15 juin 2018

Église
L’Église, au-delà de l’institution, désigne l’assemblée de ceux qui sont appelés par Dieu. L’église est la réponse humaine à cet appel, l’assemblée de ceux qui se mettent en route pour répondre à l’appel de Dieu. Cet article explore les différentes dimensions de l’Église : de la démarche intime à la communauté spirituelle universelle, en passant par les réalités concrètes des églises locales, la vocation de ce rassemblement humain, imparfait mais utile.
Le sens premier : un appel personnel et universel
Le mot « église » signifie littéralement « ceux qui sont appelés hors de chez eux », appelés par Dieu à se mettre en route. C’est donc l’appel de Dieu qui fonde l’église, ce n’est pas nécessairement une pensée commune, ou un chemin commun, mais le fait qu’une même voix appelle chacun.
L’Église est en ce sens une réponse à l’appel de Dieu, à l’annonce de son amour en faveur de chaque personne. La première réponse à l’appel de Dieu est personnelle, intime, par l’écoute, par la recherche de Dieu, par la prière. Ensuite, l’humain n’est pas seulement un individu, il est un animal relationnel et social, il est membre d’un corps. C’est pourquoi la réponse à cet appel de Dieu a aussi une dimension collective. C’est juste et cela est d’une grande aide pour entraîner et nourrir la foi de chacun, pour la libérer et l’épanouir.
L’Église universelle et les églises locales
L’Église avec un grand É est la large communauté qui dépasse toutes les institutions humaines (les églises avec un petit é). L’Église est constituée de la multitude des hommes et des femmes appelés par Dieu en Christ, au-delà des lieux et des générations, au-delà aussi du fait que la personne réponde ou non à l’appel de Dieu. L’Église universelle, selon Dieu, s’étend à l’ensemble des humains car Dieu aime et appelle chaque personne.
Ensuite, il y a l’église en tant que réponse humaine concrète. Dans la Bible, le livre des Actes des apôtres raconte les débuts de l’église, d’abord à Jérusalem par une expérience spirituelle forte que des proches de Jésus ont faite à la Pentecôte (Actes 2:1-6), puis de proche en proche, de nombreuses églises naîtront grâce au témoignage de chrétiens qui feront entendre l’appel de Dieu en Christ (l’ »Évangile », « l’heureuse annonce »). Par exemple les églises de Corinthe ou de Rome, de Thessalonique, d’Éphèse ou de Galatie dont nous connaissons les lettres que l’apôtre Paul a écrites. C’est ainsi qu’existent un peu partout dans le monde des communautés locales (des paroisses).
Les églises sont constituées de ceux qui entendent plus ou moins confusément cet appel et désirent y répondre concrètement en se réunissant parfois pour célébrer Dieu et pour participer à l’annonce de l’Évangile. Ces fidèles se rassemblent en fonction de leur sensibilité et de l’endroit où ils sont. Aujourd’hui encore, la diversité de ces églises locales tient aux personnes qui se sont investies dans cette communauté.
Institutionnalisation et liberté chrétienne
Progressivement, les églises locales se sont organisées, voire institutionnalisées, des églises seulement locales se sont fédérées en unions plus larges. Des rois et empereurs ont parfois cherché à rassembler leur peuple en favorisant plus ou moins fermement l’unité de la pensée et des pratiques. Cette institutionnalisation a permis la solidarité, elle a favorisé la transmission de l’Évangile et écarté des dérives assez improbables. Cela a aussi, bien sûr (les humains sont ainsi faits), laissé place à des jeux de pouvoir, cela a parfois diminué la liberté des chrétiens. Aujourd’hui, heureusement, cette liberté s’épanouit et chaque chrétien peut penser et prier librement dans notre église. En tout cas tant qu’il n’injurie pas ceux qui ont une sensibilité différente de la leur.
Bien entendu, une église n’est pas plus parfaite que les êtres humains qui la composent. Chaque église a besoin de se convertir, de progresser, de se réformer sans cesse pour être plus fidèle au Christ et mieux remplir son rôle. Cela n’est possible que dans la mesure où les chrétiens s’engagent dans leur paroisse, disent leur opinion, font avancer les choses.
