
Mieux vaut un bon athée qu’un mauvais croyant ?
Mieux vaut-il un bon athée qu'un mauvais croyant ? Le pasteur Marc Pernot interroge ce présupposé pour montrer que la foi n'est ni une étiquette ni une performance, mais un chemin d'amour qui engage toute la personne.

Question posée :
Bonjour, j’espère ne pas vous déranger avec mes questions. Je suis en grande recherche sur la foi et tout ce qu’elle comporte. Une question me vient souvent dans mes recherches : un bon athée vaut-il mieux qu’un mauvais croyant ? Que pensez-vous de gens comme Karl Marx, par exemple, qui rejettent Dieu ? Dieu va-t-il les rejeter dans l’au-delà également ? Bien amicalement et mille mercis à vous.
Réponse d’un pasteur :
Bonjour,
Bravo pour cette intéressante question : « Mieux vaut un bon athée qu’un mauvais croyant ? »
Un présupposé à interroger : ni « bon athée » ni « mauvais croyant » n’existent vraiment
Sauf que je ne suis pas certain que ni l’un ni l’autre n’existe véritablement, en effet :
- selon Jean, « quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » (1 Jean 4:7), par conséquent, une personne un peu aimante et bonne n’est jamais totalement « athée », même si sa tête refuse Dieu et le Christ : ses tripes, son cœur, son intelligence de la réalité n’ont pas été insensibles à ce qu’est Dieu et à ce qui vient de Dieu, à savoir l’amour (agapè) au sens de la bonté généreuse, la miséricorde pour son prochain. En ce sens, il n’existe pas de « bon athée », non pas parce qu’une personne « athée » ne pourrait pas être bonne, mais parce qu’une personne bonne manifeste ce que nous entendons par Dieu et par Christ.
- et selon Jésus : « Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits » (Matthieu 7:16-18), ou « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 7:21). Par conséquent, un croyant qui est un salaud dans sa vie n’est un croyant que des lèvres, avec une posture religieuse, mais pas vraiment un croyant au sens où il aurait été touché par Dieu comme source de vie, de cheminement et d’être.
La foi engage la personne tout entière
C’est pourquoi la foi est une question qui concerne notre personne tout entière, chaque dimension participant à aider le reste de la personne à s’élever, à s’ouvrir, à mieux aimer. La réflexion consciente de recherche de ce qui est source de qualité d’être (ce que nous appelons Dieu) est un point important, et aussi l’amour de ceux et de ce qui nous entoure, par l’observation, la compassion, la réjouissance, la louange. L’action bonne aussi apporte du bien autour de nous et également en nous, participant à notre bonification. C’est en fait ce que dit cette fameuse proposition essentielle de la Bible, citée et améliorée encore par Jésus : « aimer Dieu de tout son cœur, de tout son être, de toute sa réflexion, de toutes ses forces (c’est-à-dire en aimant son prochain comme soi-même) ».
Par conséquent, la question est plutôt de chercher ce qui est le mieux pour nous : être un athée nocif ou être un croyant bienfaisant ?
Un amour de Dieu qui ne se mérite pas par la performance
Une des spécificités remarquables de l’Évangile du Christ est que l’amour de Dieu n’est plus basé sur la performance de la personne, mais sur le simple fait que Dieu nous aime en tant qu’individu important à ses yeux. Cela différencie effectivement l’Évangile de religions où la performance de la personne sera le critère pour entrer ou non dans la vie future : peut-être dans le judaïsme, l’islam, et aussi le bouddhisme, où cette idée de jugement de la performance est essentielle. Par conséquent, Dieu ne garde ni ne rejette une personne en fonction de ses croyances. Il garde, comme n’importe quel père ou mère à peu près en forme, chacun de ses enfants et en prend soin comme de la prunelle de ses yeux. Cependant, c’est vrai que nos croyances ont un impact important sur notre développement et sur notre cheminement, sur nos valeurs, et sur l’ouverture plus ou moins large et confiante à l’action de Dieu en nous.
Le risque du croyant trop sûr de lui
Hélas, c’est vrai, quand on est hyper fier de ses bonnes croyances, hyper heureux de sa foi vibrante de sentiment religieux, certain d’avoir le bon baptême, la bonne église… il peut arriver que nous nous laissions aller à ne pas avoir la vie droite à laquelle on pourrait s’attendre de la part d’un « bon chrétien ». C’est désolant, non seulement pour l’entourage, mais aussi pour la personne elle-même.
Avancer pas à pas
L’idéal, c’est ainsi d’avancer dans notre foi en faisant place à Dieu dans notre prière quotidienne, d’avancer aussi dans nos croyances en affinant notre théologie et notre philosophie, et d’avancer dans nos actes en nous efforçant de vivre notre théologie en actes, à travers de belles relations et de beaux gestes. Avancer, pas à pas (ce n’est pas un sprint, mais plutôt le pas souple et tranquille du vieux montagnard).
Dieu vous bénit et vous accompagne.
En écho à ce texte :
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Quel est votre point de vue sur l’athéisme ?
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Mon père est athée et refuse la foi : quel salut pour ceux qui ne croient pas ?
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Que deviennent les athées ? Christ n’est-il pas mort pour tous ?
