Comment Dieu voit les transgenres et les homosexuels ?

Une figure du Christ ouvrant largement les bras avec mes mots encourageant à la compréhension, l'empathie - Image parJohn Hain de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonsoir
Je voudrais savoir comment Dieu voit les transgenres et les homosexuels ?
Pour moi hétero, gay, bi peu importe tant qui il y a de l’amour alors pourquoi on parle d’interdit c’est complètement malsain, comment peut-on vivre en tant que pratiquant et lgbt ?
Merci

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Je suis bien du même avis. Dans toutes les religions il y a :

  • des courants conservateurs qui considèrent l’homosexualité comme un problème, voire ce qui est encore pire : comme un péché. Comme vous le dites, cela me semble très cruel vis à vis de personnes qui sont alors niées dans ce qu’elles sont.
  • Et des courants progressistes où l’homosexualité est considérée comme normale, que la personne homosexuelle est bénie par Dieu comme la personne hétérosexuelle, comme la personne non attirée par le sexe. S’il y a faute, c’est de se comporter n’importe comment, que l’on soit homo, hétéro, asexuelle, bi.

Personnellement, je pense que Dieu se réjouit de la diversité des personnes. L’humanité est comme un corps, nous dit l’apôtre Paul, avec une diversité de membres, différents et solidaires. L’hétérosexualité est très grandement majoritaire, d’autres façons d’être existent, sont tout aussi normales et bénies par Dieu. C’est pourquoi j’ai joyeusement déjà célébré une dizaine de cérémonies religieuses de mariage de couples de personnes de même sexe.

Vous me demandez comment vit une personne lgbt comme chrétien pratiquant dans une église ? Très bien, à condition, je pense, que cette personne choisisse une église explicitement inclusive. Un bon test est de contacter anonymement le secrétariat de la paroisse et de demander franchement s’il est fait une différence entre un couple hétéro et un couple homo. D’ailleurs, bien que marié avec une femme, je n’irais pas dans une église qui ferait une discrimination là dessus, comme je n’irais pas dans une église, ou une religion qui a des présupposés racistes, ou sexistes. C’est pour moi tout à fait invivable, et totalement contraire avec ce que je sens de l’amour de Dieu pour chacun de ses enfants.

En ce qui concerne les personnes transgenres, c’est une question bien difficile à comprendre pour ceux qui ne connaissent pas cette question personnellement. D’un point de vue théologique, je dirais que la foi participe à un cheminement sincère et vrai afin de mieux devenir ce que nous sommes. En ce qui concerne une personne qui entreprend ce lourd processus de transition, cela est à reconnaître avec un grand respect. Le théologien Paul Tillich parle « du courage d’être ». Cela demande à chacune et à chacun, à tous, du courage d’avancer sur le chemin de devenir soi même en profondeur et en vérité. C’est ainsi que quand Dieu bénit Abram (abraham), selon la Bible, Dieu lui dit « Vas pour toi », ou « Vas vers toi-même », Dieu lui dit qu’il est bénit et qu’il sera bénédiction. Cela : c’est pour toute personne. Et Dieu nous aide, et ceux qui nous aiment aussi. Et plus nous aurons avancé sur notre cheminement, plus nous pourrons rayonner de bonnes choses (être bénédiction), à notre façon, selon notre vocation personnelle.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

16 réponses

  1. Pommier dit :

    Bravo et merci.

    • Marc Pernot dit :

      Merci ! C’est avec conviction, par la prière et par une réflexion biblique, par la rencontre de bien des personnes et de couples ayant une démarche de foi.

  2. Bianca dit :

    wouaou vous etes vraiment un super Pasteur …. vous exposez tellement bien la situation DIEU vous benisse grandement!!!!!!! Toute mon amicalité cher Pasteur… vous faites preuve de beaucoup de respect 🙂

  3. Cora dit :

    Bravo pour cette réponse pleine de tolérance et de respect. C’est une belle inspiration pour approfondir sa foi dans le respect de soi-même et de chaque personne humaine.

  4. Pascale dit :

    Puisque l’aura de ce site dépasse de loin le seul canton de Genève, je me permets de relayer une info de même nature : le 16 novembre 2019 l’Assemblée de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL) a décidé d’autoriser la bénédiction de couples mariés de même sexe.

  5. Max dit :

    Bonsoir , j’aimerais vous poser une question , personnellement homme avec homme , homme avec femme ou femme avec femme peu importe c’est de l’amour , c’est une union similaire et sans différence , mais comment considérer les verset homophobe dans la Bible comme
    Lévitique 18 : 22 , 1 Corinthiens 6 : 9 ou 1 Timothée 1 : 10 Comment pouvons réagir a tous ces chrétiens qui utilise ces verset pour expliquer cela , du coup Dieu n’aime pas ces enfants comme ils c’est étrange tous cela , l’homosexualité n’est qu’une facette de l’amour comme l’hétérosexualité , bisexualité etc
    Comment pouvons nous réagir ?

