
Vie éternelle : sur quoi peut-on fonder cette espérance ?
Peut-on croire en la vie éternelle sans se réfugier dans les Écritures seules ? Un pasteur répond en déplaçant la question : plutôt que de chercher son salut, vivre la qualité de la relation à Dieu et aux autres, ici et maintenant, dans un amour plus fort que la mort.
Question posée :
Bonjour cher Pasteur,
En dehors des Écritures, qu’est-ce qui peut véritablement nous faire croire en une vie éternelle ? J’ai fait des recherches, notamment sur les expériences aux frontières de la mort, mais cela ne démontre pas l’existence d’un au-delà éternel.
J’ai rencontré des personnes qui surveillent étroitement leur conduite en disant : « Ça comptera pour la vie éternelle, pour gagner mon paradis. » Mais est-ce vraiment cette quête qui nous amène à adopter un bon comportement envers les autres et à mieux aimer ? Si l’on se réfugie dans la croyance en l’au-delà, est-ce par pur amour ou par intérêt ? À l’inverse, d’autres soutiennent qu’« on n’a qu’une seule vie », ce qui sert parfois de prétexte pour en profiter sans grande moralité.
Certains penseurs et théologiens questionnent aussi les récits fondateurs comme celui d’Adam et Ève, les voyant comme des métaphores de notre responsabilité terrestre. Dès lors, pourquoi accorder tant de poids à la vie éternelle, ou au contraire la rejeter ?
Pour ma part, je ne réfute pas la possibilité d’une vie éternelle, mais ce n’est pas cette perspective qui me pousse avant tout à faire plaisir à Dieu. Je crois en Dieu avant tout au quotidien, dans notre existence présente, bien que, comme tout le monde, je ne le voie pas.
Merci pour votre réponse enrichissante, comme à votre habitude. Que Dieu vous bénisse.
Réponse d’un pasteur :
La vie après la mort : une question secondaire
Bonsoir,
Je ne suis pas persuadé que la question de savoir s’il y a, ou non, une vie après la mort de notre corps soit si importante que cela.
La Bible hébraïque choisit d’ignorer la question, alors que les peuples environnants en étaient obsédés, comme les Égyptiens.
Dans l’Évangile, Jésus se contente de dire qu’il y a une vie future, mais il ne s’appesantit pas sur la question ; il dit seulement que le meilleur de la personne reste vivant au-delà de la mort.
Cela aussi nous renvoie vers la vie présente, afin de nous encourager à la vivre avec qualité.
Chercher son salut : le risque de l’égocentrisme
Vivre en cherchant à se favoriser une bonne vie future, c’est encore vivre dans l’égocentrisme : chercher son petit salut à soi. Ce n’est, à mon avis, pas une belle façon de vivre. Cela n’amène donc pas à mieux aimer l’autre. Au contraire, cela pourrit tout, à mon avis.
L’amour, plus fort que la mort
Ce qui est certain, c’est qu’effectivement l’amour est plus fort que la mort : nous pouvons continuer à aimer une personne dont le corps est mort.
Donc, je suis bien du même avis que vous : l’essentiel est Dieu dans notre quotidien, et de privilégier, avec lui, grâce à lui, la qualité des relations avec ceux qui nous entourent. Et avec Dieu. Il vous bénit et vous accompagne.
En écho à ce texte :
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La vie éternelle : les évènements d’Amour seraient sauvegardés pour toujours en Dieu ? C’est tout ?
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Qu’entends t-on exactement dans le terme » vie éternelle » ? Je ne suis pas intéressée à perdurer après ma mort, peut-être à du repos éternel bien mérité.
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Y a-t-il une vie après la mort et reverrons-nous nos proches disparus ?

Je crois à la Vie Eternelle lorsqu’elle est méritée. Par exemple je suis surpris de voir des personnes en grande détresse en cas de maladies neurodégénératives. Et cette détresse est vécue de la même façon par l’accompagnant-conjoint. Alors je me dis: « Pourquoi souffrir autant pour mourir »
La seule réponse que je trouve : « Un Chemin de Croix sur terre qui donne des points pour la Vie Eternelle »….
