Plusieurs questions en une : comme un catéchisme express, une somme théologique en 1 page (ou 2).

Par : pasteur Marc Pernot

des jambes avec jean et baskets rouges montent un escalier en métal bieu - Photo by Lindsay Henwood on Unsplash

Se posant des question, confiant en Dieu, appelé par lui, rendu capable de lui, nous allons à lui

Question d’un visiteur :

Plusieurs questions :

1-Comment parvenir au salut ?
1.1- Role de la foi ou la repentence ?
1.2- Role du baptême d’eau ?
1.3- Role de la reception du Saint Esprit?

2- Comment conserver son salut ?
2.1- Le Saint Esprit peut-il quitter un enfant de Dieu ? Si oui peut-il revenir ?
2.2- Tout péché peut-il mener en enfer ?

3- Quel rapport entre la Loi de Moïse et Grace de Jésus-Christ ?
3.1- Le chretien a t-il des obligations envers la loi de Moïse ?

4- Comment adorer Dieu ? Comment se deroule le culte ?
4.1- il y a t-il des positions definies ?
4.2- il y a t-il un ordre préétablie d’exercice des différents ministères?

5- Dans 2Tim2:12 et 1co14:34-37, il est dit aux femmes d’une part de se tairent, et d’autres part de ne pas enseigner, es ce que vous croyez au ministère de prédicateur de la femme ? quelles ecritures soutient cela ?

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur

Bravo de vous poser des questions. Ce que vous poser ferait le contenu d’un catéchisme entier, et vous trouverez bien des réponses plus développées dans les dictionnaires de notions de base et de notions plus complexes de théologie chrétienne. Aussi vais-je essayer de répondre ici en allant à l’essentiel.

1-Comment parvenir au salut ?

  • Le salut est un don gratuit de Dieu, venant du simple fait que Dieu nous aime et nous garde. C’est dû à ce qu’est Dieu en lui-même. (Salut par grâce)
  • Ensuite, L’espérance de Dieu est de poursuivre notre création, notre élévation, déployant notre personnalité, notre créativité, notre capacité à aimer (Dieu, notre prochain et nous-même). C’est une œuvre qui demande l’action de Dieu (son Esprit, sa Parole) mais aussi notre collaboration, par la foi, la confiance en Dieu. C’est ainsi que Paul dit que nous sommes sauvés (tous) par grâce, par le moyen de la foi (Eph 2:8)

1.1- Rôle de la foi ou la repentance ?

  • La foi est une confiance en Dieu, ou au moins une recherche de Dieu de la personne. Cela aide Dieu à « travailler » en nous. De même pour apprendre quelque chose, il faut chercher une bonne école et ensuite faire un peu confiance dans le professeur. La foi n’est donc pas un ensemble de doctrine dont on devrait être convaincu, ni même « croire » en Dieu, l’essentiel est d’être ouvert à cette source, chercher et se laisser inspirer par ce qui grandit la vie, l’embellit.
  • La repentance (traduit aussi par « conversion ») est une réorientation vers Dieu, replacer Christ comme étant notre point de référence. C’est donc une pensée active régulière, constante, un investissement pour approfondir. C’est une priorité dans nos choix. Le mot « repentance » fait penser à des remords, une attitude morale par rapport à son comportement. Cela peut commencer par cette prise de conscience que nous avons besoin d’aide pour progresser et donc se tourner vers Dieu pour lui demander son aide. Ce retour sur soi est aussi un fruit d’une relation saine et confiante à Dieu.

1.2- Rôle du baptême d’eau ?

