David décrit la mort du Christ dans un Psaume, sa crucifixion ainsi que le partage de ses vêtements… Dieu lui a révélé l’avenir ?

Par : pasteur Marc Pernot

un homme dans un champ de blé vert regarde le ciel bleu et rose - Photo by Benjamin Davies on https://unsplash.com/photos/JrZ1yE1PjQ0

Être prophète et prophétesse, telle est notre vocation. Afin de voir un petit peu clairement le présent.

Question d’un visiteur :

Cher Marc,

Tout d’abord mille excuses pour ne pas avoir été très présente ces derniers temps et je crains que cela dure encore un peu car je suis dans une phase  » laissez aller » qui ne me pousse guère aux contrainte ces temps ci…
Je suis dans les psaumes en ce moment et je m’interroge…

On est d’accord sur le fait que les psaumes ont été écrits avant la naissance du Christ ? De Jésus donc…
Or, dans un psaume, je ne sais plus lequel… Il y a une pensée de David décrivant la mort du Christ, sa crucifixion ainsi que le partage de ses vêtements…

Pour ma part, cela ne me dérange pas de vous parler de « médiumnité »…On pourrait donc dire que David à eu des relations médiumnique avec Dieu qui lui annonçait indirectement la mort du Christ ?

Sur ce, bonne soirée Marc et à très vite dès que je serais plus disponible spirituellement parlant qu’en ce moment…
L’été me déprime, la chaleur nuit à ma santé, toutes mes espérances vont à la pluie et cet automne qui m’est si cher…

Fraternellement,

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Bon courage, bon cheminement, plein de forces nouvelles.

Oui les psaumes ont été écrits des centaines d’années avant Jésus.

Et c’est vrai que les récit de la crucifixion reprennent des éléments, en particulier du Psaume 22. Dont l’extraordinaire « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné » qui est stupéfiant dans la bouche de Jésus. Et il me semble quasi certain que c’est un événement historique car aucun chrétien n’aurait osé raconter cela si ce n’était pas arrivé devant des témoins. Ensuite, il est bien possible que l’histoire du tirage au sort des vêtements de Jésus raconté dans l’évangile et son flanc percé soit un import de versets dans la suite du même Psaume 22, pour une raison théologique spirituelle importante. C’est que ce récit de la passion part effectivement de l’événement bien réel et infamant de la crucifixion de Jésus, fait historique certain, et en propose une relecture spirituelle afin de nous édifier et de nous aider à saisir en quoi le Christ nous apporte la vie. Et pour cela, lire en même temps le Psaume 22 est très inspirant.

Pour des raisons théologiques et pour des raisons scientifiques, je dirais qu’il n’y a pas à proprement parler de prédiction absolue,

  • En effet, d’un point de vue théologique, quand Dieu crée l’humain créateur (« à son image »), il le crée capable d’inventer du neuf tout à fait personnel, qui est même inattendu pour Dieu. Il y a bien des passages de la Bible où le récit nous montre Dieu rendre visite après quelque temps et se retrouver bien surpris de ce que l’humain a fait, ce qui conduit Dieu a réagir pour essayer de rétablir la situation, à sa façon. Voir par exemple dès le début de la Genèse quand Dieu rend visite à Adam et Eve, puis à Caïn, puis à l’humanité du temps de Noé, puis à Babel… ou quand Dieu ne voulait pas que les hébreux aient un roi, puis se décide néanmoins à accompagner ce projet problématique (1 Samuel 8:20). Et aussi dans les paraboles de Jésus avec le roi qui part en voyage ou le maître de la vigne qui pense que les vignerons respecteront son fils (Mt 21:37). C’est précisément pour cela qu’est essentiel l’affirmation de la grâce de Dieu, de son amour sans condition.
  • Du point de vue scientifique, il existe une part de hasard dans la structure même de la matière. Si nous ne pouvons pas prédire absolument l’avenir, ce n’est pas seulement que nous ne connaissons pas absolument tous les paramètres en présence à un moment donné, mais c’est que l’existence même d’un électron à un point donné est probabiliste.

L’avenir n’est pas écrit dans le détail à l’avance dans un grand livre écrit par Dieu.

Cela ne veut pas dire que l’avenir serait absolument connaissable. Seulement ce ne sont souvent pas tant des prédictions que des prévisions, avec un degré de probabilité plus ou moins élevé. C’est ce que dit Jésus, me semble-t-il, quand il nous dit : « Le soir, vous dites: Il fera beau, car le ciel est rouge; et le matin: Il y aura de l’orage aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Vous savez discerner l’aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps. » (Matthieu 16:2-3).

Que Dieu ait le projet d’envoyer un Christ apportant à l’humanité son salut de façon ultime, cela me semble faire sens. Je pense que l’on peut dire que ce genre de décret a pu être « écrit » par avance. Comme un projet. Ensuite, dans le détail, comme le décrivent en tout cas bien des textes bibliques, ce projet de Dieu peut connaître des aléas, des délais et des détours dus à nos errements plus ou moins problématiques. Ensuite, Jésus explique dans la parabole des vignerons que j’ai citée ci dessus que son projet était que son fils soit respecté. Et puis finalement non. On peut dire pour le moins que l’issue était ouverte, Jésus aurait pu être finalement épargné et plus ou moins reconnu par les autorités. Dieu aurait donné son salut avec ce chemin là. Cependant, quand on connaît un peu les gens et les foules, une personne qui apporte une ouverture radicale, soulignant l’égale dignité de tous et de toutes, même pécheurs, samaritaines, intégristes, pécheurs et adultères, soldats d’occupation… il n’est pas inattendu qu’il soit un peu ennuyé par les autorités bien en place. Et que ses biens soient spoliés, par principe, jusqu’à sa dernière chemise. C’était donc prévisible, mais pas écrit à l’avance. Prévisible avec un certain degré de probabilité. Et David ayant traversé bien des gloires et des difficultés, des lucidités dan sla louange et des aveuglements dans le péché a bien pu intuiter assez finement ce qui peut arriver à un roi, et c’est ce dont il parle dans le Psaume 22.

Pour notre propre vie, il y a sans doute des faits déjà écrits en ce qui concerne notre avenir, mais je pense que ce sont des faits très généraux, comme le fait que nous mourrons un jour d’un point de vue biologique, et que notre vie continuera autrement après, et qu’en définitive toute chose convergera selon la visée de Dieu. Mais dans les détails, même dieu ne sait pas absolument ce qui peut bien nous arriver et ce qui peut nous passer par la tête. Cela ne l’empêche pas d’espérer, d’accompagner, d’appeler… au contraire

Au delà des grands projets ultimes de Dieu en ce qui concerne sa visée ultime et la nôtre, Dieu nous apporte non pas tant des prévisions, mais la lumière c’est à dire l’ouverture de nos yeux sur la réalité présente nous aidant, comme le dit Jésus à voir clair le présent et ce que cela annonce. Il nous aide à être de plus lucides observateurs et prévisionnistes. Je pense que c’est cette lucidité, cette sensibilité que vous avez à un degré plus affiné que d’autres. Je ne sais pas si c’est un don ou une charge. Tout don est une charge. Par ailleurs, avec son souffle en nous, il nous donne la charge de changer l’avenir, en bien. Comme le dit Jésus, tant qu’il fait jour, tant que nous voyons clair, il NOUS faut faire les œuvres de celui qui l’a envoyé » (Jean 9:4), travaillant à faire que les bonnes prédictions se réalisent alors qu’elles auraient pu ne pas l’être.

Tout de bon pour vous Marie-Noëlle, et pour ceux avec qui vous interagissez.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

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par : pasteur Marc Pernot

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