Ce sujet reste un mystère d’autant que beaucoup de Saints et de Saintes sont morts jeunes après une grave maladie ! Pourquoi dit-on que les bons partent les premiers ? Pourquoi les personnes sans religion semblent avoir moins d’ennuis de santé que les bons catholiques pratiquants ? C’est ce que je constate autour de moi ! Y aurait-il une mise à l’épreuve permanente des cathos ? Ce sont mes questions du moment.
Le Dieu qui ferait ce genre de chose, torturant ses enfants, à commencer par les meilleurs : ce serait une personne indigne d’avoir la garde de ses enfants, et serait plutôt envoyée en prison.
Il y a de la souffrance sur terre. Voyant une personne souffrante (un aveugle de naissance), Jésus dit que cela nous appelle à faire d’œuvre de Dieu en le soignant, ce que fait Jésus. La maladie est de l’ordre du chaos de Genèse 1:1, dont il reste une part dans ce monde en cours de création. Et Dieu nous embauche.
Une personne qui aime un véritable ami, son amour, ou ses enfants : cette personne n’est pas en train de compter les points pour faire passer un examen. Quand on aime vraiment, c’est sans condition. Dieu est comme cela, nous montre Jésus.
Je ne pense pas que les meilleurs partent les premiers. Par exemple sœur Emmanuelle : extraordinaire femme d’intelligence, de bonté, d’énergie, de liberté : elle a vécu très très longtemps. L’abbé Pierre a vécu lui aussi presque 100 ans. Mais c’est vrai qu’une personne vivant ardemment sa vie dans le service des autres a plus de chance d’avoir des accidents, de moins soigner sa propre santé, se fait du soucis avec ceux qui souffrent : cela fait qu’un égoïste vivant bien pépère a des chances de vivre plus vieux (sauf s’il croule sous le cholestérol). En tout cas, la mort prématurée ne vient jamais de Dieu.
Dieu vous bénit
Merci Cher Pasteur pour votre réponse toujours aussi riche, et merci aussi aux autres intervenants pour ce thème évoqué.
Je crois qu effectivement avant d’aborder ce que sera la vie éternelle ou pas éternelle, vivons pleinement cette vie actuelle , pour favoriser et entretenir cette beauté de notre Créateur, beauté du règne végétal, animal , humain. Car c’est quand même bien fantastique toute cette richesse de différences.
Ensuite prendre le plaisir de construire notre vie dans l amour, rechercher à être bien soi même pour mieux aimer et servir les autres.
Dans mon enfance j ai été très touché justement par cette beauté de création que j’ai précédemment parlé. Je suis croyant. Mon avis personnel , et pour l instant j’y crois fermement , c’est que je ne peux pas concevoir que le Créateur nous laisse qu une seule vie à vivre, à cause de cette magnificence de la vie. Et comment peut on s imaginer que tous les êtres à qui nous avons donné de l’amour gratuitement , nous ne les retrouvions plus. En quelque sorte comment s imaginer que notre vie soit une histoire sans lendemain.
J ai dit que j ai des proches qui ont fait l expérience NDE ( aux frontières de la mort ), et ces personnes se sont retrouvés dans un espace dans une paix qui n est pas descriptible. Mon propre papa l a vécu, entre autres. D autres ont vécu une lumière qui n existe pas sur Terre.
Par ailleurs, bien des passages de la Bible évoque la parole de Jésus nous parlant de l après vie. Si Jésus a parlé ainsi, c’est probablement que nous vivrons après une suite de notre vie qui sera conséquente du bienfait , de l’amour qu on aura semé ici bas. Et Jésus a parlé en ce sens aussi pour faire honneur à son Père.
Pour moi Dieu le Père est un perfectionniste , entre autres. Tout simplement pour avoir étudié la biologie, tout est articulé avec sagesse , avec bon sens pour la croissance du règne végétal.
Voilà pourquoi je crois en la vie après cette vie que j’aurai vécue.
Que le Seigneur vous accompagne tous.
