Que devient l’homme après sa mort?

Par : pasteur Marc Pernot

Enfant qui regarde vers le haut (illustration) - by Celeste RC https://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/ http://www.flickr.com/photos/35034358326@N01/2055428375

Question d’un visiteur :

Que devient l’homme après sa mort?

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur ou Madame

Je vais essayer de vous répondre, mais c’est une question assez difficile car je n’ai pas expérimenté moi-même ce qui se passe après la mort, et que la Bible n’en parle pas tellement. La première partie de la Bible n’en parle pratiquement pas (ancien Testament), quant à Jésus il n’en dit que quelques mots affirmant que la vie continue après, mais il insiste principalement sur la qualité de la vie présente en ce monde.

Cette attitude est sage et juste, à mon avis. Mais cela n’empêche pas de réfléchir à ce qu’il pourrait y avoir après. Cette façon de voir de Jésus aide même à se poser la question d’une manière assez libre et tranquille. Car même s’il n’y avait rien après, avec cette façon de se concentrer sur la vie présente nous aurions au moins vécu cela au mieux. Pour le reste, nous verrons bien. Faisons confiance.

Que devient la personne humaine après la mort ?

Une chose est certaine, car c’est un expérience, la personne continue à exister dan sle cœur, la mémoire et donc dans les pensées et les actes des personnes qui l’aimaient quand elle vivait en ce monde et qui l’aiment encore. Cette réalité d’un amour plus fort que la mort existe bien.

Mais la personne elle même ? En particulier la personne qui est dans la triste situation de n’avoir personen en ce monde qui s’intéresse à elle (par exemple un pauvre mendiant handicapé dans une grande ville) ? Je pense qu’il est essentiel qu’au moins il y a Dieu pour l’aimer et le garder. Et c’est à mon avis une base possible de ce que l’on peut imaginer qu’est la vie éternelle. Nous sommes gardés par l’amour de Dieu. Pour l’éternité.

Pour le reste, nous pouvons partir dans nos hypothèses de cette piste que donne Jésus que ce qui est vraiment vivant de la personne ne meurt pas mais reste en vie pour la suite. C’est assez logique car dans un sens c’est comme cela que fonctionne l’amour qui garde celui qui est aimé au delà de sa mort. Je dirais donc que dans la vie future, la vie continue : que le meilleur de nous-même continue son évolution dans une dimension immatérielle, spirituelle. Nous restons un individu personnel,

  • avec nos relations avec ceux que nous aimons, nous en les retrouvons donc pas, nous restons avec eux.
  • avec notre mémoire, avec une lucidité affinée, nous pourrons alors nous réjouir de ce que nous avons fait de beau et découvrir ce que nous avons fait de mal.
  • avec encore un cheminement, une évolution, des défis à relever. Ce n’est donc pas un repose dans un transat pour l’éternité, et heureusement
  • Et avec Dieu, mais pas fondu dans la divinité, sinon il n’y aurait plus d’amour possible, et c’est l’amour qui est plus fort que la mort, nous ne sommes pas non plus fondu dans l’ensemble d’une grande conscience collective, car là aussi, cela annulerait ce qu’il y a de plus beau et de plus vivant dans la vie : l’amour.

Mais bien entendu nous ne pouvons imaginer ce que pourrait être la vie future. Encore moins qu’un aveugle de naissance peut imaginer ce que ce serait de voir. Faisons donc juste confiance en Dieu, nous ne pouvons avoir que de bonnes surprises venant de lui, de toute façon (il est comme ça).

Et il me semble qu’une fois que l’on s’est dit ça, il faut plutôt se concentrer sur la vie présente. Comme le dit Jésus « à chaque heure suffit sa peine », et la vraie question pour aujourd’hui est de savoir être vivant avant la mort, vivant d’une vie la plus vraie et la plus belle possible.

Le pire, à mon avis, est de vivre pour « faire son paradis » :

  • quelle horreur de donner à un pauvre pour gagner des bons points auprès de Dieu, et vue d’avoir plus de paradis. Car alors notre acte est encore de l’égoïsme, cherchant notre propre intérêt, et on utilise le pauvre comme un simple outil au service de cela. Non, il est bon d’aider le pauvre parce qu’il est pauvre, et il ne nous doit rien car c’est juste normal d’aider.
  • quelle horreur de prier et d’aller au culte pour « faire son paradis », car alors ce n’est pas Dieu que l’on aime, mais c’est nous-mêmes, et l’on prostitue sa prière. Non, il faut prier Dieu pour être en relation avec lui, comme on va voir un ami, ou sa grand mère que l’on aime, parce que ça nous fait plaisir et que l’on sait que ça leur fait plaisir.
  • et quelle pitié d’attendre la vie future pour aimer la vie et être heureux. Si l’on continue comme ça, dans la vie future on attendra encore la suivante, etc… en ayant ainsi toujours un métro de retard.

Donc plutôt que de « faire son paradis », vivre déjà maintenant la vie vivante.

Avec mes amitiés

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *