composition de Manhattan en flammes - Image par Brigitte Werner de https://pixabay.com/fr/photos/apocalypse-guerre-catastrophe-2459465/
Bible

Babylone la grande : les États-Unis, et la fin est-elle proche ?

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Faut-il voir dans la Babylone de l’Apocalypse une prophétie visant les États-Unis et une fin du monde imminente ? Un pasteur invite à lire ce texte non comme un scénario écrit à l’avance, mais comme un appel à discerner Babylone et l’agneau en nous-mêmes, et à devenir co-créateurs, avec Dieu, de l’histoire à venir.


 

Question posée :

Dans Apocalypse 17, il est révélé que Babylone, la grande ville qui a la royauté sur les rois de la terre, sera consumée par le feu et que sa royauté sera donnée à la bête jusqu’à ce que les paroles de Dieu soient accomplies. Plusieurs pensent qu’elle représente les États-Unis et que sa fin est toute proche.

Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre, appelée aussi la grande prostituée, c’est la nation qui domine le monde depuis un certain temps et qui doit chuter en une heure seulement. Je me demande comment les États-Unis pourraient demeurer la « superpuissance mondiale » avec toute cette division et alors que la fin de la démocratie s’en vient. La montée des partis d’extrême droite se répand comme un cancer dans toutes les démocraties, et le vide de pouvoir a permis à des monstres de prendre de la force et de s’implanter partout dans le monde. La Chine, la Russie et tous les régimes communistes totalitaires ont pour but commun de vaincre les États-Unis et de les anéantir. Ils veulent tout dominer de la façon la plus immorale possible. Donc fini le temps de la diplomatie : ce sont des psychopathes, ceux qui sont à la tête de ces régimes mafieux, et leur cruauté n’a aucune limite. Et avec les nouvelles technologies, c’est aussi un système totalitaire numérique qui fera de l’humanité de pauvres esclaves, avec la marque de la bête annoncée depuis longtemps. J’aimerais savoir quel est votre point de vue à ce sujet ?

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur,

Bravo de chercher à lire la Bible et de vous en inspirer pour votre réflexion.

Lire la Bible pour notre temps présent, sans y voir l’histoire écrite à l’avance

Et bravo de lire la Bible pour ce temps présent. C’est effectivement une excellente façon de la lire. Ce ne sont pas des textes qui parlent du passé, ou qui parleraient seulement du passé, ni principalement du passé. Ils sont à lire pour notre temps présent. C’est-à-dire qu’ils nous aident à interpréter notre présent à chaque époque, à nous ouvrir les yeux sur notre monde présent et à le lire avec l’aide de Dieu, en élevant notre intelligence et notre sensibilité, notre bienveillance et notre capacité à démasquer ce qui ne va pas.

Donc : bravo de lire aussi l’Apocalypse pour ce temps présent. Seulement, l’Apocalypse, écrite à la fin du Ier siècle, n’a pas pour objectif de révéler l’histoire du XXIe siècle, les événements qui se passeront. L’histoire n’est pas écrite à l’avance comme un film qui aurait déjà été tourné et que nous découvririons ensuite. Nous voyons très souvent dans la Bible que Dieu est surpris de la façon dont l’histoire a tourné, de ce que les humains en ont fait. Il n’a donc pas tout écrit à l’avance, et si Dieu ne peut avoir une connaissance totale du futur, comment l’Apocalypse pourrait-elle décrire ce scénario ? L’Apocalypse ne dit rien de ce qui se produira à l’avance comme faits. Tout peut arriver.

Et pourtant, la Bible, à toute époque, nous aide à lire le présent de notre monde, de notre histoire, de notre vie, de notre être. C’est vrai. Elle nous permet de nous poser de bonnes questions, nous donne des clefs d’interprétation de l’actualité, nous invite à une analyse en profondeur et en élévation.

Se méfier d’identifier Babylone à un pays ou un groupe précis

Seulement, je pense qu’il faut se méfier d’identifier telle figure de la Bible (par exemple la Babylone de l’Apocalypse) à telle ou telle personne, tel ou tel pays, telle ou telle catégorie de gens, telle ou telle religion. C’est souvent brutal, injuste et donc infidèle. Le texte biblique doit nous aider à apporter de la nuance dans notre analyse, à voir ce qui est effectivement de l’ordre de Babylone et ce qui est agneau en nous, d’abord. Afin de nous convertir, ou plutôt d’ouvrir les yeux et de cheminer d’une belle façon. C’est alors que nous pouvons oser commencer à nous interroger sur ce qui nous semblerait être de l’ordre de Babylone et de l’agneau chez les autres et dans le monde autour de nous, peut-être dans les pays, les gouvernements, les puissances et les puissants de ce monde, et dans nos églises, nos religions.