Gérard
La notion d’une vie au-delà de la mort me parait inconcevable, mais d’autres choses me paraissent aussi inconcevables : qu’on puisse exterminer des milliers de personnes sur le simple fait qu’elles soient juives, qu’on envoie un engin sur une comète, qu’on accepte de mourir sur une croix par amour de l’humanité, que la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde donne un être capable de jouer une étude de Chopin, … Malgré tout cela, sans en faire une marotte, j’ai l’espérance que la mort du corps ne solde pas la vie avec Dieu, et je pense que cette espérance peut parfois atténuer certaines souffrances car ce n’est pas toujours facile de se réveiller le matin et de remercier Dieu pour la journée qui vient.
Excellent. C’est aussi ce qu’a écrit Saint-Augustin (dans le De catechizandis rudibus, je crois), que l’existence de la vie future serait un bien petit miracle à côté de celui de l’existence de la vie présente.
Ce questionnement est un point fondamental de la pensée et de la condition humaine . Albert Camus dans ses réflexions sur l’absurde voit une contradiction définitive entre l’aspect immortel du monde et de l’univers et la condition humaine qui a toujours eu un début et une fin . Est ce que le royaume de Dieu existe ?Blaise Pascal nous place devant ce dilemme . Si le royaume de Dieu existe et que tu y crois , tu auras tout gagné . Si tu n’y crois pas et qu’il n’existe pas , cela ne changera rien pour toi, mais s’il existe et que tu n’y crois pas ´ tu auras tout perdu . Personne ne peut répondre avec une certitude absolue à cette question .Finalement ne faut-il pas croire que nous sommes déjà ici bas dans le royaume de Dieu qui commence chaque matin à notre réveil ? Remercier Dieu chaque matin de notre présence renouvelée ici bas . Et comme disait un interlocuteur , dans toute cette journée débutante, mettre notre action sous le régime de l’amour et en conformité avec ce que nous demande la Bible .
Merci Gérard,
Le pari de Pascal est une idée intéressante (il est mathématicien), seulement cela me semble basé sur l'(idée que pour gagner la vie future il faudrait sacrifier la vie présente, comme quand on joue à la roulette et que l’on sacrifie le prix de sa mise. Je ne pense pas que ce soit exact. Ce que propose Jésus c’est de valoriser, d’embellir la vie présente. S’il y a une vie future (ce que je suppose), c’est alors du supplément : après une belle vie présente, une vie future où le meilleur de ce qui vit en nous reste vivant.
C’est très difficile, selon mon expérience, de se dire chrétien tout en expliquant que l’on ne croit pas une seconde qu’il y ait une vie après la mort, ni corporelle ni même sous la forme d’une âme immortelle détachée du corps. Beaucoup de gens restent semble-t-il persuadés que la religion n’est là que pour apaiser cette angoisse de la finitude.
Je doute que les personnes qui disent cela aient jamais lu la Bible, ils ne l’ont peut-être jamais ouverte. Ensuite, c’est sans doute un peu la faute de chrétiens dont la recherche avide de vie future est la marotte.
Personnellement, il me semble sage de laisser pour le moins la question ouverte, et de faire confiance. Comme le propose en fait la Bible (globalement).
» Confiance « …le mot essentiel…le premier pas.
Théodore Monod disait: « Je ne sais pas, mais j’espère »
Pour ma part, bien qu’aucunement obsédé par la vie éternelle, ni même de savoir si j’irais en enfer ou au paradis, j’ai réfléchis a la question et suis arrivé à la conclusion que si il y a une vie après la mort, elle est d’un autre ordre que la vie terrestre et totalement inconcevable en termes humains.
Si on veut rester dans le monde de l’humain je crois que nous sommes éternels dans la trace que nous laissons sur cette terre, auprès de nos proches mais aussi plus globalement par ce que nous avons réalisé que ce soit petit ou grand au cours de notre vie.
Enfin je crois aussi que « Dieu sonde les coeurs et les reins » Il connait donc les vraies raisons et les motivations de nos actes qu’ils soient bons ou mauvais.
Ayant pleine confiance en sa justice et son amour, je n’ai donc aucune inquiétude d’être mal jugé.
Quand a ce que sera ce jugement, on verra le temps venu.
Que votre confiance en Dieu vous donne la paix.