Dans les écritures on parle de satan, le diable, le tentateur… Qui est il ? Est ce une partie de nous même ? Et les miracles ?

beau graphisme comme une flame figurant un diable - Photo by Marek Piwnicki on UnsplashPar : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonsoir cher pasteur
Dans les écritures on parle de satan, le diable, le tentateur, Mathieu chapitre 4 entre autre…
Qui est il ?
Est ce un état d’esprit, une partie de nous même ?
Je n’arrive pas a comprendre.
Les miracles aussi que Jésus fait, la guérison des paralysés, des aveugles…comment l’interpréter ?
Merci pour vos enseignements
Soyez bénis
Anne

Réponse d’un pasteur :

Chère Anne,

Merci pour ces deux questions que qui perturbent bien des personnes sensées dans leur lecture de la Bible.

1) Dans les écritures on parle de satan, le diable le tentateur, Mathieu chapitre 4 entre autre… Qui est il ? Est ce un état d’esprit, une partie de nous même ?

Le mot même de « diable » dans la Bible désigne une fonction : ce qui disperse, ce qui déconstruit, divise, fait retourner au chaos, ce qui nous tire vers le bas…

Certains pensent qu’il existe une sorte de demi dieu, ou de dieu néfaste, puissant dans l’univers entier. Cette croyance est directement inspirée de cultures polythéistes (plein de dieux plus ou moins sympathiques), ou dualiste (deux dieux en miroir, l’un bon et créateur, l’autre méchant et destructeur, diabolique, au sens littéral). Personnellement, et avec bien d’autres chrétiens, je ne pense pas du tout que ce genre d’être existe. Car cela ne semble pas bien expliquer l’existence du mal dans la nature (catastrophes naturelles et maladies spontanées), qui frappent souvent au hasard, en dehors d’un plan.

C’est pourquoi j’ai tout à fait la même conception que vous : de diabolique existe en chacun de nous, pas comme une sorte de bête qui nous aurait infesté, mais comme vous le dites très bien c’est en nous comme un état d’esprit : c’est notre égoïsme, notre folie, notre faiblesse, nos blessures anciennes. Il y a manifestement du diabolique en nous. et aussi du divin, un élan de création (à l’image de Dieu), et un esprit de corps avec nos prochains (une recherche de trouver place dans un groupe, de complémentarité et de solidarité, d’engendrement et de transmission aussi).

C’est trop facile d’accuser un « diable » extérieur, alors que c’est une dimension de nous même, et que pour se défendre du diable cela nous demande de nous remettre en cause, bien sûr, et donc de mourir un peu à ce que nous étions hier afin d’avancer encore dans notre conversion, dans notre repentance, dans notre cheminement, dans nos pensées et nos actes. C’est joyeux une fois réalisé, et fécond, mais sur le moment c’est inconfortable car nous place en déséquilibre. Cela demande de nous ouvrir à la Parole de Dieu, alors que souvent nous préférons nos propres idées humaines, nos doctrines et nos « vérités ». C’est en ce sens que l’on a pu dire parfois que le diable est un ange déchu, c’est notre propre intelligence dévoyée au lieu d’être éclairée par l’Esprit de Dieu.

Heureusement que rien de ce qui serait « diabolique » en nous n’est cause d’un rejet par Dieu. Au contraire, sans cesse il cherche à nous aider à avancer, par amour pour nous. Comme le Christ cherche à soigner et libérer la personne qu’il rencontre de ses maladies et de ses démons (un image du diabolique en nous). Cela nous amène à votre seconde question :

Pour quelques autres pistes sur cette question, voir :

  • https://jecherchedieu.ch/dictionnaire-de-theologie/diable-satan/
  • https://jecherchedieu.ch/question/la-vie-quotidienne-du-diable-et-des-anges/

 

2) Les miracles aussi que Jésus fait, la guérison des paralysés, des aveugles… comment l’interpréter ?

Il me semble historiquement plausible que Jésus soignait et guérissait des gens. C’est intéressant comme attitude, montrant de la compassion non seulement pour les détresses spirituelles, intellectuelles et morales, mais aussi dans la santé du corps, de la personne tout entière.

Seulement, ce qui intéresse les évangiles est de dire le salut de Dieu pour nous à travers des récits de prodiges. Les guérisons physiques en particulier sont reprises manifestement dans un sens spirituel : la guérison d’un aveugle évoque plus pour nous une libération grâce à une lucidité mailleure, nous permettant de saisir par nous même les enjeux et de pouvoir discerner la meilleure voie pour nous. La guérison d’un paralytique, d’un sourd muet, d’une personne tourmentée… ont des sens spirituels clairs. Pour les prodiges comme de marcher sur l’eau, il me semble qu’il n’y a pas de réalité historique matérielle, et que ce récit est vrai et réel sur le plan spirituel : combien de tempêtes etde tourments, de chaos devons nous traverser, avec l’aide de Dieu !

Voir aussi :

  • https://jecherchedieu.ch/voir/lire-la-bible/de-la-sagesse-et-des-miracles-dans-la-bible/
  • https://jecherchedieu.ch/question/mon-interrogation-concerne-les-miracles-qui-sont-attribues-a-jesus-cela-a-t-il-une-valeur-historique/

Si cela vous intéresse, j’ai fait un cycle de 4 conférences l’an dernier sur ce sujet :

  • https://jecherchedieu.ch/pratiquer/miracles-bibliques-de-la-magie-ou-de-la-theologie

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Réponse du visiteur :

Bonsoir et MERCI encore une fois poir vos réponses éclairées, je vais m atteler a visionner vos conférences a ce sujet.
Soyez bénis
Anne

Réponse d’un pasteur :

Merci à vous.
Et si vous êtes sur Genève, je suis en train de préparer une nouvelle série de conférences de rentrée sur « Les Mythes Bibliques », une reconnaissance des textes de la Bible comme fondateurs de notre civilisation avec les mythes grecs. Il est donc bon de les questionner et de nous questionner.

Plus de renseignements sur ce petit site : https://heros-bibliques.ch/

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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