30 août 2023

L’expression « Dieu est au ciel » ne désigne pas un lieu géographique dans l’univers, mais exprime une réalité spirituelle. C’est une manière symbolique d’évoquer la transcendance divine et le règne de Dieu agissant au cœur de notre existence. Le ciel représente ainsi un état de lien profond avec la source de toute vie.
Dieu est au ciel, mais ce n’est pas un lieu
Quand on dit que Dieu est au ciel, ou que les personnes que nous aimons et qui sont mortes sont « au ciel », ou encore qu’à l’Ascension le Christ monte au ciel… est-ce que le ciel est alors un lieu ? Non, c’est plutôt un état. Jésus prie Dieu en disant « Notre Père qui est aux cieux », or Dieu n’appartient pas à l’univers matériel, il n’est pas plus au ciel que sur terre, pas plus à tel endroit que dans notre cuisine. Dieu est d’un autre ordre que celui de l’univers physique, et je pense que c’est comme cela que l’on peut comprendre cette expression : « Dieu est au ciel ».
C’est vrai que quand la Genèse commence en disant qu’« au commencement, Dieu créa le ciel et la terre », ou quand Salomon reconnaît devant l’Éternel que « les cieux et les cieux des cieux ne peuvent te contenir : combien moins cette maison que je t’ai bâtie ! », « les cieux » dont parlent ces textes sont effectivement ce que nous appellerions cette partie de l’univers au-delà de la terre, avec les étoiles, le soleil et la lune, et l’eau qui tombe des nuages. Et précisément, Salomon sait bien que Dieu n’est pas dans le temple de Jérusalem qu’il vient de faire construire, pas plus qu’ailleurs, que Dieu n’est pas plus sur terre que dans cet espace de l’univers qui est autour de la terre (le ciel). Salomon reconnaît que Dieu dépasse l’univers, qu’il n’est pas dans l’univers, qu’il ne se confond pas avec l’univers, ni avec une sorte d’âme de l’univers. Dieu est d’un autre ordre.
Lors de la création dont parle la Genèse, au début, Dieu crée la terre et les cieux, cela veut bien dire que Dieu n’habite pas dans les cieux car alors, où aurait été Dieu avant qu’il ne crée les cieux ? Effectivement, dans tous ces textes, comme dans le « Notre Père qui est aux cieux » de Jésus, quand on parle des cieux, c’est d’autre chose dont on parle, ce n’est pas le ciel en tant que partie de notre univers qui n’est pas notre terre. « Le ciel », alors, désigne autre chose. C’est une affirmation théologique et spirituelle, pas une indication géographique.
Dieu est au ciel : il est transcendant, d’un autre ordre
Quand on dit que Dieu est au ciel, j’y verrais plutôt une affirmation de la transcendance de Dieu, c’est-à-dire que Dieu est d’une autre dimension que notre univers. Il n’est pas seulement bon : il est bon et il est source de ce qui existe de bon. Jésus parle indistinctement du « royaume des cieux » ou du « royaume de Dieu ». Ce « royaume » n’est pas non plus un lieu comme le royaume de Charlemagne avec ses frontières, c’est plutôt « le règne » de Dieu ou des cieux : c’est son action puissante, efficace en ce monde, dans notre univers et en nous. « Avoir le règne (royaume) de Dieu » (Matthieu 5:3) : c’est être au bénéfice de cette action de Dieu, de sa dynamique positive, de son efficacité réelle dans la sphère qui est la nôtre. Ce langage : « royaume des cieux » n’est donc pas un lieu, mais une sphère d’influence. Jésus ajoute que « le Royaume de Dieu (ou des cieux) est au-dedans de nous » (Luc 17:21) : c’est l’Esprit créateur de Dieu travaillant au fond de notre être, le ciel est alors en nous, en quelque sorte, cette force qui nous donne d’aimer un peu, d’espérer, et d’être en lien profond avec Dieu.
