Dieu se soucie-t-il de nous ? Comment fait-il pour nous aimer encore alors que nous détruisons tout ce qu’il a construit ?

Par : pasteur Marc Pernot

Un homme admiratif devant un lever de soleil sur une mer de nuages - Photo by Nghia Le on https://unsplash.com/photos/V3DokM1NQcs

On va se retrousser les manches, se serrer les coudes, et ça va le faire ! J’espère.

Question d’un visiteur :

Bonjour,

J’ai beaucoup de questions qui me travaillent ces derniers temps..

Dieu se soucie-t-i vraiment de nous? Quand nous prions, ou chantons en son nom? Notre Dieu créateur du ciel et de la terre n’est-il pas occupé à créer la vie ailleurs?

Malgré son amour infini envers nous, comment fait-il pour nous aimer encore alors que nous détruisons tout ce qu’il a construit? La polution, la surpêche, les millions d’animaux surexploités pour être ensuite tués et mangés, toutes ces forêts que l’on détruit etc.. Dieu doit être tellement attristé de voir tout cela.. Je ressens un décalage entre notre religion et notre société moderne qui ne respecte pas notre planète et la vie sur terre. Tout cela m’égare petit à petit de Dieu..

Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire.

Cordialement,

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

J’ai beaucoup de questions qui me travaillent ces derniers temps.

  • Bravo ! C’est avec des questions que l’on avance, que l’on approfondit, que l’on s’élève et que l’on est élevé par Dieu.

Dieu se soucie-t-i vraiment de nous?

  • Oui, vraiment. D’abord parce que, comme n’importe quel père ou mère le ferait, il veille sur son enfant chéri, cherchant à lui apporter le meilleur possible.
  • « Se soucier » est vraiment la meilleure expression possible, je pense. C’est à dire qu’il aime et espère pour nous, qu’il fait attention et en même temps qu’il ne pilote pas tout. C’est aussi ce qui nous est proposé pour notre prochain, se soucier de lui.
  • Quand nous pensons à Dieu, espérons croire en lui, nous posant des questions sur lui (comme vous le faites), méditons simplement ce que nous pensons lui devoir… nous l’aidons à nous apporter les meilleurs soins possibles. C’est la base du métier de créateur que de rendre en compte ce que l’on va toucher. Dieu nous écoute, comme une amoureuse reçoit, après l’avoir longtemps attendu, un coup de fil de son amoureux. Rien de moins. Dieu tient compte de ce que nous sommes à l’intérieur, pour ce qu’il va espérer pour nous.

Notre Dieu créateur du ciel et de la terre n’est-il pas occupé à créer la vie ailleurs?

  • Si. Aussi. Mais nous en faisons partie.
  • Ce qui compte pour lui ce n’est pas tant « l’ensemble » que chaque membre de l’ensemble. C’est assez naturel même pour nous, humains, à notre niveau. Je me souviens d’une dame âgée venant pour préparer les obsèques de son mari, quand je lui ai demandé combien d’enfants ils avaient, elle m’a répondu qu’ils en avaient trois, dont un était mort avant sa naissance. 70 ans après, cet enfant comptait encore pour elle, et les deux autre ne l’avaient pas fait oublier celui ci. Comment Dieu oublierait-il un de ses enfants ? Même les cheveux de notre têtes comptent pour Dieu.

Comment fait-il pour nous aimer encore alors que nous détruisons tout ce qu’il a construit?

  • Précisément. C’est le propre de l’amour d’aimer sans mesure et sans condition. On a bien trop présenté Dieu comme un impitoyable patron d’esclave, gardant ceux qui sont suffisamment performants et laissant aux crocodiles les fautifs et les insuffisants. Dieu est précisément l’inverse de cela. Et cela n’a rien de bizarre. Un père ou une mère qui a un enfant toujours malade va s’occuper de lui plus encore que des autres. De même pour l’hôpital, il reçoit avec plus d’empressement, plus de soins, plus de dépenses la personne qui est le moins en forme afin de la remettre sur pieds le mieux possible. Si l’hôpital ne s’occupait que des personnes en forme, ce serait un peu curieux. Dieu ne nous abandonne donc pas. Au contraire, je dirais, qu’il y a intérêt pour tout le monde qu’il redouble d’actions afin de toucher le plus grand nombre de personnes à se sentir responsable de la création.
  • En nous ouvrant personnellement au créateur, rien de tel pour nous sentir l’envie d’être nous même créateur et d’apporter notre part dans cette œuvre de création. A notre façon. C’est ce à quoi Jésus nous appelle : ouvrir les yeux et voir ce qui ne va pas, « Tant qu’il fait jour, il faut que NOUS fassions les œuvres de celui, Dieu, qui m’a envoyé » (Jean 9:4).
  • Dieu n’a pas seulement construit dans le passé, il est en train de construire, et il nous espère dans l’équipe, c’est pourquoi il nous a fait non seulement créatures mais créateurs, à notre niveau sans comparaison avec celui de Dieu, certes, qui est d’une autre dimension. Cependant nous avons l’avantage d’avoir des mains, et que cela aide pour créer. Ne serait-ce qu’un pain pour l’offrir à un enfant qui meurt de faim, ce que Dieu ne peut pas faire facilement sans nous.
  • Avec notre capacité à créer, c’est vrai que l’humanité a fait de sacrés dégâts. En même temps nous ne le savons que depuis très très récemment. Cela fait à peine deux générations que nous commençons à comprendre que la planète n’est pas inépuisable et que nos actions individuelles cumulées bouleversent l’équilibre de l’ensemble. Quand j’étais jeune, il me semble que ce n’était même pas pensable, j’ai commencé à en entendre parler lors de mes études d’ingénieur en 1980, et nous ouvrions les yeux grands comme des soucoupes d’entendre cela, à l’époque j’étais chef scout et je passais 45 nuits par an sous tente dans la pleine nature qui me semblait débordante de vie et de santé. Quarante ans, c’est une seconde pour l’histoire de l’humanité ! Et j’ai l’impression que la prise de conscience est en train de se faire à un vitesse, certes insuffisante, c’est néanmoins remarquable, jamais vue pour une prise de conscience mondiale nécessaire. Le problème me semble plus dans la réponse à cette prise de conscience. Nous aurions besoin de faire corps, ce n’est vraiment pas le moment de nous diviser, d’envahir le voisin, de nous faire des coups-bas économiques, d’affronter des identités, des intégrismes. Il faudrait faire corps ensemble, se soucier des membres les plus faibles, unir les inspirations philosophiques et religieuses diverses… Pour que cela soit possible, il me semble que l’urgence est précisément une urgence spirituelle, écartant tout dogmatisme et tout moralisme, unir nos regards portés vers le haut et se souciant de ce arrive ici-bas, en ce monde que Dieu aime.
  • Pour cela, Dieu a besoin d’ouvriers de paix. Grand besoin.

Grand merci pour ce partage inspirant.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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