    • Marc Pernot dit :

      Bonsoir

      On ne peut pas lire la Bible comme cela. Si on la prend comme un code de loi, il faut lapider les enfants désobéissants, par exemple, le commandement (Deutéronome 21:18-23). Mais aussi les personnes qui portent des tissus en fibre mélangées, et absolument les personnes qui profiteraient du samedi pour se promener, ce qui est considéré donc comme pire que les relations sexuelles entre deux hommes.

      Il n’est pas question non plus de lire au pied de la lettre des commandements très clairs comme par exemple ce commandement très clair de Jésus lui-même « ne résistez pas au méchant » (Mt 5:39) en laissant un violeur, un gangster ou un tyran faire n’importe quoi…

      Par conséquent : La Bible ne peut pas être prise comme une liste de commandements absolus, mais c’est un réservoir de questions à se poser, de pistes à creuser. Et on a le droit d’écarter ensuite tel ou tel passage.

      Deuxième point important : la Bible est à replacer dans son contexte, celui de l’époque. Certaines choses sont intemporelles. D’autres sont liées à un contexte particulier. Par ailleurs, les mots, les concepts, la vie en société ne sont pas nécessairement les mêmes que pour nous aujourd’hui.

      En ce qui concerne la question de l’orientation sexuelle, il n’y a que deux passages dans toute la Bible évoquant peut-être l’homosexualité, et Jésus n’en parle jamais. Pour le moins, cela invite à la prudence.
      Il est remarquable qu’il n’y a pas un mot contre l’homosexualité féminine, ce qui a pu être un problème à l’époque de la rédaction de ces textes n’est donc en tout cas pas l’homosexualité en tant que telle…
      Et ce dont il est question n’est pas celle d’un couple de deux hommes qui s’aiment.

      Ensuite, Jésus ne dit pas un mot à propose de l’homosexualité, si l’on respecte Jésus, il faut aussi respecter son silence, car cela aussi est parlant. Par contre Jésus invite à ne pas juger son prochain.

      Il est donc à mon avis impossible de décréter que le désir homosexuel serait un péché. Tout au plus, si une personne pense que l’homosexualité n’est pas bonne, cela veut dire qu’elle n’est pas bonne pour cette personne, c’est son affaire. Mais qu’elle ne se mêle pas de dire ce que les autres devraient désirer, en encore moins de les injurier.

      Bien sûr que Dieu aime chacun de ses enfants, sans faire de différence, il aime chacun également.

      • Jean-Pierre dit :

        Bonjour,
        Quelle est votre interprétation de Romains 1:26 ?
        Merci d’avance !
        Bien fraternellement

        • Marc Pernot dit :

          La Bible, et tout particulièrement une lettre comme celles de Paul, est par définition adressée à certaines personnes d’une certaine époque. Dans ce contexte, Romains 1:26-27 ne parle pas du couple de deux personnes de même sexe qui s’aiment et s’engagent dans la fidélité et la durée. Ce verset parle à mon avis de pratiques courantes dans l’antiquité, celle de la prostitution, et celle du viol d’un esclave par son patron, d’un élève par son professeur…

          Mais peu importe. La Bible est écrite pour que son lecteur se l’approprie pour sa propre vie, pas pour juger son prochain. Donc si une personne pense devoir lire ce verset comme écartant l’homosexualité : et bien que cette personne ne pratique pas d’acte homosexuel, mais ce n’est absolument pas une raison pour se mêler de la vie d’autres personnes, et encore mois de mettre sur le cœur de son prochain la charge d’être péjorée dans son être.

  6. Manuel dit :

    Bonjour
    Je pense que Jesus parle de l’homosexualité mais indirectement. Si on prend Mathieu 19 par example.
    Ma question est que même si il n’en parle pas directement est ce que cela signifie pour autant qu’il soutient ce model?

    • Marc Pernot dit :

      Matthieu 19 ne parle pas de cela, effectivement.
      Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’explicitement, Jésus aime la personne qu’il rencontre personnellement et qui vient à lui. Il ne repousse personne.
      Ce qu’il critique, c’est la méchanceté, le jugement négatif sur les autres, l’oppression des autres.
      L’homosexualité n’est pas un modèle que l’on soutient ou réprouve. C’est comme le fait d’avoir les yeux bleus, c’est minoritaire, mais ce n’est pas un modèle que l’on soutien ou réprouve.

      • Jean-Pierre dit :

        Bonsoir,
        Tout ce que nous faisons doit être régi par la loi de l’amour conformément à ces quelques versets bibliques :
        Matthieu 7:12 et 22:36-40 ; Jean 13:34-35 et 1 Corinthiens 13…
        Qu’en pensez-vous ?
        Bien fraternellement

        • Marc Pernot dit :

          Certes, à condition de comprendre l’amour comme agapè, pas simplement comme un sentiment.
          L’agapè est actif, créateur, cherche le bien, ce qui est juste, ce qui est source de croissance et d’élévation, ce qui devient source.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *