Je suis divorcée mon amoureux dit qu’il ne peut être mon mari à cause de ça, mais juste un ami ?

Par : pasteur Marc Pernot

femme pensive - Image par Free-Photos de Pixabay

Question posée :

Bonsoir,

Je me permets de vous écrire car vous êtes pasteur. Je vous demande dans la mesure du possible de répondre à mes questions. J’ai vu un prêtre qui m’a écouté et donné des réponses. Mais je souhaite avoir votre point de vue.

J’ai rencontré un homme qui c’est converti au christianisme depuis 8 ans. Je suis chrétienne. Cette personne que j’aime beaucoup et que je respecte m’a dit que le fait d’être une femme divorcée est un problème. On est devenus amis à sa demande mais c’est dur pour moi et j’ai du mal à accepter d’aimer pour la première fois un être qui me rejette pour ce divorce, j’ai vraiment souffert. Je n’ai pas divorcé pour le plaisir, d’une part j’ai été forcée de me marier et d’autre part j’ai été violentée physiquement et psychologiquement.

Depuis que je le connais les religions, elles me perturbent (toutes), mais je crois toujours en Dieu.

Quand pensez vous ??? Sur le fait que je suis divorcée et que je ne peux pas faire ma vie avec lui pour cette raison???

Merci de votre réponse.
Cordialement

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame

Ah vraiment je suis désolé que ces religieux ne vous aient pas mieux accueillie.
Alors que avez déjà tellement souffert.
Alors que la base même de l’Evangile du Christ, à mon avis, c’est ce que l’on appelle en théologie « la grâce de Dieu » et donc que même si vous aviez divorcée par votre faute pleine et entière, si vous vous tournez maintenant vers Dieu en lui demandant son pardon et son aide, comment pourrait-il vous refuser son aide pour avancer dans votre vie, pour bâtir un vrai couple, une vraie famille heureuse ? Une petite histoire symbolique que raconte Jésus parle de cet accueil de Dieu : « la parabole du fils prodigue » (Evangile selon Luc 15:11-24).

Dieu est miséricorde et pardon, le Christ le montre par ses paroles et par sa vie.

Mais en ce qui vous concerne, nous n’avons même pas besoin d’avoir recours au pardon de Dieu pour les pécheurs que nous sommes tous, car à mon avis votre divorce était la meilleure des solutions, bien sûr. Quand un conjoint est violent, physiquement et psychologiquement, il n’est pas question de l’accepter. Car Dieu ne veut pas le mal et qu’il n’est pas bon de laisser la méchanceté et le mal s’exprimer.

Donc, ma conviction en tant que croyant, en tant que disciple du Christ, et en temps que pasteur, c’est que vous êtes bien entendu digne de trouver maintenant l’homme de votre vie, avec qui vous pourrez fonder une vraie famille, basée sur le respect et l’amour mutuel, un couple où chacun essaye de rendre heureux l’autre.

Mais certains croyants ont une vision un peu étroite de la morale. Ils n’imaginent que le cas idéal où un garçon et une fille se rencontrent, chacun trouvant dans l’autre son premier et seul amour, que les familles s’accordent, qu’ils se marient devant la société et devant Dieu, que leurs caractères et les circonstances de la vie font qu’ils auront une vraie vie de couple où chacun s’épanouira jusqu’à la grande vieillesse avec leurs enfants et petits enfants autour d’eux… Tout le monde est d’accord pour ce joli modèle idéal. Mais la vie est souvent plus compliquée. Et quand il y a un problème, Dieu est encore là, il est même d’autant plus présent pour aider quand il y a une difficulté pour nous aider à avancer, car il est le Dieu de la vie et de la bénédiction. Il est un Dieu qui guérit, qui console, et qui ressuscite, qui remet sur pied, qui ouvre des voies nouvelles, une espérance.

Que faire, alors si cet homme que vous aimez a une vision étroite et n’envisage que le cas idéal et qui refuse d’avoir cette ouverture bienveillante et tournée vers l’avenir, vers la vie ? Tant pis pour lui, oubliez-le, il ne vous mérite pas, il ne vous aime pas vraiment. Sinon il sentirait votre cœur et votre foi, il sentirait la bénédiction de Dieu sur vous pour vous aider à avancer et à vivre. Alors, ce n’est pas le fait que vous soyez divorcée qui vous empêcherait de faire votre vie avec lui, ce qui l’empêcherait c’est le manque d’amour de cet homme pour vous en réalité (ce qui est bien son droit), c’est peut-être aussi son manque de foi dans le pardon de Dieu, cela non plus n’est pas nécessairement sa faute, il n’a peut-être jamais senti le pardon de Dieu et peut-être que son église lui a donné une conception d’un Dieu sans compassion. Que Dieu l’accompagne, et lui pardonne. Qu’il pardonne aussi ceux qui vous ont malheureusement forcée dans un premier mariage toute jeune.

À mon avis, il n’est pas la peine de trop regretter ce monsieur. Soyez fière de ce que vous êtes et de votre élan de vie, heureuse et fière de votre foi sincère, de votre espérance grâce à Dieu, de votre courage.

