Le Père, le fils… C’est ok pour moi… Mais le Saint Esprit ? Et le « blasphème contre le saint esprit » ?

Par : pasteur Marc Pernot

femme prend une large respiration face à la mer face au soleil levant - Photo by Fuu J on Unsplash

Question d’un visiteur :

Le Père, le fils… C’est ok pour moi… Mais le Saint Esprit pour vous ? Vous le traduiriez comment ?
Est ce le courant énergétique de Dieu ? Est ce la parole du commencement ?

« Dans Luc et Matthieu c’est écrit que quiconque dira du mal du fils de l’homme il lui sera pardonné, mais que quiconque blasphèmera contre le saint esprit il ne lui sera pas pardonné… »

J’ai du mal à saisir ce passage… ainsi que le concept du Saint esprit en fait…

merci.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Je ne dirais pas que l’Esprit Saint est comparable à une énergie, car l’énergie est matérielle.

Je dirais que l’Esprit est un appel, une suggestion, une proposition adressée à ce qui est de ce monde afin de le faire évoluer dans un bon sens. C’est ce qu’il me semble lire par exemple dans les premiers mots de la Genèse. Un souffle de création, une inspiration, un enthousiasme pour le bien, pour la vie, pour l’harmonie. Oui, comme vous dites, une parole de commencement, d’ouverture vers plus de vie, de qualité d’être.

Quant à ce terrible verset sur le blasphème contre l’Esprit, ce n’est bien entendu pas une question de mot malheureux qui fâcherait tellement Dieu. Impossible puisque Dieu est amour et pardon. Ce ne peut pas être la question. C’est à mon avis bien plus simple que cela, c’est de l’ordre de l’état de fait tout à fait basique : c’est comme si on disait qu’une personne qui se couvrait les yeux avec ses mains ne voit pas. Ce n’est pas que Dieu serait tellement fâché de ce geste qu’il lui crèverait les yeux, quelle horreur épouvantable. C’est simplement qu’en couvrant ses yeux elle ne voit pas clair et que ce n’est pas très commode pour avancer. Malgré toute la bonne volonté de Dieu.

En rejetant cet élan d’enthousiasme en faveur de la vie, cela n’aide pas. Mais cet effet cesse dans la mesure où la personne s’ouvre un petit peu à ce souffle. Et pour cela, Dieu continue à travailler ardemment pour ouvrir la personne fermée à ce bonheur. Dieu est patient, et assez habile. Il s’en sortira. J’ai confiance.

Hélas, tant et tant de personnes sont angoissées par ce verset. Peut-être aussi par des prédicateurs de la peur, pour qui ce verset est une véritable aubaine pour mettre la pression sur des hommes et des femmes vulnérables. Cela n’a pas lieu d’être. Vraiment pas.

En effet, nulle personne n’est totalement dénuée d’Esprit-Saint. Par constitution même de l’humain, créé de poussière du sol et de souffle divin. Donc à mon avis cette question de blasphème contre l’Esprit dont parle Jésus est plutôt une question de tendance d’une personne à un moment donné, pour s’ouvrir à se souffle et grandir, ou chercher à rejeter ce souffle et régresser. La conséquence n’est pas de l’ordre d’une punition, c’est juste un état de fait.

Ce qui me fait dire cela est en particulier la plus connue des béatitudes (promesses de bonheur données au début d’un important enseignement de Jésus dans l’Evangile selon Matthieu 5 : « Heureux les pauvres en Esprit car le Royaume de Dieu est à eux« . La bonne disposition, fondamentalement c’est de savoir que l’on a un peu d’Esprit (car le pauvre c’est celui qui a peu, ce n’est pas celui qui n’a rien de rien du tout), et c’est sentir en manquer, et donc de frapper à la porte du riche pour en recevoir afin de vivre (frapper à la porte de Dieu, à qui d’autre demander un supplément de cet Esprit qu’auprès de Dieu ?). Cette bonne disposition est donc à la fois prendre un peu conscience de notre dignité d’humain (qualité déjà donnée par Dieu), et c’est s’ouvrir à l’action de Dieu en nous par son souffle, son Esprit. le résultat, nous dit Jésus est d’être heureux, d’être en croissance, en cheminement d’élévation. Et c’est de bénéficier maintenant d’avoir le Royaume de Dieu, c’est à dire d’être au bénéfice de son action en nous, avec nous.

Cette attitude proposée par Jésus est le meilleur des antidotes si le virus de la terreur de Dieu vous a infecté. Encore et encore que jamais Dieu ne se lassera de vouloir votre bonheur, que sa grâce est comme l’air qui nous entoure, que Dieu ne vous refusera jamais un supplément de son Esprit, bien sûr puis que son espérance est de nous voir vivre en abondance.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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