as du prix, et parce que je t’aime.

Il vous bénit et vous accompagne

par : pasteur Marc Pernot

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