    • Le baptême est un geste religieux. Or, comme le dit Jésus à propos du commandement religieux juif principal : l’acte religieux est fait pour l’humain et non l’humain pour le geste religieux. Il en est ainsi du baptême d’eau, c’est un geste utile pour l’humain, Dieu, lui, n’a pas besoin de ce geste pour aimer et garder la personne.
      • Le baptême de Jean-Baptiste était un geste venant marquer la conversion, comme une plongée dans la grâce et le pardon de Dieu.
      • Jésus, lui, ne baptisait pas avec de l’eau mais d’Esprit Saint (ce qui n’est pas un geste religieux mais une connexion spirituelle avec Dieu). Et Jésus « imposait les mains », en geste de bénédiction de Dieu sur la personne.
    • Aujourd’hui :
      • Dans certaines églises, le baptême chrétien reprend celui de Jean-Baptiste, insistant plus sur la foi de la personne, baptême par immersion totale dans l’eau, réservé aux adultes.
      • Dans d’autres églises, le baptême chrétien reprend ce geste de Jésus qu’est l’imposition des mains, insistant plus sur la grâce de Dieu, baptême avec la main mettant de l’eau sur la tête, donné à toute personne sans condition.

1.3- Rôle de la réception du Saint Esprit?

  • Le Saint Esprit (souffle de Dieu), est une façon de parler de Dieu en tant que dynamique de création dans ce monde (voir Genèse 1), donné à l’humain il fait de la personne une créature image de Dieu, appelée à être co-créatrice avec Dieu.
  • Le Souffle de Dieu est donné à la personne et l’anime, elle est corps et souffle. Dieu n’est donc pas seulement une personne avec qui nous discutons, il est aussi ce qui nous anime, une source de vie et de bonté en nous.

 

2- Comment conserver son salut ?

  • Le salut est un don de Dieu par grâce, et « rien ne nous séparera de l’amour de Dieu manifesté en Christ » (Romains 8), donc il n’y a rien à faire ou ne pas faire pour « conserver son salut ».
  • La foi permet de conserver, vivre et développer l’œuvre de ce salut en nous.

2.1- Le Saint Esprit peut-il quitter un enfant de Dieu ? Si oui peut-il revenir ?

  • A notre mort du biologique, effectivement, notre corps cesse d’être animé par l’Esprit, notre personnalité poursuivant sa vie autrement, par l’Esprit.
  • Durant notre vie, je pense que parfois l’Esprit de Dieu est comme emprisonné, attristé dirait Paul, empêché d’agir en nous, et c’est bien dommage. Mais il demeure comme Dieu reste fidèle.

2.2- Tout péché peut-il mener en enfer ?

  • Les notions d’enfer et de paradis sont tirées de la mythologies païennes, avec une sélection des uns pour l’enfer, et d’autres pour le paradis. Au contraire, chacun est à la fois pécheur et pardonné. Notre personnalité est aimée et gardée par Dieu, au paradis, si l’on veut l’appeler ainsi. Chacun a une part souffrante, problématique, pécheresse. Dieu nous en débarrasse par grâce et pardon, cette part souffrante est envoyée en enfer, si l’on veut, ce n’est pas une punition, c’est un bon débarras comme quand on envoie une tumeur retirée de notre corps par un bon chirurgien. C’est la source edu péché en nous qui est enlevée.

 

3- Quel rapport entre la Loi de Moïse et Grâce de Jésus-Christ ?

  • La Loi de Moïse donne des bonnes idées pour savoir comment vivre d’une juste façon (en adorant Dieu seul, en ne tuant pas trop notre prochain…),
  • La grâce de Dieu est manifestée par Jésus-Christ, nous disant qu’il n’y a aucun chantage en Dieu, et nous libérant pour chercher, au delà de la lettre de la Loi, qu’est-ce que Dieu nous souffle, et recevoir des forces pour l’accomplir.

3.1- Le chrétien a t-il des obligations envers la loi de Moïse ?

  • Oui, au moins de recevoir ces paroles comme une interrogation sur notre monde, notre vie, sur ce que Dieu espère de nous et pour nous aujourd’hui.

 

4- Comment adorer Dieu ? Comment se déroule le culte ?

