Un homme regarde la neige tomber, avec un tee-shirt évoquant le serpent de la tentation - Photo by Scott Broome on https://unsplash.com/fr/photos/homme-portant-un-t-shirt-gris-debout-a-cote-dune-balustrade-en-bois-marron-pendant-la-journee-enneigee-jxvigoarqrQ
Développement

Adultère et culpabilité : comment se rapprocher de Dieu après avoir péché ?

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Un lecteur qui a commis l'adultère se demande à qui confesser sa faute : à Dieu, à sa femme ou au pasteur. Le pasteur Marc Pernot répond en invitant à dépasser la peur du jugement pour entrer dans une vraie démarche de repentir, centrée sur l'amour du conjoint et la confiance en un Dieu qui n'est pas un tyran.


Par : pasteur Marc Pernot

Un homme regarde la neige tomber, avec un tee-shirt évoquant le serpent de la tentation - Photo by Scott Broome on Unsplash

Question posée :

Salut, dites-moi, je suis un rétrograde, je vis dans le péché depuis des années et j’ai commis l’adultère. Maintenant je vais m’approcher de Dieu, mais est-ce que je dois confesser d’abord au pasteur, ou à ma femme, ou bien directement à Dieu ? Si je confesse à ma femme, elle va me quitter aussitôt, donc comment je fais ? Moi je pense qu’il faut confesser directement à Dieu, ou même au pasteur, ou à un frère de confiance. Mais dites, aidez-moi, conseillez-moi s’il vous plaît, car je crains et je regrette ce que j’ai fait dans le péché, et j’ai peur que Jésus revienne et que je sois perdu. C’est pour cela que je veux m’approcher de Dieu, et priez pour moi s’il vous plaît, merci beaucoup.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur,

Bravo de chercher à progresser et à vivre d’une meilleure façon, en prenant Dieu en compte dans votre vie.

À qui confesser : Dieu, le pasteur, ou sa femme ?

Vous pouvez vous confesser directement à Dieu, lui demander son pardon et son aide pour avancer d’une belle façon. Il n’y a rien à craindre de Dieu puisqu’il vous aime. Le pasteur n’a rien à voir avec cela, il n’est pas un intermédiaire entre Dieu et vous.
Faut-il tout dire à votre femme ? Ce n’est effectivement pas certain que cela lui fasse du bien de savoir cela, mais ce serait pire si elle l’apprenait de quelqu’un d’autre.

Un raisonnement encore centré sur soi

Ce que vous me dites m’inquiète profondément. En effet, il apparaît que vous ne pensez qu’à vous. Même en ce qui concerne votre repentir d’avoir commis l’adultère, c’est votre salut personnel qui vous préoccupe, sans une pensée pour votre femme, sans une pensée pour l’engagement que vous avez pris vous-même d’être fidèle.
Il y a déjà un progrès dans votre façon de vivre. Car avant, il semble que votre système de priorités était, dans l’ordre :

  1. votre pénis
  2. votre personne
  3. votre femme

Maintenant, vous avez apparemment comme priorités :

  1. votre personne
  2. votre statut de mari
  3. et Dieu apparaît comme pouvant être dangereux

C’est déjà un petit peu mieux. En effet :

  • Si nos organes génitaux sont une partie de nous-mêmes qui est honorable, pas seulement pour transmettre la vie, mais aussi pour avoir des relations de couple, et encore pour le plaisir qu’ils peuvent procurer, tout cela est une bénédiction. Et pourtant, ces organes peuvent être source de mort si on les laisse prendre le contrôle de notre vie : ils sont alors des tyrans, qui peuvent mener la personne à aller jusqu’au crime. Donc vous avez bien fait de ne plus mettre votre pénis au sommet de vos priorités.
  • Vous vous préoccupez de votre couple, c’est déjà un progrès, même si ce n’est qu’un début, car apparemment vous ne vous préoccupez pas de votre femme, du respect que vous lui devez, de son épanouissement. En tout cas, vous n’en parlez pas. Or être en couple, c’est mettre son conjoint comme une priorité dans notre vie, et faire passer l’épanouissement de son conjoint comme plus prioritaire, plus important que sa propre satisfaction. Vous montrez donc un tout petit début de progrès dans le domaine du couple, mais il semble qu’il reste là encore beaucoup à réfléchir, à prier, pour être un époux.
  • Vous vous préoccupez de Dieu et de ce qu’il pense, c’est déjà un progrès. Seulement, Dieu n’est pas un tyran, il est encore et toujours source de vie, même pour la personne qui ne s’est pas bien comportée. C’est même alors que c’est plus qu’utile de faire appel à lui pour nous aider. Mais ce n’est pas en le craignant, ce n’est pas pour gagner des points et réussir l’examen : c’est encore de l’égoïsme de penser ainsi, et c’est une mauvaise relation à Dieu. Il n’est pas un commerçant qui vend du salut, il n’est pas un examinateur. Quand nous faisons du mal, cela ne l’offense pas, mais nous engendrons de la souffrance et de la mort, et c’est à ses yeux un terrible gâchis. En agissant ainsi, en vous laissant conduire par votre pénis, vous régressez dans la qualité d’être, dans la valeur de votre propre parole (qui ne semble même pas avoir de valeur pour vous).

Trois pistes de travail pour progresser

Je pense donc que vous devriez vraiment travailler :

  • Sur votre confiance dans la tendresse et l’amour de Dieu : il ne sera jamais votre ennemi, il est un secours pour vous aider à devenir meilleur.
  • Sur ce que signifie aimer son conjoint, édifier un couple : aimer, c’est se mettre au service de la croissance de l’autre. C’est donc le/la respecter, c’est s’intéresser, observer, chercher à discerner ce dont il/elle a besoin pour s’épanouir, et mettre cela comme hautement prioritaire pour nous.
  • Sur ce que c’est que s’aimer soi-même : c’est mettre ce que l’on a de meilleur sur le dessus, comme gouvernant les autres dimensions : la foi, le cœur, les valeurs essentielles gouvernant notre corps, notre argent, notre agenda, notre situation, le plaisir. Alors que mettre ces priorités dans le sens inverse est source de malheur pour nous et pour notre entourage.

Pour cette réorientation de votre être, Dieu peut être vraiment un appui, mais il ne peut pas le faire sans vous, et encore moins contre vous, évidemment. Cela demande donc de la réflexion, de l’intériorité, de la lucidité. Et pour cela : prendre un peu de temps pour s’approcher de Dieu en sincérité et confiance chaque jour.

Confiance !

Dieu vous bénit et vous accompagne.

Par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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