Comment peut-on être en Christ et avoir besoin encore d’une délivrance ?

Par : pasteur Marc Pernot

Un homme marchant dans la rue avec des béquilles - Photo by Hennie Stander on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je viens vous porter une question sur les ministères de délivrances, je voudrais savoir si cela est biblique ? Comment peut-on être en Christ et avoir besoin d’une délivrance, Christ n’a t il pas tout payé et nous a délivré de tout liens de tous péchés ?
Je voudrais également savoir s’ il faut tout spiritualiser, si par exemple on avorte cela a des répercussions sur le monde spirituelle si nous sommes en Christ ou si en général nos péchés ouvrent une porte au diable aux esprit pour entrer en nous. Que doit on penser de la réalité du monde spirituelles ?

Au delà de ça Christ nous a donné l’autorité de chasser les démons de lier et de délier etc comment comprendre cela et comment l’exercer? Par exemple, si je couche avec une personne, je crée un lien avec cette dernière puis-je défaire ce lien ou dois-je aller voir un pasteur ?

Doit- on mener avec cette autorité un combat spirituel ? ep 6:10-17

J’ai remarqué que l’on spiritualise tout dans mon église, disant par exemple que tous les péchés ont un impact dans le monde spirituel, est ce véridique ?

Je m’interroge également, des gens qui témoignent que ça fait des années qu’ils sont en christ, ils se sanctifient etc et les maris de nuit continuent à venir ? Ils mentent ?

Que Dieu vous bénisse

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

D’abord, bien entendu que, même ayant foi en Christ, nous ne devenons pas parfait. Car Dieu seul est bon, nous dit Jésus, et Paul confirme en disant qu’il n’existe pas un seul juste (à 100%).
La foi rend possible, suscite un cheminement, une poursuite de la genèse de notre être, un approfondissement de notre compréhension et de notre communion avec Dieu en Christ. Il reste et il restera toujours du chemin à faire, toujours à se convertir encore plus profondément chaque jour. Ce n’est pas magique.

De plus, notre foi ne peut être à 100% non plus, cela n’existe tout simplement pas. La personne humaine est complexe, et quand bien même notre tête et notre cœur seraient d’accords et parfaitement connectés à Dieu, il resterait nos hormones, nos instincts les plus cellulaires qui, eux, sont encore dans l’égocentrisme le plus basique. C’est normal, nous sommes des animaux, certes spirituels, mais quand même. Et même en ce qui concerne notre choix de vivre selon Jésus-Christ, heureusement que nous nous posons encore des questions, car nos croyances sont évidemment imparfaites, il n’y a pas à culpabiliser là-dessus, ni à le nier. C’est normal car on ne peut enfermer Christ, et encore moins Dieu dans quelques formules, dans nos petites catégories de pensée d’humain de ce monde. C’est ainsi que notre confiance ne repose pas sur nous-même, mais sur le simple fait que Dieu nous aime personnellement, et qu’il nous gardera même si nous devenions son ennemi (nous dit Jésus).

Pour ce qui est de personnes qui auraient un « ministère de délivrance » ? Je me méfierais beaucoup d’une personne ou une église qui se placerait en intermédiaire entre Dieu et la personne. En Christ, par l’Esprit, chaque personne est en ligne directe avec Dieu. Le rôle de l’église et de ses ministres est de dire à chaque personne qu’elle est digne et qu’elle est capable de cela. Ensuite, c’est Dieu qui travaille en chacun, directement, pour sa libération. C’est tout un travail progressif, comme dans ces paraboles de Jésus où il compare le Royaume de Dieu à une graine qui germe, un arbre qui pousse, une pâte qui lève. Le « ministère de délivrance » consiste donc, à mon avis, à délivrer la personne de sa peur de Dieu, ou de son propre sentiment d’insuffisance pour l’appeler à se réconcilier avec Dieu, de l’encourager à compter sur Dieu pour qu’il la relève et la rende capable de faire face. C’est ainsi que Christ délivre bien des personnes en leur disant que leur péché a déjà été pardonné (par Dieu), que leur foi les a sauvé et qu’ils peuvent avancer en paix dans leur vie librement.

Ce qui nous est proposé, je pense, c’est plutôt de visiter ceux qui sont prisonniers de quelque chose, c’est annoncer aux captifs la libération par Dieu. C’est Dieu qui libère, selon la première des « Dix Paroles » : « 1. Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude. » (Exode 20:2).

Vous avez raison, ce passage de la lettre aux Éphésiens au chapitre 6 sur les armes du chrétien est bien riche et affirme effectivement que le Chrétien a déjà en lui-même tout ce qu’il faut pour faire face, avec Dieu, contre ce qui ne va pas. Délivrer une personne ce n’est donc pas agir à sa place ni à la place de Dieu, au contraire. Ce n’est pas se placer en médiateur mais plutôt en portier aidant à entrer en sa présence.

Pour ce qui est de « spiritualiser », je pense que c’est exact que quand on fait le mal, cela génère de la souffrance autour de nous et cela abîme aussi son auteur. Ce n’est pas que cela fâcherait Dieu, certainement pas puisqu’il est amour et pardon. Mais il s’agit d’une régression spirituelle dans la mesure où nous vivons en faisant n’importe quoi. Ce n’est pas non plus que des sortes de créatures invisibles viendraient nous infester. Je ne pense pas qu’il soit bon de faire croire aux gens, ni aux enfants, qu’il y a des démons invisibles cachés sous le lit. Ce n’est pas que « les démons » n’existent pas, mais ce ne sont pas des créatures invisibles, ce serait un peu trop simple. Les démons sont une façon de parler de ce qui en nous dysfonctionne, nous tire vers le bas, nous fait souffrir, résiste à notre propre contrôle. Cela peut effectivement être suite à un traumatisme ancien, ou à notre faiblesse d’humain normal, où à un manque de croissance, ou à un mauvais pli que nous avons pris, ou à l’influence de l’air du temps. Il est utile, je pense, de laisser le terrain de l’imagination fantastique pour identifier, nommer les choses clairement, et ensuite faire équipe avec Dieu pour qu’ensemble nous puissions avancer. Pour en parler aussi éventuellement avec un ami, un conjoint, un pasteur ou un prêtre (qui ne se prendrait pas pour Dieu ou son médiateur).

Je ne sais absolument pas ce que c’est que cette histoire de « mari de nuit ». Je ne pense pas qu’il soit possible d’interpréter les rêves, ils sont le reflet à la fois de nos peurs, de nos hormones, de notre imagination, des traces de films et d’histoires entendues, et de l’Esprit aussi qui nous souffle la Parole de Dieu mais tout cela étant tellement mélangé qu’il est impossible de trier. Ce qui est dangereux est d’attacher de l’importance à ces rêves, et ce qui est plus dangereux encore est de faire confiance à une personnes qui prétendent interpréter les rêves. Il me semble préférable de laisser les rêves au sommeil, et de vivre le jour avec les yeux ouverts, l’esprit vif, avec notre belle personnalité, avec notre petite sagesse et notre petite force, certes, mais avec aussi le pardon et l’aide de Dieu. Et faire ensuite ce que nous pourrons pour avancer de la plus fidèle des façons.

En tout cas, n’ayez aucune peur de Dieu, il est de votre côté pour tout, dans tous les combats et tous chantiers pour vous mener à la vie.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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