  • Adorer Dieu c’est méditer sur ses qualités, chassant toute crainte puisqu’il est lumière et amour, pure source de vie.
    • C’est se placer, soi et sa propre vie devant cette source infinie, à la fois au delà de ce monde et part de nous-même.
    • C’est alors entrer dans la louange, la repentance, la lamentation et l’espérance, avec lui et devant lui.
    • C’est enfin être dans le silence de ce que son Esprit soufflera dans notre conscience, notre être et dire « amen », en confiance.
  • Le culte, c’est comme une salle de musculation pour la foi, pour l’adoration, pour la réflexion théologique.

4.1- il y a t-il des positions définies ?

  • Pour la prière et l’adoration, Jésus ne dit qu’une seule chose, c’est de prier ainsi, seul dans sa chambre, porte fermée (Matthieu 6:6). L’essentiel est intérieur, dans cette recherche d’être cœur à cœur avec lui. Mais si une personne est aidée par une position, un lieu, une façon de faire, un horaire… pourquoi pas, le risque étant de penser que ces éléments seraient sacrés, alors qu’ils doivent rester pour nous de simples moyens, des détails.
  • Pour le culte, oui, la dimension de rite, l’enracinement dans les générations passées, la beauté, tout cela participe à nous préparer à cheminer vers Dieu. Mais là encore, ces éléments doivent rester secondaires par rapport à l’essentiel qui est la relation intime, personnelle à Dieu.

4.2- il y a t-il un ordre préétabli d’exercice des différents ministères?

  • L’apôtre Paul évoque des « ministères », des fonctions dans la communauté. C’est afin d’organiser l’église qui est naissante à cette époque. Chaque époque, chaque lieu et circonstance, chaque église doit faire cette recherche d’organisation de la communauté afin que cela rende le meilleur service à tous et toutes. Ce n’est pas facile et dangereux.
  • Du point de vue spirituel, chaque personne, de la plus jeune à la plus âgée, de la plus instruite à l’illettrée, reçoit en Christ un triple ministère de prophète.sse (recevant l’Esprit), de prêtre.sse (digne d’être en relation directe avec Dieu) et de roi.reine (appelé à agir dans se monde). Ensuite, le périmètre d’action de chaque personne et ses moyens, sa façon d’agir dépendent de chaque personne, selon la vocation de chacune et chacun.
  • La coordination entre toutes ces personnes dans l’humanité et dans les générations se fait par l’Esprit et la compassion entre les membres.

 

5- Dans 2Tim2:12 et 1co14:34-37, il est dit aux femmes d’une part de se taire, et d’autres part de ne pas enseigner, est ce que vous croyez au ministère de prédicateur de la femme ? quelles écritures soutient cela ?

  • Dans certaines circonstances l’apôtre Paul impose le silence aux femmes dans les assemblées, en d’autres circonstances il leur permet de parler (1Co 11:5), il reconnaît leur fonction d’apôtre (Junia, Romains 16:7), ou de diacre (Phoebé, Romains 16:1), de chef d’église (Lydie, Actes 16). Cela conduit à penser que l’interdiction de Paul est propre à des circonstances particulières.
  • De toute façon, nous ne sommes pas disciples de Paul mais de Jésus-Christ, qui, lui envoie à plusieurs reprises une femme annoncer l’Evangile à d’autres personnes : une femme samaritaine est envoyée vers les hommes et femmes de son village (Jean 4), Marthe est envoyée par Jésus vers sa sœur Marie (Jean 11), et Marie Madeleine est faite par le Christ une apôtre, et même l’apôtre des apôtres (Jean 20). Donc oui, manifestement, selon Jésus, une femme peut être pasteure. Mais de toute façon, c’est une question plus essentielle encore, la femme comme l’homme, chaque personne est créée à l’image de Dieu, appelée à suivre le Christ.

Bravo pour votre recherche de Dieu, votre réflexion.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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