J’ai été trahie par mon compagnon, je suis pleine de haine, et n’arrive pas à passer au-dessus de cela.

Par : pasteur Marc Pernot

femme triste et en colère à l'extérieur de la maison - Photo by Raychan on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour
Je souhaitais vous demander des conseils sur une situation un petit peu particulière… comment réussir à pardonner la trahison ? Je me suis fait trahir par mon compagnon et une amie, cela est extrêmement difficile à vivre et surtout à gérer. Je suis pleine de haine, et n’arrive pas à passer au-dessus de cela. J’essaye de pardonner, mais cela est si dure. Le pardon est extrêmement important pour que j’arrive à avancer et je sais que Dieu attend cela de nous, mais comment y parvenir ?
Je vous remercie de votre attention.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Je ne pense pas qu’il soit juste de dire qu' »il faut pardonner ». C’est un peu plus compliqué que cela.
Je dirais qu’il serait bon pour vous que votre cœur soit pacifié et que le passé douloureux ne vous gêne pas dans le présent, et reste dans le passé.

De toute façon, le pardon n’est pas simplement passer au dessus. Parfois oui, pour des petites choses de la vie de tous les jours, mais pour une trahison, pour un geste de violence, pour une injure grave, non. Je connais hélas des personnes (le plus souvent des femmes) qui ont fini par être anéanties, voire tuées car elles se sentaient (à tort) obligées de « pardonner » au sens de « passer au dessus de ça ». Hélas.

Je ne suis donc pas du tout certain qu’il faille nécessairement rester avec un compagnon/compagne qui nous a trahi. Cela peut aussi être un signe que cela ne va pas dans sa façon d’être, qu’il n’aime pas réellement, ne respecte pas. A ce moment là, il faut en prendre conscience et en prendre acte. En cas de violence, en général, c’est un signe qu’il faut partir pour se mettre à l’abri avant même que cela recommence et s’aggrave.

Bien entendu, ce n’est pas pour autant qu’il serait juste de lui vouloir du mal pour autant. Dieu lui-même ne veut que du bien au pécheur, qu’il puisse progresser, ne plus faire n’importe quoi. Pardonner c’est cela : souhaiter à la personen qui a fait le mal qu’elle se porte mieux et que cela ne recommence pas, ou au moins qu’elle progresse dans le bon sens.

Cependant,nous ne sommes pas Dieu et la blessure subie, moralement ou physiquement, met du temps avant de cicatriser, c’est tout à fait naturel, et pour la victime il n’y a donc pas lieu de se culpabiliser que cela prenne du temps avant que la souffrance se calme et la plaie se referme et qu’il reste parfois des cicatrices. C’est normal.

Par ailleurs, la trahison n’est pas acceptable. Je ne pense pas qu’il faille passer cela comme si ce n’était rien. Souvent le coupable tente de faire passer la victime comme un peu coupable aussi pour telle ou telle raison… Au contraire : les choses doivent être identifiées, et dites clairement. Si l’un a trahi, c’est lui qui a trahi. Point. Il n’y a pas de bonne raison à cela. Vous ne vous êtes pas « faite trahir » : vous avez été trahie. De même pour la violence, c’est le violent qui a été violent, qui est coupable. Point. C’est pourquoi il est bon que la situation soit analysée. Les conséquences tirées. Des décisions prises puis assumées. C’est ce qui, dans tout les cas, en continuant ensemble ou en se séparant, peut permettre à chacun de repartir sur des bases saines, et d’avancer dans la construction de la suite, et la reconstruction de chacun.

Dans tout ce processus, l’aide de Dieu est précieuse. Réfléchir et confier à Dieu dans la prière dans son cœur là où nous en sommes, et recommencer ce processus le temps qu’il faut. Noter les progrès pour ne pas continuer à ressasser trop longtemps les mêmes choses, passer à la suite.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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