Je vis dans le péché depuis des années, j’ai commis l’adultère. J’ai peur, et veux me rapprocher de Dieu.

Par : pasteur Marc Pernot

Un homme regarde la neige tomber, avec un tee-shirt évoquant le serpent de la tentation - Photo by Scott Broome on Unsplash

Question d’un visiteur :

Salut , dites moi je suis un rétrograde je vis dans le péché depuis des années et j’ai commis adultère et puis je vais m’approcher vers Dieu mais est ce que je confesse d’abord aux pasteurs ou a ma femmes ou bien directement à Dieu et si je confesse a ma femme elle va me séparer de suites donc comment je fais car mais moi je pense il faut confesser directement à Dieu ou même au pasteurs ou a un frère confiance mais dites aidez moi de me conseiller s’il te plaît car je crains et je regrette ce que je fais dans le péché et j’ai peur que Jésus revient et je serais perdu c’est pour celà je veux m’approcher de Dieu et puis prier pour moi s’il te plais merci beaucoup

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur

Bravo de chercher à progresser et à vivre d’un meilleure façon, en prenant Dieu en compte dans votre vie.

Vous pouvez vous confesser directement à Dieu, lui demander son pardon et son aide pour avancer d’une belle façon. Il n’y a rien à craindre de Dieu puisqu’il vous aime. Le pasteur n’a rien à voir avec cela, il n’est pas un intermédiaire entre Dieu et vous.
Faut-il tout dire à votre femme ? Ce n’est effectivement pas certain que cela lui fasse du bien de savoir cela, mais ce serait pire si elle l’apprenait de quelqu’un d’autre.

Ce que vous me dites m’inquiète profondément. En effet, il apparaît que vous ne pensez qu’à vous. Même en ce qui concerne votre repentir d’avoir commis l’adultère, c’est votre salut personnel qui vous préoccupe, sans une pensée pour votre femme, sans une pensée pour l’engagement que vous avez pris vous-même d’être fidèle.
Il y a déjà un progrès dans votre façon de vivre. Car avant il semble que votre système de priorité était, dans l’ordre :

  1. votre pénis
  2. votre personne
  3. votre femme

Maintenant, vous avez apparemment comme priorités :

  1. Votre personne
  2. votre statut de mari
  3. Et Dieu apparait comme pouvant être dangereux

C’est déjà un petit peu mieux. En effet :

  • si nos organes génitaux sont une partie de nous-même qui est honorable, pas seulement pour transmettre la vie, et aussi pour avoir des relations de couple, et encore pour le plaisir qu’ils peuvent procurer. Tout cela est une bénédiction, et pourtant ces organes peuvent être source de mort si on les laisse prendre le contrôle de notre vie, ce sont alors des tyrans, qui peuvent mener la personne à aller jusqu’au crime. Donc vous avez bien fait de ne plus mettre votre pénis comme étant au sommet de vos priorités.
  • Vous vous préoccupez de votre couple, c’est déjà un progrès, même si ce n’est qu’un début, car apparemment vous ne vous préoccupez pas de votre femme, du respect que vous lui devez, de son épanouissement. En tout cas vous n’en parlez pas. Or être en couple c’est mettre son conjoint comme une priorité dans notre vie, et faire passer l’épanouissement de son conjoint comme plus prioritaire, plus important que sa propre satisfaction. Vous montrez donc un tout petit début de progrès dans le domaine du couple, mais il semble là encore beaucoup à réfléchir, à prier, pour être un époux.
  • Vous vous préoccupez de Dieu et de ce qu’il pense, c’est déjà un progrès. Seulement, Dieu n’est pas un tyran, il est encore et toujours source de vie. Même quand pour la personne qui ne s’est pas bien comportée. C’est même alors que c’est plus qu’utile de faire appel à lui pour nous aider. Mais ce n’est pas en le craignant, ce n’est pas pour gagner des points et réussir l’examen. C’est encore de l’égoïsme de penser comme cela. Et c’est une mauvaise relation à Dieu. Il n’est pas un commerçant qui vent du salut, il n’est pas un examinateur. Quand nous faisons du mal, cela ne l’offense pas, mais nous engendrons de la souffrance et de la mort, et c’e’st à ses yeux un terrible gâchis. En agissant ainsi, en vous laissant conduire par votre pénis, cela vous fait régresser dans la qualité d’être, dans la valeur de votre propre parole (qui ne semble même pas avoir de valeur pour vous).

Je pense donc que vous devriez vraiment travailler :

  • Sur votre confiance dans la tendresse et de l’amour de Dieu, il ne sera jamais votre ennemi, il est un secours pour vous aider à devenir meilleur.
  • Sur ce que signifie aimer son conjoint, édifier un couple : aimer c’est se mettre au service de la croissance de l’autre. C’est donc le/la respecter, c’est s’intéresser, observer, chercher à discerner ce dont il/elle a besoin pour s’épanouir. Et mettre cela comme hautement prioritaire pour nous.
  • Sur ce que c’est que s’aimer soi-même : c’est mettre ce que l’on a de meilleur sur le dessus, comme gouvernant les autres dimensions : La foi, le cœur, les valeurs essentielles gouvernant notre corps, notre argent, notre agenda, notre situation, le plaisir. Alors que mettre ces priorités dans le sens inverse est source de malheur pour nous et pour notre entourage.

Pour cette réorientation de votre être, Dieu peut être vraiment un appui mais il ne peut pas le faire sans vous et encore moins contre vous. Evidemment. Cela demande donc de la réflexion, de l’intériorité, de la lucidité. Et pour cela : prendre un peu de temps pour s’approcher de Dieu en sincérité et confiance chaque jour.

Confiance !

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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