Dieu vous bénit et vous accompagne dans la suite de votre vie, pour la rendre pleine de beauté et de paix, de lumière.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Marc Pernot

bio de Marc Pernot

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4 réponses

  1. Alain Callé dit :

    Réponse pleine d’amour et de compassion.Pourquoi limiter la miséricorde de Dieu et sa capacité à comprendre chaque cas. Les juges humains eux-mêmes ne prennent-ils pas en considération les circonstances de chaque espèce.Quant à son « amoureux » il est à craindre qu’il ne reparle de cette « malediction » à la moindre difficulté …

    • Marc Pernot dit :

      Vous avez raison, la miséricorde de Dieu ne se limite pas à un regard bienveillant, compréhensif. La miséricorde de Dieu est un soin sur nos blessures et pour nous faire grandir, nous aider à nous épanouir, à nous trouver nous-même. Il est une aide pour avancer, une collaboration, main dans la main…

  2. Ibiza dit :

    Je m’appelle Diane,Je suis dans le même cas mais inversé.Je suis très fervente, j’aime Dieu de tout mon cœur et reconnais Dieu dans le très saint sacrement de l’Eglise.Jésus parle même de Dévorer sa chaire ce qui rebute certains disciples.Le prêtre ne répète pas seulement les gestes de Jésus,mais c Jésus qui DONNE SON CORPS ET SON SANG ,Lui l’Agneau Pascal.,Je me refuse à 1 homme divorcé pour les mêmes raisons que dans le témoignage précédent.Cet homme m’aime très fort et je pleure car ne peux pas pêcher.Je suis fidèle au très saint sacrement.Oui je suis dans l’impasse par rapport à cette relation.

    Cet homme pleure dès qu’il me Voie,j’ai chercher à le fuir, mais il souffre encore plus de cette situation car il m’aime et aune très bonne âme.On est bien ensemble,mais j’ai un immense blocage, et je pleure,je suis en grande détresse intérieure vis à vis du Seigneur que j’aime si il essaie un rapport.J’ai conscience que je ne peux pas me refuser car c cruel pour lui donc ça freine la relation.Si j’avais le droit je ne me laisserai aller,mais c interdit dans l’Ecriture.Donc quel est l’alternative pour continuer de communier ?

    • Marc Pernot dit :

      Bonjour
      Bon courage
      Vous êtes coincée entre deux choses :

      1. votre conviction religieuse
      2. votre vie concrète, bien réelle, votre cœur.

      Et il vous arrive que les deux sont en contradiction aujourd’hui. Et cela vous déchire.

      A mon avis, il vous faut travailler sur une chose : sur le mode d’emploi de chacune de ces deux obligations.

      1) en ce qui concerne vos convictions religieuses, c’est excellent.
      Vous avez un rapport perfectionniste, voulant faire parfaitement ce qui vous est demandé. C’est très généreux de votre part, mais comme il est dit dans la Bible « la lettre tue, c’est l’Esprit qui fait vivre ».
      L’idéal de fidélité dans le mariage est tout à fait excellent. On ne se marie pas dans l’idée que c’est « à l’essai », et encore moins pour être infidèle, en encore moins en multipliant les rapports hors mariage.
      D’accord.
      Mais cela est « la lettre », pour donner une vidée idéale. Et il arrive que la vie soit plus compliquée. Quand c’est le conjoint qui est infidèle, ou violent, ou simplement que le couple se déchire de façon terrible, entraînant dans le chaos les proches : alors, on peut constater qu’il y a un échec par rapport à l’idéal, que l’on s’est trompé ou que l’on a mal fait. Et justement pour faire honneur au mariage discerner par l’Esprit que le mieux est de divorcer. Que c’est mieux pour tout le monde. Car il arrive des cas en ce domaine où effectivement, « la lettre tue ». L’intégrisme tue, déchire les personnes, leur cœur, leur vie. Et cela fait du malheur autour de l’intégriste parmi ceux qui l’aiment. Hélas.

      Il faut de la souplesse, du pardon, accepter que la vie ne soit pas toujours simple. Quelle chance pour les personne quand tout est simple et peut suivre le chemin idéal. Mais ce n’est pas toujours le cas.

      Ce que disent ces convictions religieuses : c’est la situation idéale. Quand arrive une situation plus complexe, il est bon de chercher à faire au mieux possible. De voir comment faire en priant Dieu pour lui demander de nous éclairer, et de nous faire sentir son amour, son pardon, sa bénédiction. Et de lui faire confiance.

      2) vis à vis de cet homme. Je suis inquiet dans le fait qu’il insiste pour avoir des rapports sexuels sachant que cela vous gêne. Là aussi vous voulez trop bien faire.
      Vous dites « J’ai conscience que je ne peux pas me refuser car c’est cruel pour lui ». Et bien si. Non seulement vous pouvez mais encore vous devez vous refuser d’avoir des rapports sexuels si vous n’en avez pas envie vous même que ce soit par désir ou par conviction. Bien sûr. Car vous avez le devoir de vous respecter vous-même et de vous faire respecter. Ce qui est cruel c’est d’insister pour avoir un rapport sexuel avec une personne qui a refusé. Il devrait sentir que cela vous gêne et ne pas insister. Quand on aime, on respecte la personne que l’on déclare aimer. Et on lui st fidèle, bien sûr, même si elle « se refuse ». Absolument. C’est la base.

      Donc, ce que je vous conseille

      1. c’est d’abord d’avoir un vrai discernement spirituel sur cette question d’intégrisme en religion, pour avoir une façon d’être avec Dieu qui est plus confiante en lui, en son amour, en sa compréhension de la situation.
      2. Ensuite je vous conseillerais de bien discerner qu’un vrai couple n’est pas de se soumettre à l’autre. C’est de marcher la main dans la main, avec un véritable et profond respect mutuel.

      Pour ces deux travaux, l’aide de Dieu, dans la réflexion et la prière, est essentiel.
      Dieu vous bénit et vous accompagne.

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