La diversité comme richesse spirituelle
Dès le départ, du vivant même de Jésus, chaque personne a sa sensibilité personnelle et cela se traduit par une diversité de pensées, de pratiques, de prière. C’est ainsi que parmi les tout premiers apôtres de Jésus il y avait par exemple Pierre, l’apôtre au caractère fougueux, et Jean, le théologien poète si proche de Jésus, Thomas plus indépendant et aimant comprendre avant de croire, etc. Ensuite, il y a eu Paul qui était favorable à l’abandon des pratiques religieuses compliquées de la religion juive, et d’autres chrétiens comme Jacques « le frère du Seigneur », qui tenaient à les conserver…
La diversité des individus est une chance, elle fait la richesse de l’humanité. Cette diversité permet de mieux faire sentir l’infinie valeur de l’Évangile capable de rassembler des personnes très diverses, elle peut être une chance pour chaque personne de progresser vers une plus grande fidélité au Christ.
Ce qui relie tous ces chrétiens dans leur diversité est premièrement la personne unique de Jésus de Nazareth que nous pensons être le Christ, c’est aussi le Saint-Esprit qui est à l’œuvre en chacun. L’église est donc plus une union, une communion qu’une unité, une uniformité.
La mission de l’Église
La diversité des églises est également une chance si chacune sait qu’elle n’est qu’un membre particulier de l’Église avec un grand É (on parle d' »Église universelle »). La mission de l’Église, et donc des églises, c’est :
- de témoigner de l’Évangile de Jésus Christ dans le monde d’aujourd’hui par une foi vivante,
- d’aider chaque personne à développer et épanouir sa propre foi (sa confiance en Dieu),
- de rassembler pour célébrer Dieu, lire la Bible et la méditer, afin de nourrir la foi (la confiance en Dieu), la prière, le questionnement de chaque membre, son épanouissement.
D’expérience, c’est vrai que l’église est bien utile, elle est une salle de musculation pour la foi. En choisissant d’aller au culte régulièrement, notre foi est de plus en plus en forme.
Cet article est extrait de notre dictionnaire des Mots qui piquent (niveau 3),Voir aussi le Petit Dictionnaire de Théologie (niveau 2), les Définitions de base (niveau 1), et les Notions (niveau 4).
Pour aller plus loin sur ce thème
Des pistes de réflexion (Prédications & Méditations)
- Prédication : À quoi peut bien servir l’église ? (Galates 1:11 à 2:10)
- Prédication : Jésus nous dit : je bâtirai sur vous, avec vous, mon Eglise
Études
- Théologie – Ecclésiologie / Ekklesia / Église universelle
- Je crois la Sainte Église : sens et mystère du Symbole des Apôtres
Vos questions concrètes
- Je crois en l’Église « une, sainte, catholique et apostolique » : un rejet des autres Églises ?
- Perspective : L’Église, à quoi ça sert ?
- Pourquoi l’Église ne convertira-t-elle pas tout le monde ?
- Quelle est la définition d’Eglise? Isolé, je ne sais plus comment appréhender « mon Eglise »
- Quelle est la signification de « la sainte église universelle » proclamée dans notre crédo ?
- Trouver sa place et vivre sa foi en dehors de l’institution : le Christ au-delà de l’Église.
- Arius et l’arianisme : une hérésie, ou une question théologique légitime ?
- Je constate que je n’arrive pas du tout mais alors pas du tout à aller régulièrement à la messe et à prier. Je n’arrive pas à savoir pourquoi.
- J’avais déjà des réticences en ce qui concerne l’église, mais alors là c’est décourageant !!
- Quelles sont les différences dans les différents cultes protestants et catholique ?
- Faut-il aller à l’église chaque dimanche ? Un pasteur répond
En écho à ce texte :
-
Théologie – Ecclésiologie / Ekklesia / Église universelle
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Perspective : L’Église, à quoi ça sert ?
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Quelle est la définition d’Eglise? Isolé, je ne sais plus comment appréhender « mon Eglise »