Notre responsabilité de co-créateurs de l’histoire à venir

Et alors, chercher comment nous pouvons répondre à la situation et agir à notre mesure. C’est une responsabilité que nous avons donc. Une responsabilité de co-créateur ou de co-créatrice avec Dieu du monde de demain, de l’histoire à venir. Si tout était écrit d’avance, et même longtemps à l’avance, nous n’aurions même pas à réfléchir, ni rien à répondre, ni à agir, puisque ce serait déjà écrit. Au contraire, nul ne sait si tel tyran, demain, ne se prendra pas les pieds dans un tapis et ne mourra pas, ou au contraire aura l’idée folle d’envahir et de massacrer des humains frères et sœurs, ou bien, se convertissant enfin, changera complètement de mentalité et de comportement, devenant le bienfaiteur de son peuple, acclamé de tous sauf des corrompus qui se goinfraient joyeusement. Tout peut arriver. Mais l’histoire n’est pas un film écrit à l’avance : nous la construisons chaque jour, chaque geste que nous faisons changeant un petit peu l’histoire.

La question, pour cela, est de retrouver au fond de nous l’agneau, cette part christique que Dieu met en nous par l’Esprit et qui pourrait bien changer ce que je deviens, en renvoyant dragons et cavaliers à leur place.

Ce que prédit l’Apocalypse, c’est que l’avenir appartient à Dieu, qu’il ne se lasse ni ne se lassera de tirer, pousser et appeler dans le bon sens chaque personne vivant en ce monde. J’en suis certain en ce qui concerne l’éternité. En ce qui concerne le futur de notre histoire, c’est plus compliqué : Dieu a pris de sacrés risques. Et cela dépend en grande partie de nos mains, de nos têtes, de nos cœurs, de notre intelligence, de notre conscience.

Dieu nous vient en aide. Sans son secours, son appel, que deviendrions-nous ?

Se méfier des annonces de fin du monde imminente

Depuis des milliers d’années, des Cassandre et de pseudo-prophètes ont annoncé que la fin était proche, pour maintenant ou pour les mois à venir. Et pour toutes ces multiples générations, depuis des milliers d’années, cette annonce les a inquiétés en vain, détournant dramatiquement leur attention des véritables enjeux spirituels de leur temps, et provoquant des angoisses et des souffrances chez des personnes pleines de foi et de bonne volonté. C’est particulièrement cruel, et cela vise en général à appeler la population à pratiquer plus intensément, à donner plus d’argent, et à suivre plus aveuglément encore leur « prophète ».

Mieux vaut s’affranchir de ce genre d’angoisse, placer sa confiance en Dieu, et chercher avec lui, grâce à lui, à faire ce que nous pouvons pour améliorer la situation, bâtir la paix, élever la justice, se soucier de notre prochain. « Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. » (Jérémie 29.11)

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

À lire aussi : cette prédication « Terreurs d’Apocalypse à Armageddon ? (Apocalypse 16 et 21-22) »

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En écho à ce texte :

4 Commentaires

  1. Daniel dit :

    Cela semble être l’explication d une personne qui suit la théologie du process.
    Pouvez vous m expliquer de façon simple svp en quoi consiste cette théologie ?

    1. Marc Pernot dit :

      Cher Daniel,

      C’est vrai que la théologie du process est intéressante, vous trouverez plus de renseignements pertinents grâce à ce lien : https://andregounelle.fr/vocabulaire-theologique/la-theologie-du-process.php

      Mais je ne pense pas « suivre la théologie du process », je ne suis pas affilié à tel ou tel courant, restant libre de prendre à gauche et à droite, ce qui me semble le plus juste. En l’occurrence, la question était très biblique et ma réponse en fait est biblique, je pense.

      Bravo pour vos recherches

      Dieu vous bénit et vous accompagne

      Marc

  2. Grégoire dit :

    Pourquoi est-ce que Paul ou Esaïe aurait eu connaissance du futur (venue de Christ Esaïe 53 , résurrection des corps 1 Corinthiens 15) mais Jean (ou l’auteur indéterminé de l’apocalypse) n’aurait pas eu connaissance d’évènements futurs même de façon limité ?

    1. Marc Pernot dit :

      Esaïe et Paul parlent d’une partie seulement du futur, celle dont nous visons dans le temps présent les prémices et dont nous avons reçu les promesses. En effet, comme le dit Jésus dans l’Evangile de Jean 11, ce qui sera vivant de nous même dans le futur au delà de notre vie biologique sera ce qui est déjà vivant en abondance maintenant. Et le Christ vient dans ce que Paul appelle le corps du Christ (1 Corinthiens 12), c’est vrai que c’est au futur que nous attendons la réalisation pleine de cette venue du Christ, néanmoins elle est déjà partiellement accomplie et encore en train de s’accomplir.

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