Quand Youri Gagarine, le premier homme ayant voyagé dans l’espace, est revenu en se moquant des croyants en disant qu’il n’avait pas vu Dieu (ni Jésus) dans le ciel, ce n’est évidemment pas la question. Il aurait suffi que Youri Gagarine en parle à n’importe quel théologien pour comprendre que nous n’avons jamais imaginé que Dieu habitait physiquement dans le ciel (l’espace).
Un langage mythologique à interpréter
Mais il faut reconnaître, à la décharge de Gagarine, qu’un fort imaginaire s’est développé en reprenant beaucoup de mythologies très anciennes, avec des histoires d’anges et même d’archanges, avec des personnes vivant après la mort « au ciel » bien gardé par une porte avec à l&rsquoentrée une sélection des personnes les plus performantes. Cette sorte de films fantastiques n’aide à mon avis pas à saisir la profondeur de ce qui est promis dans l’Évangile par le Christ. Les anges qui sont aux cieux évoquent en réalité Dieu qui nous communique quelque chose qui vient au fond de notre conscience, de nos forces, quelque chose qui ne vient pas de nous-mêmes mais de plus que nous-mêmes (c’est pour cela que l’on a parfois parlé de façon imagée « du ciel »). La vie au ciel nous dit que nous ne sommes pas seulement un amas de cellules mais une personne animée par une dimension supérieure ; en particulier par l’amour. Et la porte d’entrée nous rappelle que tout en nous n’est pas divin, qu’il y a aussi du mal et de la souffrance qui ne sont pas de l’ordre du ciel en nous.
Nous sommes ainsi à la fois du ciel et de la terre. Sans oublier ni l’un ni l’autre. C’est une grande richesse d’avoir cette double dimension (même si c’est aussi un petit peu compliqué parfois).
Cet article est extrait de notre Petit Dictionnaire de Théologie (niveau 2), voir aussi les Définitions de base (niveau 1), les Mots qui piquent (niveau 3), et les Notions (niveau 4).
Pour aller plus loin sur ce thème
Des pistes de réflexion (Prédications & Méditations)
- Prédication : Lier ou délier sur terre comme au ciel (Matthieu 16:15-20 ; Matthieu 18:10-18 ; Jean 20:19-23)
- Prédication : Le Christ est à la fois « monté au ciel » et « avec nous » (Ascension)
- Méditation : « Personne n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. » (Jean 3:13)
- Méditation : « Quand je regarde le ciel, les étoiles… qu’est-ce que l’humain ? » (Psaume 8)
- Méditation : « Réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. » (Ephésiens 1:10)
Études
- Comment comprendre le verset de Luc 17:37 « Là où sera le corps, là aussi se rassembleront les vautours » ?
- Perspective : Au nom de Dieu (par Jean-Jacques de Rham)
Vos questions concrètes
- David décrit la mort du Christ dans un Psaume, sa crucifixion ainsi que le partage de ses vêtements… Dieu lui a révélé l’avenir ?
- Il y a un problème génétique entre mon fiancé et moi, nous marier quand même ?
- Après 16 ans de mariage, disputes, humiliations, mensonges, j’ai décidé d’arrêter, j’ai demandé à Dieu de m’aider
- Notre Père : « comme au ciel et sur la terre », que veut dire cette phrase clé ?
- Est-ce que les catholiques peuvent aller au ciel, ou que les chrétiens ?
- Je m’interroge depuis toujours sur notre devenir post mortem
- Qu’est-ce qui fait bouger l’étoile des mages : Dieu ? Satan ?
- J’ai fait des progrès question sociabilité, je demande à Dieu de m’aider, mais Dieu met trop de temps !
En écho à ce texte :
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Éden – Paradis – Royaume de Dieu
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Évolution – Création
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Notre Père : « comme au ciel et sur la terre », que veut dire cette phrase clé ?
