je suis devenue protestante, mes parents sont catholiques et sont contre l’idée que je change de religion

fille envoyant un sms - Image par marcino de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour
Ça fait un bout de temps que je suis devenue protestante et mes parents sont catholiques et sont contre l’idée que je change de religion… que dois je faire?
Merci

Réponse d’un pasteur :

Chère Alice

A mon avis, protestant ou catholique est la même religion, bien sûr : c’est le christianisme. Sous deux formes assez proches. La principale différence est que le protestant n’a pas à se sentir obligé d’être d’accord avec la doctrine officielle de son église, mais avec sa conscience, dans la sincérité, et dans la confiance en l’amour de Dieu.

Mais peut-être que vous avez entendu dire par une personne que la catholicisme n’est pas du vrai christianisme ? Cela serait plus révélateur de la foi étroite de la personne qui vous a dit cela, car ce n’est pas sympa. Il existe des personnes comme ça dans toutes les religions et dans tous les courants de pensée. Même dans le christianisme, il y a des personnes qui considèrent que leur façon d’être chrétien est la seule valable, que leur baptême est le seul vrai, que leur façon de lire la Bible est la seule possible, que leur doctrine est la pure et unique vérité de Dieu ! Jésus avait l’esprit bien plus large que cela, et le fait qu’il y a quatre évangiles différents et non un seul : cela invite à avoir chacun notre façon de considérer le Christ. Il dépasse toutes les églises, les chapelles. Lui-même ne baptisait pas, il n’impose pas de rite, ni d’aller au culte, il conseille juste de prier Dieu seul, de le prier dans l’intimité de sa chambre, d’aimer Dieu et de lui faire confiance, d’aimer son prochain et aussi de s’aimer un peu soi-même… Le reste est moins important et est libre, selon la sensibilité de chacun.

Ce qui est protestant, c’est précisément cela : revenir à l’essentiel, au cœur du cœur de la foi : le Christ, et ce désir d’avancer d’une belle façon en pensant à lui et grâce à lui. Cela met l’accent sur la sincérité et la confiance dans l’amour de Dieu. Le reste est secondaire, comme un exercice pour penser à Dieu, au Christ, à sa propre vie, aux autres. Et chercher à s’ouvrir à cette vie qui vient de Dieu.

Vous pouvez donc avoir une façon protestante de vivre votre foi tout en allant à la messe catholique avec vos parents. C’est une occasion de rechercher là encore à penser à Dieu et au Christ. Vous pouvez garder votre liberté sans vous tenir pour obligée d’être du même avis que le prêtre, que l’église (selon Jésus nous n’avons pas d’autre maître ou Seigneur que Dieu), cela peut nourrir votre propre votre foi, votre prière intérieure, votre façon de considérer la personne de Dieu. Rien ne vous oblige à prier la vierge et les saints, vous pouvez à la place pensez à ces hommes et ces femmes dans ce qu’ils ont eu de meilleur, là aussi, c’est une occasion de faire un pas de plus vers Dieu.

Vous pouvez aussi lire la Bible directement chez vous, ou sur internet, et méditer dessus. C’est aussi pour cela que l’Eglise Protestante de Genève m’a demandé de tenir ce site https://jecherchedieu.ch où vous trouverez plein de prédications, et de pistes pour nourrir votre questionnement, et vous forger votre propre opinion.

N’ayez crainte, Dieu vous bénit et vous vous accompagne

par : pasteur Marc Pernot

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2 réponses

  1. le mecreant dit :

    Tout d’abord, très bonne année a tous. Et pour une fois je ne suis pas de votre avis cher Marc. Non le catholicisme et le protestantisme ce n’est pas la même « religion ». Nous croyons certes au même Dieu, mais de manière radicalement opposée. Mon propos n’est pas de dire qui a tort, et qui a raison, je pousserais même jusqu’à dire que les deux manières ont leur utilité. D’ailleurs au final on peut passer de l’un a l’autre en fonction de son évolution spirituelle. Par ailleurs je ne crois pas qu’on puisse « aller a la messe catholique » au sens d’y participer ( je veux dire être en communion avec un corpus de croyance auquel on adhère pas) on peut y assister, ce qui est fondamentalement différent. Et j’en terminerais par ce propose de François Goguel, qui me semble tout résumer:
    « … et c’est pourquoi le libéralisme évangélique n’a pas a porter de condamnation absolue contre les dogmatismes, qu’ils soient catholiques romains ou se réclamant de la réforme. Mais ce qu’il ne peut pas admettre, c’est que ces dogmatismes, au surplus divers, prétendent tous au monopole de la vérité; que pour chacun d’entre eux, il n’y ait point de salut hors de son église.
    Nous devons donc annoncer, proclamer ce que nous croyons, ce dont nous sommes certains: il y a plusieurs demeures dans la maison du Père, et donc plusieurs chemins pour accéder a cette maison.
    Pour chaque homme, pour chaque femme, c’est au témoignage intérieur du Saint-Esprit,tel qu’il le ressent personnellement, qu’il appartient de déterminer la voie qui peut et doit être la sienne,Voie que l’Evangile et non l’Eglise doit lui permettre de découvrir.
    Le rôle de l’Eglise est de lui annoncer cet évangile, de le lui faire méditer et aimer et non de se substituer à lui, dont elle n’est que la servante. « 

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